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Depuis dix ans et en dépit d’une conjoncture interne et externe des plus favorables, l’Algérie n’a trouvé ni équilibre politique ni stabilité institutionnelle ni prospérité économique ni sécurité.
- Les éboulis politiques tiennent lieu de coalition à un pouvoir sans consensus, ni stratégie ;
- La sphère économique, gangrenée par la corruption, est livrée à l’improvisation ;
- Les fraudes électorales ont achevé de disqualifier les institutions ;
- La question sécuritaire est plus que jamais sujette à manipulation ;
- L’armée est fragmentée depuis 2004 ;
- La jeunesse est en état de rébellion ;
- La pauvreté accable la grande majorité du peuple ;
- Le pouvoir est tribalisé, réveillant les démons des divisions…
La liste des périls pourrait continuer à l’envi.
La dérive entamée depuis une décade s’abîme dans l’incertitude sur fond de fractures politique, sociale, idéologique et générationnelle.
Depuis le 12 novembre, l’ensemble des institutions est mis au service d’une campagne électorale dont la finalité est une fraude devant reconduire le pouvoir.
L’érosion des libertés publiques conquises de haute lutte s’est lentement et inexorablement installée depuis dix ans, aggravant le climat de défiance politique et de tensions sociales.
Il reste que la dernière révision de la constitution, opérée de façon illégale et violente, met notre pays dans une situation inédite depuis 1962. C’est en effet la première fois, depuis l’indépendance, qu’une constitution évacue, par principe, l’idée même de l’alternance.
Cette régression plonge l’Algérie dans un état de sidération et crée, à nouveau, le lit aux formes d’expressions politiques les plus radicales dès lors que toute initiative pacifique est combattue et délégitimée.
Les acteurs politiques et sociaux extérieurs au pouvoir, organisés ou non, sont mis en demeure de se déterminer devant un moment d’exception.
Jusqu’à la présidentielle d’avril au moins, nous sommes, de fait, dans une congélation politique.
Les perspectives sont inexistantes. Hormis les récurrentes manœuvres qui secouent le sérail à chaque fois qu’il faut se trouver un nouveau tuteur, le système en place n’offre et ne tolère ni proposition ni perspective.
Les clans évitent, et quand ils sont acculés refusent, tout débat sur leur gestion. En déclarant à l’unisson s’en tenir à l’application du programme du chef de l’Etat, ils illustrent tragiquement la lévitation politique dans laquelle ronronne le régime.
L’observateur comme l’opposant sont face à un dilemme.
Mesdames et messieurs, ce programme que tout le monde dit appliquer, n’existe nulle part. Hormis le dépliant élaboré en 2004 pour la campagne électorale et qui se résume à huit points énonçant des généralités, il n’y a pas de programme du Président. Le gouvernement algérien impose et justifie son existence et son activisme par un vide politique.
Jusqu’au 12 novembre il était, en théorie, possible d’activer en tant qu’opposant dans les institutions. L’ancienne constitution, malgré de sérieuses lacunes, aménageait des niches au débat contradictoire au Parlement dans la mesure où le gouvernement était formellement responsable devant l’Assemblée. Cette virtualité n’existe plus. Situation aggravante : la violence qui a prévalu lors du dernier coup de force constitutionnel, se décline par une répression multiforme et de tous les instants ; répression dont la première et principale victime est notre parti.
Pour une bonne animation de nos débats, il convient de distinguer la volonté politique, ancienne et permanente du système qui réduisait l’influence organique et l’écho de l’opposition démocratique et plus spécialement du RCD de la stratégie du pouvoir actuel qui s’occupe à mener une politique d’agression directe et assumée.
Certes, le pouvoir a illégalement refusé de laisser se créer un syndicat autonome des étudiants en 1995 au motif que des membres fondateurs étaient proches du RCD. Au même moment, des organisations estudiantines similaires, relayant ce qui est devenu la coalition présidentielle, étaient légalisées, encouragées et financées par l’argent du contribuable.
Le même blocage avait été réservé à l’organisation de femmes Lamana dirigée par une de nos militantes.
