Le Secrétariat national du parti s’est réuni le 02 juin 2017, à Alger. Il a mis à son ordre du jour le redéploiement organique du rassemblement, l’examen de la situation nationale et la préparation des élections locales prévues pour la fin de l’année 2017.

Au plan politique, le coup d’épée dans l’eau de l’élection législative et la cacophonie qui a suivi la formation du gouvernement Tebboune paralysent l’action d’un pouvoir déjà rongé par la politique du statuquo. L’affaire Benagoun est révélatrice, une fois de plus, d’un dysfonctionnement grave au plus haut sommet de l’Etat. Le silence observé par le premier ministre accrédite la thèse que ce dernier est déjà prisonnier de luttes d’intérêts opaques.

C’est donc un gouvernement affaibli et qui hérite d’un bilan économique et social catastrophique qui doit affronter une crise multiforme. De plus, l’annulation de nombreux projets de développements ou d’infrastructures comme les hôpitaux ou les établissements de formation conjuguée au gel des salaires, l’inflation et une dévaluation importante de la monnaie nationale annihilent toute chance d’une période de grâce.

C’est d’autant plus vrai que pendant que le gouvernement se mure dans le silence, les conflits sociaux et les protestations citoyennes s’amplifient. Nouveauté dans ce paysage des luttes, c’est l’implication de la société civile pour défendre l’investissement privé productif. La mobilisation contre les entraves bureaucratiques opposées à l’essor du groupe Cevital dans la wilaya de Bejaia doit être prise pour ce qu’elle est. Un signe de vitalité contre la marginalisation économique de la région. Le Secrétariat national se félicite de l’implication des militants et des élus du RCD pour exiger des pouvoirs publics l’application de la réglementation et l’encouragement de l’investissement.

Concernant les conflits sociaux, le RCD constate que l’austérité imposée par le pouvoir est exclusivement supportée par le monde du travail, les jeunes et les petites entreprises, voire les entreprises familiales. Il estime que la conduite d’une politique de redressement national implique le dialogue le plus large avec les représentants de ces catégories sociales à commencer par les syndicats autonomes.  Le Rassemblement assure de sa solidarité l’ensemble de ces forces vives et met en garde contre la poursuite de la politique de marginalisation. Il dénonce les pressions exercées contre les syndicats autonomes et les procédures judiciaires à leur encontre. A ce sujet, l’avant-projet du code du travail doit être soumis à la concertation la plus large.

Au plan régional, le SN du RCD salue la mobilisation pacifique dans le Rif marocain pour «la liberté, la dignité et la justice sociale » et condamne la répression opposée à ces revendications citoyennes légitimes.  Il appelle à la prise de mesures d’apaisement et au dialogue. Il estime que dans notre région et, notamment en Algérie et au Maroc, l’obstacle au développement est le maintien de pouvoirs autocrates par l’exclusion des citoyens de la gestion des affaires de la cité et la promotion de la politique de division en tant que méthode de gouvernance à tous les niveaux. Cette politique qui s’appuie sur la terreur ne peut qu’engendrer le chaos.

Enfin le Secrétariat national a instruit les structures du Rassemblement pour impulser une dynamique afin d’impliquer de larges couches de la population dans la perspective de la préparation et de la tenue des élections locales de la fin de l’année.

Alger le 02 juin 2017

Le Secrétariat national