L’amendement de l’ordonnance du 26 aout 2003 portant sur la monnaie et le crédit qui consiste en la suppression du plafonnement de l’endettement du Trésor public vis-à-vis de la Banque d’Algérie a été adopté malgré des débats qui ont démontré que ce recours à la planche à billets est porteur de dangers. Cette « solution » de facilité à laquelle recours le gouvernement Ouyahia est une fuite en avant devant les problèmes engendrés par une gestion sans cap pour le pays.

Les députés du RCD ont alerté sur les dérives que porte une telle démarche au double plan de l’inflation et de la rareté des ressources auxquels il faudra faire face mais aussi et surtout du choix de ne pas débattre de solutions alternatives pour amorcer une politique économique adossée à des ressources durables.

Circonstance aggravante, le mandat donné par les députés de la majorité parlementaire au gouvernement est un chèque à blanc. Le gouvernement refuse de limiter le volume monétaire additionnel, de se soumettre au contrôle annuel du parlement pour un éventuel renouvellement au lieu des cinq ans demandés et persiste à vouloir réduire le contrôle à une commission au sein du ministère des finances.

Avec tant de mépris à l’endroit des interpellations de la représentation parlementaire, cette mesure sera utilisée seulement pour desserrer l’étau sur le système politique qui a ruiné l’économie nationale et non pour relancer le développement de l’économie nationale.

Signe des temps, la communication médiatique autour du projet de loi de Finances 2018 ne focalise, elle aussi, que sur « les efforts » pour maintenir la paix sociale à travers le gonflement du chapitre des transferts sociaux abusivement assimilés à des subventions pour les couches fragiles alors que la partie qui permet une accessibilité relative aux produits comme le lait, l’huile ou les céréales est dérisoire devant les sommes destinées à l’arrosage des clientèles.

Le RCD milite pour l’indépendance de la Banque d’Algérie et la création d’un institut d’orientation stratégique et de planification économique qui échappe au contrôle du gouvernement. Il rejette les manœuvres de triturations des textes fondamentaux du pays à des fins de pouvoir. Les députés du RCD ont voté contre cette énième forfaiture d’un gouvernement responsable de la crise en cours.

                                                                                       Alger, le 08 octobre 2017

Le groupe des députés du RCD