Les tentatives de lancer des périodiques indépendants et traitant de problèmes de fonds ont toutes été étouffées dès que l’on croyait deviner une proximité de ces organes avec notre Rassemblement. Naturellement, des titres offerts à des individus coupables de mille et un délits ont été légalisés et bénéficient de publicité publique sans aucune relation avec leur tirage.
La demande d’agrément de la fédération des élus locaux déposée en 2005 est restée sans écho.
Les fraudes électorales, si elles n’étaient pas officiellement revendiquées, n’en étaient pas moins des messages politiques forts en direction des citoyens qui situaient leur action en dehors des périmètres claniques.
L’élimination de la candidature du syndicaliste Azzi, coupable de s’être porté sur les listes RCD, s’adressait aux sympathisants qui seraient tentés de s’impliquer avec nous..
Au niveau parlementaire, les partis de l’opposition démocratique ne devaient pas dépasser les 19 députés dans la mesure où la loi exige 20 signatures pour avoir le droit à l’initiative parlementaire.
Les élections locales et régionales, avaient entre autres objectifs, vocation à ghettoïser le RCD.
Il est difficile de ne pas rappeler les enlèvements et les affreuses tortures infligées à nos militants au début des années 2000 quand le pouvoir, ayant assassiné des dizaines de jeunes en Kabylie, s’employait à faire émerger, dans la région, une caste affectée à la promotion de la délinquance.
Tout cela est vrai. Il reste qu’aucun texte ne légitimant ces abus, le pouvoir ne s’en revendiquait pas ouvertement.
Nous avions affronté et condamné le régime tout en continuant à nous impliquer dans le jeu institutionnel par ce que, dans les textes, il n’y avait pas la négation violente que l’on nous oppose aujourd’hui et qui nie l’idée même d’alternative.
Depuis le 12 novembre, l’étouffement de nos structures et l’agression qui cible nos représentants nous acculent à réadapter nos positionnements, ne serait-ce que par souci de protection. En tout cas jusqu’à la présidentielle.
Nous le voyons, il y a une différence de nature entre les obstructions qui ont prévalu depuis l’ouverture de 1989 et l’offensive lancée contre nous ces derniers mois.
Nos élus, notamment à l’intérieur du pays, sont sommés de se renier. Ceux qui résistent sont vulgairement disqualifiés. Le cas de Berriane, qui fera école, démontre à lui seul la stratégie du pouvoir par rapport au RCD. Destitution et remplacement illégal du PAPC, refus de la wilaya de simplement recevoir une délégation de 5 parlementaires partis s’enquérir d’une violation flagrante de la loi, interdiction de tenir un meeting visant à appeler au calme la population révoltée dans la ville concernée et, enfin, refus du ministre de l’intérieur de répondre à une interpellation à l’APN sur les dépassements de son administration.
Dans ce seul dossier, cinq abus sont ouvertement assumés par les instances du pouvoir de la base au sommet.
La télévision qui désinforme et nous diffame refuse de passer toute mise au point.
Toutes les demandes de commissions d’enquêtes parlementaires sont étouffées dans l’œuf.
Récemment, c’est le secrétaire général de l’UGTA de Blida, coupable d’appartenance au RCD, qui se voit refuser son installation.
Nous ne sommes plus dans les entraves, les omissions de l’application de la loi et autres menaces déguisées. L’agression est frontale et cette forme de déclaration de guerre est nouvelle.
C’est dans cette conjoncture qu’arrive l’élection présidentielle.
Quelle a été notre attitude face à ce genre d’échéances ?
Le RCD n’a jamais voulu céder à la surenchère propre aux catégories qui ont failli dans les moments de vérité et qui s’abritent derrière les outrances démagogiques en période de répit.
Nous nous sommes imposé une règle de conduite éthique et politique simple : toute responsabilité doit être établie sur la base d’un contrat clair et public ; le citoyen étant toujours pris à témoin.
