Législatives 2012 : chasser le naturel…
Publié: 19/12/11
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Le conseil des ministres vient de décider la tenue des élections législatives dans les délais. En principe, cela implique que le scrutin se déroule fin avril début mai. Dans le même temps, le chef de l’Etat déclare qu’il invite la communauté internationale pour une observation selon les standards mis en œuvre dans les pays qui ont décidé de s’engager dans la transparence et la démocratie.
Le RCD qui a été le premier et reste, à ce jour, le seul parti à revendiquer une observation internationale massive et qualifiée considère, cependant, que le communiqué du conseil des ministres soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses sur l’éternel problème des fraudes.
En effet, une fois de plus, l’Algérie veut faire exception. Les organisations habilitées à organiser l’assistance ou la surveillance des élections exigent d’être présentes au moins six mois avant sur le terrain (nettoyage des fichiers électoraux, vérification des usages des moyens de l’Etat, choix des sites cibles, reconnaissance et étude des lieux …). C’est ce qui s’est passé, par exemple, en Tunisie.
Dans le meilleur des cas, la convocation du corps électoral ne pourra se faire qu’au début janvier 2012. Ce qui donne un délai de quatre mois avant la date du vote. La manipulation des législatives a déjà commencé. Le pouvoir algérien qui veut atomiser l’Assemblée par les partis croupions et les "indépendants" annonce, par ailleurs, sa disponibilité pour une surveillance internationale mais crée les conditions de l’impossibilité de sa mise en œuvre.
Dans les faits, on risque, sauf imprévu, de se retrouver avec quelques fonctionnaires de l’Union africaine et de la ligue arabe confortablement installés dans les hôtels algériens avant de signer la traditionnelle déclaration de satisfaction réglée comme du papier à musique.
La crédibilité de ces observateurs est décrite par cette formule savoureuse émanant des fonctionnaires de l’Aéroport d’Alger : « l’intégrité des observateurs de la ligue arabe, de l’union africaine ou de l’OCI est inversement proportionnelle au volume des colis qu’ils enregistrent avant leur retour ».
Les commentaires du chef de l’Etat se félicitant de la qualité du fonctionnement l’APN et des lois qu'elle a validées dévoilent les objectifs du pouvoir et le consensus qui s’est dégagé en son sein quant au profil et au rôle du prochain parlement. Du réchauffé. Ceux qui spéculaient sur les "blocages" des députés face aux réformes de Bouteflika et qui en attendaient un passage en force par ordonnances en sont pour leurs frais.
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