Le Secrétariat national du RCD a tenu sa réunion mensuelle ordinaire, le jeudi 05 octobre 2017, à Alger. Il a débattu du compte rendu de ses parlementaires sur le plan d’action du gouvernement et a fait le point sur les prochaines élections locales du 23 novembre 2017.

En cette conjoncture déjà empreinte de vives tensions, le Secrétariat national prend acte de la violente campagne de dénigrement et de mépris d’un premier ministre qui a perdu tout discernement envers les acteurs politiques et les experts en économie en détournant l’enceinte parlementaire offerte par la grâce du chef de l’Etat en tribune de règlements de comptes mesquins. L’impulsivité du premier ministre qui s’est manifestée par des manœuvres diffamatoires n’a fait qu’augmenter le mécontentement social et renforcer la défiance générale envers un personnage déjà coupable par le passé de coups tordus contre les cadres de l’Etat et de ponctions autoritaires sur les salaires des travailleurs.

A contrario, les interventions des députés du RCD ont suscité un écho indéniable aux yeux de l’opinion publique. Les parlementaires du Rassemblement ont démontré que le plan d’action défendu à l’Assemblée par Ahmed Ouyahia n’est ni adapté à la conjoncture économique ni porteur d’un redressement durable des finances publiques. Cette feuille de route construite autour d’une dramatisation de la situation financière du trésor public et d’une offensive médiatique, tous azimut, des pouvoir publics pour semer la peur ne vise pas à faire prendre conscience aux Algériennes et aux Algériens de leur nécessaire mobilisation pour sortir le pays de quinze ans de corruption, de détournements et de gabegie.  Après avoir claironner durant trois années que la clairvoyance de Bouteflika a sauvé le pays de révisions déchirantes avec la chute des prix des hydrocarbures, cette stratégie de la peur et de la démesure a pour seul but le maintien d’un statu quo qui a déjà miné le pays. Elle se résume à l’usage de la planche à billets pour alimenter de nouveau les circuits des clientèles et à perpétuer des transferts sociaux inopérants en l’absence d’une gouvernance capable de réorienter la solidarité de la communauté nationale vers les couches fragiles et les secteurs de la santé, de l’éducation, du travail et de service public.

L’argutie dont a usé le gouvernement pour faire passer la révision de la loi sur la monnaie et le crédit ne trompe personne. Honorer les dettes du Trésor vis à vis de Sonatrach et de la Sonelgaz est un leurre. Ces dettes pouvaient être rééchelonnées d’autant que le représentant de la compagnie nationale d’hydrocarbures a déclaré, lors de son audition par la commission des finances de l’APN, que son entreprise ne souffre d’aucune difficulté financière et que son homologue de la Sonelgaz n’a évoqué que des déficits de la société en charge de la distribution.

Le RCD réitère sa proposition de garantir l’indépendance de la Banque d’Algérie par la force de la loi. En parti responsable et fidèle à ses engagements, le Rassemblement estime qu’il faut encadrer cette décision de recourir à la création de monnaie, sans contrepartie économique, par des instruments qui pourraient en limiter l’usage inconsidéré. En effet, l’acceptation de sa limitation à une année renouvelable, après bilan par le parlement, au lieu de cinq ans et le plafonnement des provisions peut constituer un gage d’une volonté de transparence des pouvoirs publics.

Mais il semble bien que la tâche d’Ahmed Ouyahia est de permettre au système politique de se perpétuer ou de se renouveler sans heurts en 2019 et de faire avaliser par l’opinion publique des options sans débats comme la reprise de l’exploration/exploitation du gaz de schiste.

Concernant les élections locales du 23 novembre prochain, le RCD estime qu’il est urgent de réviser la loi électorale si l’on veut garantir à tous les citoyens le droit constitutionnel à se présenter devant les électeurs et de juguler la dégringolade, d’une élection à une autre, du taux de participation. Sur un autre plan, les rejets de candidatures, en particulier dans les régions du Sud, en Kabylie et dans des localités où des associations combattent pour le respect des libertés publiques est une dérive dangereuse.

Le RCD condamne cette chasse aux sorcières. Au lieu d’instruire illégalement l’Administration pour refuser d’enregistrer des candidatures en violation de la loi sous le fallacieux prétexte de « activités portant atteintes à l’unité nationale », les pouvoirs publics doivent assumer ces « accusations », infondées du reste, en portant plainte devant les tribunaux au su et au vu de l’opinion publique. Cette politique qui consiste à spolier les Algériens de leur droit constitutionnel de se porter candidat ne peut que pousser des citoyens vers des positions extrêmes. Le gouvernement Ouyahia assumera la responsabilité d’une dérive programmée.

 

Le Secrétariat national du RCD

Alger le 06 octobre 2017