Le Secrétariat national du RCD s’est réuni, à Alger, le 19 mai 2017. Il a mis à son ordre du jour la situation générale du pays à la lumière de l’organisation de l’élection législative du 04 mai dernier. Dans ce scrutin, nous avions choisi de présenter des listes de militants du parti dans les wilayate où notre collectif pouvait réduire la fraude électorale par la mobilisation et l’engagement. Nous avons, tout au long de la campagne électorale, exposé  un programme conçu comme un outil à mettre entre les mains des  citoyens pour s’impliquer et prendre en charge les destinées du pays. Les rencontres de proximité qui ont été l’axe de notre intervention confortent notre conviction qu’il  est encore possible de reconstituer un tissu social soucieux de l’intérêt général et qui peut s’inscrire dans une démarche pacifique et collective de sauvetage de notre pays. A ce sujet, l’Exécutif du Rassemblement salue la mobilisation de l’ensemble des militants et des sympathisants du parti. Il rend particulièrement hommage, en cette journée du 19 mai, aux nombreux étudiants et jeunes du parti dont l’engagement a permis de porter notre programme et notre voix au milieu de diverses couches sociales malgré un boycott médiatique des organes publics relayés par la majorité de la presse privée. Ils honorent leurs ainés qui ont déserté les bancs des universités et des lycées pour s’engager résolument  contre le joug de la France coloniale.

L’abstention record qui a marqué ce rendez-vous interpelle en premier lieu par son élargissement à toutes les régions du pays. Elle n’est plus l’œuvre des seules wilayate du centre. Sur un autre plan, les multiples artifices de fraudes mis en œuvre dans ce scrutin dénotent à la fois d’une volonté politique centrale de soustraire les résultats à la volonté des électeurs mais, plus grave encore, de l’émergence de groupes d’intérêts qui ont pris le contrôle des moyens de l’Etat au profit de chapelles politico mafieuses. Cet état de fait ne dédouane pas les institutions, bien au contraire, mais confirme une accaparation (privatisation) dangereuse des prérogatives de l’Etat. La crise économique, financière et politique que le pays affronte et la fragilisation du tissu social n’ont pas imposé plus de responsabilités pour les tenants d’un système politique qui a ruiné le pays. Le mal est sans doute plus profond que ce que révèle l’analyse pour un observateur de la scène politique nationale.

Pour le RCD, il ne s’agit plus que jamais de construire un rapport de force qui réunit le plus grand nombre et qui vise à imposer une politique conforme aux intérêts de la majorité et donc du pays. Nos parlementaires ont pour rôle d’animer une tribune  pour témoigner et aider à la construction d’une telle force nécessairement en dehors de cette assemblée croupion. L’avènement d’une transition démocratique conduite par une assemblée élue par le mécanisme d’une instance indépendante de gestion des élections est plus que jamais l’issue qui restaure la souveraineté du peuple algérien et sauvegarde son unité. C’est le combat de notre parti.

Sur un plan plus immédiat, le Secrétariat national du RCD charge ses députés d’élaborer une proposition de loi et une demande de commission d’enquête. La première vise à la restriction de l’immunité parlementaire des députés aux seules activités qui concernent la critique de la politique de l’exécutif et de sa représentation à tous les niveaux institutionnels. La commission d’enquête concerne la gestion du Club des Pins comprenant la source et l’exécution de son budget de fonctionnement, les modalités d’accès et l’état des lieux.

Au plan social, le Secrétariat national dénonce la répression et les intimidations contre les membres des syndicats autonomes. Il s’élève en particulier contre la décision de mettre hors la loi les activités du syndicat national des travailleurs de la Sonelgaz (SNATEG).

Par ailleurs, devant le refus de l’octroi d’une salle pour la tenue de notre congrès prévu pour le 30 juin et le 1° juillet 2017, l’exécutif du RCD a été contraint d’annuler les réservations des hébergements dans les hôtels à cause des avances exigées par les opérateurs. Pour rappel, le parti a successivement essuyé le refus de la réservation de la coupole du Complexe Mohammed Boudiaf, de la salle de conférences du palais des Nations et de celle du centre international des conférences. Le prochain conseil national aura à déterminer la date et les modalités du congrès.

Enfin, le président du parti a procédé à un remaniement du secrétariat national. A ce sujet, Yassine Aissiouane est désigné secrétaire national à l’organique et à la communication, Nora Ouali à la condition féminine et Athmane Mazouz au monde du travail.

Le Secrétariat national du RCD

Alger, le 19 mai 2017