Malgré un meilleur taux de participation que les législatives du 04 mai, les Algériennes et Algériens ont majoritairement tourné le dos à la consultation locale du 23 novembre. Dans les faits, près de deux citoyens sur trois ont préféré vaquer à d’autres occupations que d’accomplir l’acte de vote. Le taux de participation de 44% annoncé par le ministre de l’intérieur est obtenu grâce au bourrage de l’administration comme à Annaba dont les urnes ont été pourvues de 50 000 voix au profit du FLN.

Ainsi, les pronostics sur un attrait mécanique des électeurs par le simple fait du caractère local de cette élection qui implique un plus grand nombre de listes ont été largement déjoués. Les raisons du désenchantement sont à chercher à la fois dans l’absence de crédibilité des pouvoirs publics en charge de cette opération, d’un code électoral qui favorise les marchandages dans la confection des listes et de l’intrusion inconsidérée de l’argent tout au long du processus ; de la confection des listes à l’achat de voix.

Ce ne sont plus les partis politiques qui confectionnent des listes de militants mais des groupes d’intérêt qui demandent une franchise partisane pour investir une collectivité locale. A ce jeu, l’engagement militant ne peut faire le poids dans un tissu social qui a subi vingt ans d’une politique de corruption, d’attaques et d’obstructions ou d’interdictions des activités partisanes. Malheureusement, ce climat délétère a contaminé la quasi-totalité des formations engagées dans ce scrutin où on a vu des têtes de listes ayant postulé sous un sigle le matin se faire labelliser par une autre étiquette le soir à la suite de sordides marchandages; la capitale ayant atteint, en la matière, le summum de l’intolérable.

En dépit de la généralisation de cette dégradation civique et politique, le RCD s’honore de n’avoir jamais accepter de négocier les valeurs éthiques qui ont présidé à sa fondation.

Le RCD qui a enregistré des avancées dans plusieurs wilayas comme Bejaia, Sétif, Illizi, Bouira, Boumerdes, Tipaza ou Batna considère qu’en plus de l’impérieuse nécessité de soustraire l’organisation des scrutins des mains de l’administration, il y a lieu d’opérer une réforme profonde du code électoral pour, à la fois, garantir le droit de candidature mais aussi réviser le taux de représentation des populations.

Enfin, tout en relevant que grâce à la mobilisation dévouée de son collectif militant, la pollutions de l’environnement social et la partialité de l’administration n’ont pas empêché le RCD d’enregistrer  une avancée globale en termes de nombre de sièges et d’APC, le Rassemblement réaffirme que la construction d’institutions locales crédibles, base d’un Etat de droit, commence, comme pour tout processus de représentation citoyenne, par des élections libres organisées par une commission nationale indépendante.

C’est aussi le seul moyen de contrôler les dépenses électorales et l’origine des fonds engagés dans ces compétitions.

Alger, le 25 Novembre 2017