“En dehors d’une chimérique réforme fiscale, aucune source précise n’est ciblée pour renflouer les caisses”, a fait remarquer le président du RCD.

Les cadres et élus du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) se sont réunis, hier, en conseil national. Une occasion pour dresser le bilan de leurs activités, évaluer la situation générale du pays et tracer un calendrier de travail, qui inclut l’organisation des élections locales prévues pour le mois de novembre, ainsi que les préparatifs du congrès du parti. Dans son intervention devant le conseil national, le président du RCD a rappelé, allusion au refus d’octroyer une salle pour le congrès, que “lorsque nous disions que le pays allait à la dérive à cause d’une politique qui privilégie une stabilité de façade avec l’achat de la paix sociale et la répression des libertés au détriment d’un projet de développement qui réhabilite la planification et la liberté d’entreprendre, le pouvoir et ses relais nous traitaient d’extrémistes, qui font le jeu de l’étranger”. Pour le n°1 du RCD, “le plan d’action, présenté par M. Tebboune à l’Assemblée nationale, illustre jusqu’à la caricature l’incapacité du gouvernement à présenter un programme, qui énonce, au moins, les sources de financements du patchwork des mesures listées”. Aussi n’a-t-il pas manqué de s’interroger sur le financement de ce programme, jugé flou. Une interrogation partagée, y compris par les députés de la majorité ou apparentés, auxquels on fait pour l’occasion l’économie des louanges habituelles, tellement ils doutent “sur les capacités du pays à faire face aux dépenses sans épuiser rapidement le fonds de réserve”, a-t-il relevé. Pour Belabbas, “en dehors d’une chimérique réforme fiscale, qui ne fixe ni l’assiette à atteindre ni les niches à investir comme les grosses fortunes ou l’informel, aucune source précise n’est ciblée pour renflouer les caisses et faire face à un déficit hérité de la loi de finances 2017”, qu’il a estimé à quelque 25 milliards de dollars.
Le chef de file du RCD a mis en garde le chef du gouvernement, Abdelmadjid Tebboune, sur ses velléités “d’alourdir l’ardoise des impôts des entreprises”. Ce qui relèverait, selon lui, d’une “vision de courte vue”. Toutefois, cette option de court terme est confirmée ; le gouvernement veut “orienter les ressources disponibles dans des projets de rentabilité immédiate en dehors de toute cohérence d’ensemble. La charge d’impôts supplémentaires sur des contribuables loyaux risque de précipiter nombre d’entre eux, au mieux, dans la compression des effectifs, sinon dans l’informel”.
Menace sur les entreprises
En plus de cette menace qui pèse sur les actifs  qui risquent de rejoindre les millions de chômeurs, le président du RCD critique le gouvernement sur “la réduction continue du volume des importations présentées comme la panacée pour juguler une partie du déficit public”, alors qu’elle n’a fait que paralyser, pour l’heure, “une partie du squelettique appareil industriel par l’absence de pièces de rechange ou d’intrants”. S’agissant des transferts sociaux, “la branche sur laquelle est bâtie artificiellement la paix sociale”, le président du RCD note qu’“aucun objectif chiffré n’est avancé ; le chef du gouvernement annonce la constitution d’une commission pour plancher sur le sujet”. Pour le RCD, le dialogue avec les partenaires sociaux représentatifs doit être la règle. “Cette démarche ne doit procéder ni d’un bricolage de circonstance ni d’une improvisation. Le cadre de la tripartite rénové, c’est-à-dire ouvert aux syndicats autonomes et à toutes les organisations professionnelles et patronales à égalité, est l’instrument idoine.”

Le congrès reporté à décembre ou janvier prochain
n Le RCD, qui a programmé de tenir son congrès ordinaire pendant ce week-end, a été contraint de reporter ce rendez-vous. La raison de ce report : l’administration n’a pas donné suite à ses demandes de salles alors que toutes les démarches ont été entreprises en vue de réserver les infrastructures d’hébergement pour cette activité, a indiqué le président du RCD, Mohcine Belabbas, au début de son allocution lors des travaux du conseil national du parti, tenu hier. Le RCD envisage de tenir son congrès ordinaire soit à la fin de l’année, soit au début de 2018.

 OUYOUGOUTE Moussa

Source, liberté, 01/07/2017