«Le renvoi de Benmeradi est symptomatique de l’impasse politique»

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«Les orientations antiéconomiques et les mesures antisociales de la loi de finances 2018 ont produit leurs effets négatifs plus tôt que prévu par l’ensemble des acteurs économiques.»

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) commente la mise à l’écart du ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi. Pour le secrétariat national du parti, réuni jeudi dernier à Alger, cela confirme l’impasse dans laquelle est plongé le gouvernement. «Le renvoi du ministre du Commerce, Benmeradi, qui a plaidé pour la reconsidération de la valeur du dinar et pour moins de mécanismes administratifs (licences d’importation…) est symptomatique de l’impasse politique dans laquelle est plongé ce gouvernement pour conduire une politique de redressement», lit-on dans un communiqué du parti rendu public, hier.

La direction du RCD est revenue, ensuite, sur la situation économique et sociale du pays, pour relever que «les orientations antiéconomiques et les mesures antisociales de la loi de finances 2018 ont produit leurs effets négatifs plus tôt que prévu par l’ensemble des acteurs économiques». «L’indigence et les inconséquences de la gouvernance économique, voire de la gouvernance tout court, ne pouvaient être que le catalyseur des aspects nocifs du recours à la planche à billets.

N’en déplaise à Ouyahia, dans ce domaine, l’analogie n’est pas les Etats-Unis ou le Japon mais bien plus le Venezuela ou le Nigeria», dénonce la formation que préside Mohcine Belabbas. Revenant sur les mouvements de protestation enregistrés dans plusieurs secteurs, le RCD estime que «ces contestations posent avant tout un problème d’allocation des ressources, du respect des libertés syndicales et publiques et de transparence dans la gestion».

Planche à billet : «Grandes dérives»

Ce faisant, la direction du RCD condamne ce qu’elle appelle «les grandes dérives du recours à la planche à billet». «Le décret exécutif du 5 mars 2018, publié dans le Journal officiel n°15 du 7 mars, résume à lui seul les incohérences, l’irresponsabilité et la fuite en avant du gouvernement», souligne-t-on dans le même communiqué.

Ce décret, précise la même source, porte sur la prorogation du délai prévu pour réaliser l’équilibre budgétaire défendu dans la loi de finances, prévu dans trois à cinq ans. Dans ce sens, la direction du RCD rappelle la proposition de ses députés concernant le contrôle de la planche à billets par l’APN qui a été rejetée en faisant la promesse d’installer une commission chargée de cette mission au niveau du ministère des Finances.

«Le dessaisissement du ministère des Finances, qui ne joue qu’un rôle d’appoint dans cette opération, s’inscrit, sans doute, dans le cadre des équilibres propres aux décideurs politiques», lit-on dans le même communiqué.

Madjid Makedhi

El Watan, 07/04/2018

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