Le nouveau gouvernement a présenté devant les députés un plan d’action du programme du chef de l’Etat ; un programme méconnu de tous car inexistant. Il était attendu que ce plan contienne des réponses concrètes avec des coûts chiffrés à la crise multidimensionnelle que vit notre pays. L’Assemblée nationale a eu droit à un plan d’action qui ne s’apparente ni plus ni moins qu’à une série de vœux et d’affirmations qui peuvent au mieux constituer des axes de réflexion.

Tout au long de la campagne électorale pour les législatives, le RCD n’a cessé de dénoncer l’exclusion programmée de débats autour des programmes politiques des partis en lice pour le scrutin. Dans le sillage de cette volonté de priver les électeurs de prendre connaissance des positions des uns et des autres sur les thèmes importants de la vie de la Nation, les partis du pouvoir n’ont usé que de slogans populistes pour justifier les sièges qui leur reviendraient dans le cadre de la fraude électorale.

Aujourd’hui, le gouvernement Tebboune soutenu par cette majorité issue de la fraude électorale se présente à l’Assemblée sans même avoir un état des lieux précis puisque lui-même dénonce l’incapacité des gouvernements successifs à produire une statistique vraie. En pleine crise financière aigue, la fiscalité est réduite dans le plan d’action du premier ministre au terme générique de modernisation et amélioration du recouvrement des impôts alors que le gouvernement annonce une progression annuelle de 11% de la fiscalité ordinaire (hors hydrocarbure). Mieux, le Chef du gouvernement escompte faire progresser le PIB et faire tourner l’économie algérienne avec une croissance de 6,5% à terme alors qu’il abandonne toute ambition industrielle, table sur la filiation dans l’agriculture sans annoncer les modalités de la réforme du foncier pour y arriver et recompile les vielles recettes dans le secteur du tourisme.

Ce mépris à la représentation nationale atteint sans comble quand il demande un quitus pour reconsidérer les transferts sociaux sans indiquer dans quelle direction, quels niveaux, avec quelles méthodes et quel timing.

Sur un autre registre, les quelques objectifs chiffrés contenus dans ce document ne sont pas adossés à des financements nécessaires ; c’est le cas, en particulier, pour la production de l’énergie électrique. A titre d’exemple, il annonce la réalisation de 12 GW en plus sur les quatre années à venir. Cela nécessitera la mobilisation de près de 20 milliards de dollars en ces temps de disette. L’équivalent d’une année de budget de l’Etat. D’où compte-t-il tenir ces financements ?

Enfin, présenter le non recours à l’endettement extérieur comme une décision du Chef de l’Etat participe de l’imposture. Aucune institution internationale ne peut mettre son argent dans une économie qui n’a comme perspective que la gestion du statu quo. Le programme d’action du gouvernement en est la parfaite illustration.

Les députés du RCD qui ont alerté sur l’inopérance d’un tel plan lors de leurs interventions voteront contre ce programme.

Les députés du RCD

Alger le 23 juin 2017