Réuni aujourd’hui à Alger, le secrétariat national du RCD considère que la cacophonie qui a suivi la formation du gouvernement Tebboune paralyse davantage l’action d’un pouvoir déjà rongé par la politique du statu quo. Le RCD estime que l’affaire Benagoun, nouveau ministre du Tourisme limogé 48 heures après sa nomination, «est révélatrice, une fois de plus, d’un dysfonctionnement grave au plus haut sommet de l’Etat».

Le RCD accuse le nouveau Premier ministre, qui ne s’est pas exprimé sur le limogeage de Benagoun, d’être «prisonnier de luttes d’intérêts opaques». Ce parti de l’opposition affirme ainsi que le nouveau gouvernement est déjà «affaibli» et «hérite d’un bilan économique et social catastrophique». Cette formation ne cache pas ses doutes en les capacités de ce gouvernement à affronter une crise multiforme.

«C’est d’autant plus vrai que pendant que le gouvernement se mure dans le silence, les conflits sociaux et les protestations citoyennes s’amplifient. La nouveauté dans ce paysage des luttes, c’est l’implication de la société civile pour défendre l’investissement privé productif», souligne le RCD, qui évoque «la mobilisation contre les entraves bureaucratiques opposées à l’essor du groupe Cevital dans la wilaya de Béjaïa doit être prise pour ce qu’elle est».

Sur le terrain social, le RCD constate que l’austérité imposée par le pouvoir «est exclusivement supportée par le monde du travail, les jeunes et les petites entreprises, voire les entreprises familiales». Il estime que la conduite d’une politique de redressement national «implique le dialogue le plus large avec les représentants de ces catégories sociales, à commencer par les syndicats autonomes».

Le parti de Mohcine Belabbas met en garde contre la poursuite de la politique de marginalisation. Il dénonce les pressions exercées sur les syndicats autonomes et les procédures judiciaires à leur encontre. Le RCD demande à ce que l’avant-projet du code du travail soit soumis à la concertation la plus large.

S’exprimant sur la situation régionale, le RCD condamne la répression que subissent les populations du Rif marocain, qui expriment des revendications citoyennes légitimes. Il appelle à la prise de mesures d’apaisement et au dialogue. Il estime que «dans notre région, et notamment en Algérie et au Maroc, l’obstacle au développement est le maintien de pouvoirs autocrates par l’exclusion des citoyens de la gestion des affaires de la cité et la promotion de la politique de division en tant que méthode de gouvernance à tous les niveaux». Il affirme ainsi que cette politique qui s’appuie sur la terreur ne peut qu’engendrer le chaos.

Le RCD ne perd pas de vue le prochain rendez-vous électoral, auquel il se prépare activement. «Le secrétariat national a instruit les structures du rassemblement pour impulser une dynamique afin d’impliquer de larges couches de la population dans la perspective de la préparation et de la tenue des élections locales de la fin de l’année», conclut le RCD.

Sonia Baker

Source: Algérie patriotique, 02 Jun, 2017