SORT DES CANCEREUX : LE REVEIL TARDIF
Publié: 23/10/11
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Depuis quelques jours, la presse rapporte le drame vécu par les cancéreux algériens.Ce dossier n’est ni nouveau ni inconnu.
Il y a deux ans, le député RCD Mohamed Khendek, médecin de profession, avait interpellé le gouvernement sur cette catastrophe annoncée.
Comme il l’avait fait pour les 38 questions orales et écrites du RCD, l’exécutif n’a pas daigné répondre.
Nous reproduisons ici, l’intégralité de l’intervention du Dr Khendek. Si le propos avait été sérieusement relayé en son temps, la tragédie qui va emporter des centaines d’Algériens aurait probablement été évitée ou, en tous cas, vu ses effets considérablement réduits.
En attendant, le DRS, gestionnaire du statu quo, pourra toujours continuer à faire dire ou écrire que tous les acteurs politiques se valent.
Monsieur le ministre de la santé, de la population et de la réforme hospitalière.
Monsieur le Ministre,
Personne aujourd’hui ne peut nier ou ne pas reconnaître l’état de déliquescence dans lequel se trouve le domaine de la santé.
Partant de l’absence de stratégie pouvant mettre en place un système de santé qui réponde à la réalité socioéconomique de la nation, les professionnels de la santé sont eux même désemparés et désorientés.
Il ne peut y avoir de système de santé fiable, sans l’association de ses véritables acteurs.
Aujourd’hui, le dialogue est exigé unilatéralement par les syndicats autonomes de la santé. Lorsque celui est accepté par la tutelle, il tourne légitimement autour des revendications sociales.
Il est vrai, qu’aucune réforme ne peut aboutir si elle ne commence pas par celle des ressources humaines, tant sur le plan du social, de la formation que des moyens.
Cette situation alarmante se répercute en premier lieu sur la prise en charge du malade qui paie actuellement un lourd tribu. C’est la conséquence de l’anarchie qui y règne.
Cette introduction me permet, Monsieur le Ministre, d’étayer mes propos et de mettre en évidence les souffrances d’une catégorie de malades atteintes de cancer du sein.
Les dernières statistiques révèlent une augmentation vertigineuse du nombre de cette pathologie qui passe de 2000 cas en 2003 à 7000 cas par an en 2008.
Monsieur le Ministre,
Le cancer du sein est la première cause de mortalité chez la femme. Non détécté à temps, il tue dans les 98% des cas. En cas de survie, les conséquences sont graves puisqu’il s’agit malheureusement souvent, d’une mutilation qui affecte de manière quasi irrémédiable la qualité de vie de la femme et de son environnement familial et social.
Le coût de la prise en charge d’un cas diagnostiqué précocement est 10 fois moindre que celui d’un cas avancé qui avoisine les 250 000 Euros. (Conférence du Pr. Zighed lors du symposium franco-algérien tenu les 17 et 18 janvier 2009 à l’Hôtel Sheraton).
Les présents à cette rencontre ont mis d’abord en évidence, l’absence de politique de dépistage faite de sensibilisation, d’information et de moyens techniques et matériels.
La situation devient plus alarmante, quand ce sont les responsables de la société algérienne d’oncologie qui tirent la sonnette au cours d’une émission radio du 25 avril 2009 mettant à nu l’ensemble des difficultés auxquelles sont confrontées ces malades.
Les traitements chimiothérapiques sont à l’arrêt depuis neuf mois, la radiothérapie ne pourra reprendre qu’en 2010.
Tout cela est expliqué par le nombre croissant de patientes, la rupture des stocks de ces produits et, plus grave encore, l’absence de moyens humains et matériels au niveau des nouveaux centres régionaux construits avec l’argent du contribuable et qui sont sensés désengorger les centres existants. Pour être clair, ils ne sont pas fonctionnels.
Monsieur le Ministre,
Se savoir atteint de cancer rend le quotidien des plus amers, mais la non prise en charge est aussi inhumaine.
Les cancéreux, non seulement parcourent des distances importantes pour arriver au centre le plus proche. Ils sont accueillis et suivis dans des conditions lamentables.
Je n’irai pas jusqu’à souhaiter une prise en charge psychologique.
Devant cette situation, permettez-moi de vous poser les questions suivantes :
Pourquoi votre département n’a pas réagi aux propos des responsables de la société algérienne d’oncologie ? Communiquer est aussi un moyen démocratique et efficace de gérer ;
Quelles sont les dispositions qui sont prises pour solutionner rapidement d’abord le problème de la rupture des stocks, puis améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge ?
Que Comptez-vous faire pour élucider la question des centres régionaux qui ne répondent pas aux objectifs assignés ?
En attendant vos réponses, veuillez croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de ma parfaite considération.
Le député Mohammed Khendek.
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