Nous sommes rentrés au gouvernement après avoir exigé du chef de l’Etat qu’il dévoile publiquement ses intentions sur tous les chantiers qui fondent l’essentiel de notre combat (école, justice, administration…)
Je me dois de rappeler que, m’entretenant avec les deux plus hauts responsables du pays, je leur avais dit deux choses :
- je ne rentrerai pas personnellement au gouvernement tant que la preuve n’est pas faite de l’application effective et durable de ces engagements ; ce qui était à la fois une précaution et un message.
- Si vous constatez la moindre déviance ou tentation de nos représentants, je vous demande de m’en informer instamment. La sanction politique sera immédiate de notre part et nous attendons que vous engagiez aussitôt les poursuites pénales.
Moins de trois semaines après son installation, l’un de nos ministres transforme son département en antenne sicilienne. Déplacé sur un autre secteur, il fera pire sans que nous soyons alertés. Mieux, une fois débusqué et éjecté de notre parti, il recevra 800 millions de centimes pour lancer un titre dont on connaît les objectifs. Ce n’est pas pour évacuer la responsabilité de l’individu ; mais le pire dans ce genre de manigance est dans le traitement réservé par le régime à ces cas où la prédation est posée comme signe cardinal de recrutement dans le système.
Autre évènement qui illustre notre conception de la vie publique et révèle l’incapacité du régime à s’imposer une démarche digne d’un Etat.
Lors de la présidentielle de 2004, nous exigeons et obtenons la délivrance des PV de dépouillement au niveau des bureaux de vote. Mais cela ne suffit pas. Je prends langue avec Ali Benflis, autre candidat potentiel, pour lui dire d’exiger de l’armée qu’elle affiche sa position. Il rencontre le général Mohamed Lamari. Il ne me revient pas de révéler ici le détail de leur entretien. Je peux cependant dire que je n’ai pas entendu, dans le compte rendu qu’il m’en avait fait, ce que j’attendais. Je décide de rencontrer, à mon tour, le chef de l’Etat major de l’ANP. Je peux redire ce que, moi, j’ai tenu comme propos.
« 2004 est l’une des dernières chances qui s’offre à un pays miné par toutes sortes d’abus et dont les fraudes électorales ne sont pas des moindres. Je suis prêt à assumer mes responsabilités dans ce scrutin car nous pensons qu’il est important que le pays compte ce qu’il a comme forces acquises à la démocratie et qui soient capables d’en assumer et les principes et les implications. La condition que je mets à ma participation est simple. Il faut que l’armée, qui a toujours pesé sur les grandes décisions, annonce publiquement que, cette fois, elle ne s’impliquera pas dans le scrutin et qu’elle encourage les citoyens à faire valoir ses droits dans cette consultation face aux éventuels abus de l’administration. Il l’a fait, nous nous en rappelons tous, au musée du moudjahid.
Il se trouve que le bourrage des urnes et les autres manipulations ont, une fois de plus, grevé le vote de 2004.
Des observateurs, à l’exigence aussi tatillonne que sélective, nous avaient interpellés sur notre participation. S’il fallait interpeller, il convenait de s’adresser à l’armée qui s’était discréditée en se déjugeant. Mais c’est trop demander à des élites conditionnées par le clientélisme.
Ce que nous pouvons dire, c’est qu’à chaque fois que nous avons participé à une initiative, nous l’avons fait en toute transparence.
Cette même exigence, qui participe autant de l’honneur que de la politique, doit nous guider aujourd’hui.
Avertis de ce que l’engagement politique, fût-il public, des dirigeants n’a aucune valeur, nous avons exigé, pour l’échéance de 2009, une surveillance internationale massive et qualifiée ; sachant que depuis 2004, et du fait de la fraude qui avait marqué la présidentielle, d’autres mécanismes ont été mis en place. La communauté internationale peut mobiliser une véritable administration parallèle sur de longues périodes avec les moyens adéquats pour contrôler les structures officielles.
La réponse du pouvoir est à la mesure de sa conception de la vie publique où il ruse avec l’opposition quand il ne peut pas réprimer. Nous avons déjà eu à dénoncer cette démarche qui consiste à s’approprier nos propositions, les cloner pour les pervertir. La règle n’a jamais été démentie depuis 1989.
- le pluralisme politique a été dévoyé par la légalisation de 68 formations dont les fondateurs disparaissaient sitôt empochés les 250 millions de centimes promis.
