Le RCD au coeur des changements régionaux
Publié: 17/11/11
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Une assemblée générale du Réseau des libéraux arabes s’est tenue au Caire (Egypte) les 2 et 3 novembre 2011, sous le parrainage de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté.
A l’ordre du jour :
- Perspectives
- Situation organique
Ont pris part à cette rencontre des représentants venus de Jordanie, d’Arabie Saoudite, de Palestine, du Liban, de Syrie, du Soudan, de Tunisie, du Maroc, de Libye, du Yémen, d’Egypte et d’Algérie.
Après l’ouverture des travaux par le président du réseau, la parole est donnée aux représentants des partis politiques égyptiens, membres du réseau. Ils ont évoqué les acquis de leur révolution et fait part de leur inquiétude de la voir confisquée par l’islamisme ou bien remise en cause par le pouvoir militaire.
Après ces allocutions protocolaires, c’est au tour du représentant du Conseil National Syrien de prendre la parole. Il est revenu longuement sur la situation dramatique de son pays, sur la structuration de l’opposition dans le CNS et sur les démarches entreprises auprès des instances internationales. Il a dit attendre une réaction de la part de la Ligue arabe.
Lors des débats, ce représentant a eu l’occasion d’expliquer les dangers pesant sur les minorités, surtout chrétienne, craintes soulevées par les partis politiques libanais. Il les a rassurés en disant que la composante du Conseil privilégie la compétence et non la représentation ethnique, tout en cédant des quotas aux régions. C’est ce mode d’organisation qui fait que les Kurdes sont majoritaires dans cette structure.
L’après-midi a été réservé aux interventions des participants des différents pays. Après les représentants de la Palestine, de l’Egypte et du Maroc, la parole a été donnée à M. Rabah Boucetta du RCD Algérie.
Le Secrétaire national à l’organique du RCD a axé son intervention sur un constat de similitude des régimes coloniaux avec les régimes post-coloniaux. Il a relevé l’engagement de ces derniers dans des ensembles régionaux, ensembles qui ont davantage freiné l’émergence de la citoyenneté. Il a aussi répondu aux questions qu’il a soulevées concernant les révolutions arabes, l’alternative attendue et enfin les interrelations pendant et après les luttes. L’occasion, pour lui, de revenir sur l’engagement de tous les démocrates du monde arabe à propos des valeurs d’éthique, de citoyenneté et sur le principe d’assumer la démocratie et la laïcité.
Dans les débats, qui ont suivi cette intervention, deux questions ont été posées par les participants :
- Pourquoi n’ya-t-il pas de révolution en Algérie ?
- Pourquoi l’économie algérienne stagne, malgré l’existence de 150 milliards de dollars de réserve de change ?
Concernant la première question, M. Boucetta a affirmé que le pouvoir algérien a dépensé plus de 40 milliards de dollars pour espérer acheter la paix sociale et empêcher ainsi les citoyens de rejoindre les manifestations initiées par l’opposition depuis le 22 janvier.
Deuxième argument, 40.000 policiers ont été mobilisé pour entraver les actions de contestations. Deux tentatives d’assassinat ont été organisées contre le président du RCD, sans qu’aucun « intellectuel ou militant des Droits de l’homme n’ait osé dénoncer cette pratique». La clientélisation par le pouvoir de l’élite fait qu’aujourd’hui les jeunes, en Algérie, constituent l’unique segment de la société susceptible d’échapper à la manipulation des services spéciaux. Interpellant son auditoire, le représentant du RCD s’est étonné aussi du silence des animateurs des révolutions arabes et de l’absence de solidarité, face à cet acharnement du pouvoir algérien à vouloir en finir physiquement avec celui qui incarne le changement.
Concernant la deuxième question, M. Boucetta est revenu sur l’opacité dans la gestion et la corruption endémique qui a pris des proportions qui n’épargne aucun secteur. Il a cité les différents scandales dont celui de Khalifa, Sonnatrach… Il a rappelé l’interpellation faite au ministre des Finances par le groupe parlementaire du RCD, notamment sur la gestion du FRR (Fonds de Régulation des Recettes), lequel échappe à tout contrôle. Et pour schématiser, il a fait le parallèle entre le lancement des travaux de la nouvelle mosquée d’Alger, dont le cout est estimé à 4 milliards de dollars et la déclaration, le même jour, du directeur du Service des cancéreux qui disait qu’en Algérie plus de 80% des malades meurent avant l’arrivée de leur rendez-vous ? Sans commentaire.
A noter la présence remarquée de la délégation Saoudienne composée de quatre personnes dont trois femmes. Tout au long de leurs interventions, ils ont soulevé une importante question. Ils ont expliqué qu’il faudra opposer au wahabisme les pensées d’Ibn Khaldoun et de Mohamed Arkoun.
La deuxième journée a commencé par la réunion du bureau du Réseau des libéraux arabes. Le représentant du RCD est sollicité pour assister et prendre note des doléances de cette structure. Le président du réseau des libéraux arabes a émis le souhait de l’adhésion du RCD à cette structure. L’occasion pour M. Boucetta de rappeler les réserves déjà formulées lors de la première assemblée générale portant sur l’approche idéologique et stratégique.
A cet effet, les membres du bureau ont décidé de proposer à l’Assemblée générale le changement de l’appellation de l’organisation par Alliance Arabe pour la Liberté et la Démocratie.
Dans la résolution finale, l’Alliance a dénoncé l’empêchement d’Aymen Nour, président du parti El Ghad (Egypte) de se présenter aux élections. Elle a soutenu le Mouvement du changement initié par le RCD et condamné les deux tentatives d’assassinat qui ont visé Said Sadi, leader de l’opposition démocratique en Algérie (le 26 février et le 05 mars 2011).
Enfin, une délégation de l’Alliance composée de Wael Nouara (Egypte), Saad Karadja (Jordanie) et M. Roland Mineardus, respectivement président, membre du bureau de l’Alliance et directeur régional de la Fondation Naumann, se rendra en Libye au mois de décembre pour rencontrer des membres du CNT.
A cet effet, ils ont sollicité M. Boucetta pour faire partie de cette délégation. Ce dernier a réservé sa réponse à la fin du mois de novembre.
En marge de cette rencontre, le Secrétaire national à l’organique du RCD a rencontré le bureau d’Egypte du Congres Mondial Amazigh. Un rapport sera réservé a cette entrevue avec les animateurs égyptiens.
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