Le Conseil national du RCD a tenu sa dernière session ordinaire de l’année, le 08 décembre 2017 à Alger. Les travaux de l’instance dirigeante du Rassemblement ont été ouverts par l’allocution du président Mohcine Belabbas, après l’adoption de l’ordre du jour de ce rendez préparatoire au congrès du parti. Dans son allocution, Mohcine Belabbas, est revenu sur l’état déplorable de la situation financière et économique et de la piètre gouvernance infligée au pays. Il a particulièrement souligné l’urgence de l’action pour une alternative qui redonne espoir à la jeunesse.

Les débats consacrés à l’évaluation des élections locales du 23 novembre, à l’intervention du parti et à la préparation du congrès ont donné lieu à des échanges francs sur la nécessité de préciser et d’affiner les modes et le fonctionnement des structures de l’organisation et d’élargir le champ de notre intervention. Le but est de donner les moyens à la nouvelle direction qui sera élue dans le prochain congrès pour consolider l’ancrage du parti et élargir notre influence dans les plus larges couches de la population algérienne.

Concernant le dernier rendez-vous électoral, malgré la reconduction de la main mise de l’administration sur le processus électoral du 23 novembre et de ses résultats, le RCD considère que les avancées opérées dans plusieurs wilayate en termes de sièges et du nombre de voix comme l’écho à nos positions et à notre discours ainsi qu’à l’engagement de nos militants. A ce sujet, les rapports des bureaux régionaux convergent pour affirmer que nous avons subi de véritables opérations d’encerclement partout où nos listes n’ont pas été éliminées par les services du ministère de l’intérieur. L’administration s’est impliquée pour promouvoir des votes utiles en faveur de listes qui sont les mieux placées pour battre le RCD ; c’est le cas en particulier à Tizi Ouzou, à Bouira ou Boumerdes. La multiplication de listes dites indépendantes dans nos fiefs est une autre facette de cette volonté de réduire « l’opposition radicale » au profit d’autres acteurs qualifiés de modérés ou « d’indépendants » qui mobilisent et investissent des masses d’argent qu’aucun parti politique y compris ceux du pouvoir ne peuvent exhiber sans risque d’attirer des suspicions.

Faudra t-il pour autant s’arrêter à ce constat ? La réponse est évidement non.
L’acharnement du pouvoir contre l’élargissement de notre présence dans les représentations locales est le pendant du bannissement de notre parti dans les médias publics et parapublics depuis plus de 20 ans. Les militants et les militantes de notre rassemblement ont pris acte depuis longtemps de la volonté du régime de folkloriser et de polluer la scène politique et médiatique.

Le Conseil national du RCD estime qu’il s’agit avant tout d’apporter des réponses à la détresse de notre jeunesse et au désespoir de larges couches de notre population. La précarité infligée à la majorité de notre peuple est la résultante d’une gouvernance qui s’attache à maintenir un minimum social vital à la faveur de la rentre pétrolière au lieu de promouvoir les instruments de développement économique et de solidarité. Cette politique d’assistanat est à la fois inopérante et dangereuse. Le recours à la planche à billets après avoir injecté 1000 milliards de dollars dans le circuit économique est une hérésie. La corruption ne peut à elle seule expliquer un tel échec. On ne peut pas bâtir une économie performante en dehors de la mobilisation des énergies du pays, de la transparence dans les allocations de ressources et d’un contrôle de l’exécution des programmes adossé à une justice crédible. L’achat renouvelé de la paix sociale ne peut constituer un programme politique.

Dans ce sens, la reconduction de la politique de l’entretien de clientèles à la faveur de la planche à billets aux lieux et places de reformes dans la structure des dépense publiques et du ciblage des facteurs de croissance augure d’une inflation qui peut prendre un caractère incontrôlable avec l’amenuisement des réserves de change. Les manipulations et les provocations inhérentes à la nature du régime ne servent qu’à maintenir les confusions et à déplacer les tensions. Jusqu’à quand ?

Le Conseil national du parti qui a fixé la tenu de cinquième congrès aux 09 et 10 février 2018 a décidé d’une révision en profondeur des statuts de notre fonctionnement afin d’ouvrir les structures aux différentes catégories sociales et de promouvoir la place des jeunes et des femmes. La commission programme est appelée à élargir davantage les thématiques des préoccupations des populations. Enfin, les mutations profondes dans les modes de communication et la fermeture des médias lourds aux forces de progrès doivent constituer une préoccupation centrale de toutes les structures du parti pour rendre plus visible les alternatives au chaos et au statuquo.

Alger le 08 novembre 2017
Le Conseil national du RCD