- La fondation de l’association des enfants de chouhada que nous avions créée pour protéger la mémoire des martyrs des manipulations qui insultaient leur sacrifice sera clonée par des groupements de bazari clientélisés.
- La Ligue des droits de l’homme se verra concurrencée par des structures chargées de voiler les dérives du pouvoir…
En l’occurrence, et ne pouvant plus se prévaloir des résultats d’une administration disqualifiée sur la scène internationale, le pouvoir recourt encore à sa vieille recette: le détournement et la manipulation d’une revendication de l’opposition.
Cette fois, il appelle des organisations politiques au lieu des instances professionnalisées dans les missions d’observations.
L’histoire du tiers monde est riche d’exemples : plus les régimes se sentent désavoués, plus ils se braquent.
La participation dans une telle compétition serait synonyme de compromission dans une opération d’humiliation nationale. Refuser de s’y impliquer est à la fois un devoir civique et une exigence de respect pour notre histoire. Refuser de se commettre dans ce pitoyable et dangereux cirque est autant affaire politique que de dignité.
Il reste à étudier les termes de ce rejet. Un retrait signifiant notre refus et notre indifférence devant un non évènement, une condamnation plus active, une position partisane ou couplée à d’autres intervenants s’il s’en présente….Toutes ces options méritent débat.
Que peut-on faire pendant cette période ?
J’ai préalablement rappelé quelques décisions et actions opposées par le pouvoir au RCD ces derniers mois pour bien apprécier la marge de manœuvre laissée aux opposants.
Sur le fond, notre parti a accompli un travail de qualité sur la durée. Pas une formation n’a eu cette persévérance.
Nous devons voir comment améliorer notre fonctionnement et corriger nos insuffisances dans les prochains mois pour préparer le parti à toutes éventualités.
Nous concentrer sur la formation, la réorganisation de nos structures en fonction des nouvelles exigences, accompagner nos élus dans leur mission, récupérer et restaurer notre patrimoine immobilier, prendre le temps de repérer et de se concerter avec les catégories acquises au changement est un travail discret mais vital.
Le tout étant de faire preuve de vigilance pour ne pas être happés par des conflits claniques qui s’exacerberont et dans lesquels on ne manquera pas d’essayer de nous entraîner.
Il s’agit de faire preuve de sang froid, de prendre le temps qu’il faut pour redéfinir nos objectifs et les voies et moyens de les atteindre et de ne pas se laisser divertir par des provocations.
On entend déjà les appels à la surenchère qui poussera à notre sortie des institutions dès maintenant. Tout peut s’envisager, encore faudrait-il que la décision nous appartienne et qu’elle ne soit dictée ni par la précipitation ni par les vigiles du pouvoir postés dans la périphérie de notre combat pour y entretenir confusion et polémique.
Il y a toutes les raisons de considérer que cette stratégie de harcèlement ne changera pas jusqu’au mois d’avril.
Nous pouvons prendre à témoin l’opinion nationale et internationale de cette volonté d’étouffement et d’y opposer une protestation pacifique qui souligne cette folie nihiliste par un gel de nos activités publiques signifiant que, pour le court terme au moins, l’Algérie mougabisée ne tolère plus le moindre souffle d’expression autonome.
Alerter observateurs et concitoyens sur cette régression est une manière de dénoncer une dérive liberticide et de réveiller les consciences sur ce basculement dans l’arbitraire et la folie despotique.
Chers amis,
Nous avons joué le jeu de manière loyale et pacifique, quitte à enregistrer un manque à gagner politique et électoral considérable puisque tel était le prix qu’il fallait payer pour essayer d’éviter d’aggraver les affres de la violence civique et lui permettre d’accéder à une pédagogie de la démocratie où seul le citoyen arbitre dans la cité.
Force est de constater que la précipitation de ces derniers mois ne nous laisse pas de choix. Je l’avais dit précédemment, en chauffant le fer à blanc les relations politiques et sociales, en fermant tous les recours, le pouvoir nous somme de nous renier ou de céder à la tentation de la violence ce qui, pour les militants que nous sommes, serait une autre forme de reniement.
