Algérie-France: le malentendu historique
Publié: 06/12/11
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Après avoir annoncé qu’il allait être entendu par le parlement français, le ministre algérien des affaires étrangères monte personnellement au créneau pour rassurer son monde en déclarant qu’il ne s’expliquera que devant la commission des affaires étrangères française. Ce rectificatif quant au niveau de convocation, appelons un chat un chat, n’éclaire en rien l’imbroglio diplomatique dans lequel s’est embourbé Alger.
Pourquoi un pouvoir si sourcilleux sur la réciprocité ( visas, diplômes…) consent-il à des exercices politiques qu’il ne sollicite pas, en retour, de son partenaire français ?
Ensuite, l’exposé de M. Medelci, et c’est là que le bât blesse, ne concerne pas la coopération bilatérale mais l’avenir du peuple algérien dont on nous avait toujours seriné qu’il relevait de la souveraineté nationale.
Mais laissons de côté M. Medelci, balloté entre les convocations parisiennes et les injonctions qataries, pour nous occuper de la partie française.
Le satisfecit délivré par le ministre de l’intérieur français à son homologue algérien sur la profondeur et la portée des réformes engagées par le pouvoir algérien fait écho aux félicitations, les seules dans le monde, envoyées par le président Sarkozy à Abdelaziz Bouteflika en 2009 pour saluer sa victoire dans le scrutin le plus folklorique de la vie électorale algérienne qui ne manque pourtant pas de fantaisies en la matière. Il ne manquait à M. Guéant qu’à offrir « le savoir faire français » à son homologue algérien en cas de nouvelles manifestations pour vérifier la permanence de la politique de son gouvernement sur l’Afrique du Nord.
Comme pour bien signifier que sur l’Algérie il y a un consensus qui transcende dogmes et générations en France, François Hollande, alors candidat à la candidature, dument corseté par une garde rapprochée moulée dans le conservatisme et le messalisme les plus archaïques, organise une visite à Alger pour « refonder les relations algéro-françaises » en rendant visite à Belkhadem et…Ben Bella ! Belle rechute des socialistes français après leurs coupables égarements dans les années 90.
Parmi les démocrates algériens, deux tendances s’affrontent pour expliquer ce cynisme partagé par la droite et la gauche. Certains mettent en avant la grande « générosité » d’Alger qui arrose alternativement droite et gauche, notamment pendant les campagnes électorales françaises ; d’autres rappellent la stratégie du containment en Algérie qui encourage ou en tout cas s’accommode volontiers d’un système incompétent, imprévisible et turbulent mais si commode à tenir en laisse quand l’essentiel est en jeu ; le projet est parti de loin quand De Gaulle avait vendu Ben Bella à la communauté internationale et…aux Algériens.
Les deux analyses peuvent être justes.
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