Chers amis,
Comme cela a été fait à de nombreuses phases de notre histoire nationale, nous devons marquer une halte. Une phase de notre vie publique se termine sous nos yeux. S’impose à nous une période de bilan, de réflexion prospective, de concertation avec d’autres acteurs partageant nos analyses et soucieux d’offrir à la nation des ouvertures qui échappent aux replâtrages claniques dans lesquels d’aucuns s’évertuent à vouloir enfermer le jeu politique national.
Nous refusons la soumission autant que la violence. Nous sommes persuadés que l’avenir est en dehors du système dans une voie qui reste à trouver et qu’il nous revient de définir avec d’autres partenaires.
A situation inédite, stratégie inédite.
De ce point de vue, un constat s’impose : toutes les observations de terrain attestent que, pour l’essentiel, seule la jeunesse, sans doute par ce qu’elle en est la principale victime, a pris la mesure de l’impasse du système. Seule elle a largué les amarres du clientélisme ; seule elle ne cultive aucune illusion sur la possibilité de réaménagement interne du régime.
Des énergies, pour l’instant éparses, résistent et se démarquent de l’incurie. Elles sont isolées, dépitées mais saines dans la mesure où elles ne participent pas à la gabegie. Nous avons comme mission historique de les repérer, les motiver et les aider à trouver les cadres d’organisations qui conviennent le mieux à leur niveau d’engagement et à une meilleure prise en compte de leurs centres d’intérêt.
Autre chantier qui nous attend : la coopération régionale. Il nous faut émanciper nos concitoyens et les engager à suivre et explorer les possibilités comme les contraintes qui marquent notre environnement régional. La construction de l’espace nord africain et la zone péri-sahérienne doivent faire partie de nos sujets de réflexion et débat. Il en est de même pour les relations internationales qu’il faut investir et qu’il convient d’adosser à nos propositions nationales.
C’est cela que l’opposition doit faire dans l’immédiat si elle se conçoit comme alternative à un pouvoir qui a trop duré et mal vieilli.
Se fixer un cap, y travailler et ne pas se déterminer en fonction des manœuvres ou positions du pouvoir est notre défi de l’heure.
Chers amis,
Nos aînés ont été confrontés à ce dilemme à la fin des années cinquante quand il a fallu prendre définitivement la mesure de l’incapacité du régime colonial à se réformer.
L’histoire ne bégaie pas mais elle est porteuse de résonance. La crise actuelle ne sera pas dépassée par le bricolage. L’impasse politique et les ruptures multidimensionnelles qu’elle engendre sont implacables. Si elles ne nous donnent pas, en elles-mêmes, la solution immédiate à offrir à la nation, elles nous invitent à nous interroger, à mieux comprendre le moment présent et prospecter dans nos rangs et auprès d’autres segments de notre peuple des voies audacieuses pour lui épargner d’autres épreuves où le projettent l’agonie politique actuelle.
Ce que nous avons fait jusque là était important, utile et pertinent.
Repérer patiemment les facteurs de blocage sociétaux, les resituer dans notre mémoire historique, leur donner une visibilité et une cohérence qui ont produit le projet de société que nous défendons et qui est aujourd’hui largement revendiqué par nos concitoyens était une condition de la rénovation nationale. Reste à en étudier la faisabilité.
Une nouvelle démarche s’impose. La définir, la faire partager pour une application rigoureuse et efficace est notre nouveau combat. Il commence par le devoir patriotique de ne pas aggraver la déchéance nationale qui ne manquera pas de se précipiter à l’occasion de la prochaine présidentielle.
L’époque est incertaine mais nous savons que l’Algérie va et doit changer de configuration. Nous avons toujours su trouver le rythme et l’audace nécessaires à la bonne appréhension des périodes décisives de notre histoire. C’est un nouveau rendez vous qui nous attend. C’est à la fois une chance et une responsabilité d’être les acteurs privilégiés de ce moment délicat et capital. Je suis sur que nous aurons l’intelligence, l’énergie et la lucidité pour y faire face avec la plus grande des générosités.
