Déclaration

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Dans un contexte de grande confusion politique et de sévères tensions sociales, le RCD a présenté 11 listes pour le scrutin législatif du 4 mai. Il s’agissait, à la fois, d’être présent dans des zones où la fraude pouvait être réduite et de vérifier s’il allait apparaître des signes et des actes de responsabilité attestant d’une évolution positive dans les pratiques administratives avec une conjoncture ouverte à toutes les aventures.  Enfin, notre ambition est de porter une voix libre dans l’enceinte d’une assemblée croupion et d’informer en toute transparence nos concitoyens sur les décisions qui engagent leur destin.

Malgré la censure des médias publics et parapublics, le collectif des militants du RCD s’est mobilisé avec les candidats du parti pour mener une campagne intense autour du seul programme électoral précis et réaliste mis à la disposition des citoyens dans ce scrutin. A l’occasion de plus de 500 rencontres de proximité et autres meetings et conférences, le RCD a pu confirmer la colère et le désespoir qui habitent les Algériens.

Avant l’entame de la campagne électorale, nous avions averti sur la tendance lourde qui éloigne, de scrutin en scrutin, nos compatriotes des urnes. Cette attitude est à la fois le résultat des fraudes électorales à répétition, porte ouverte à la corruption endémique, de la fermeture ou du contrôle médiatique et des obstructions et entraves récurrentes et multiformes érigées contre les activités des partis politiques et du mouvement syndical et associatif autonomes.

Lors de ce scrutin, le taux réel de participation ne dépasse pas les 25%. Nouveauté dans les mœurs électorales, une partie considérable des électeurs a voté blanc. L’élection a été également entachée par des irrégularités dépassant largement les traditionnelles manipulations.

Le vote groupé des corps constitués a servi à doper les candidatures du pouvoir et de ses satellites et le comportement partial de l’administration s’est aggravé.

Plusieurs bureaux de vote ont été carrément retirés des tirages au sort pour la surveillance des partis afin d’être laissés à la discrétion des officines du régime. Des bulletins de partis politiques du pouvoir circulaient librement aux alentours des centres de vote sous la bienveillante attention des services de sécurité, des gendarmes ont accompagné des fonctionnaires qui ont déplacé des urnes vers des endroits inconnus et des surveillants ont été menacés et chassés des bureaux au moment du dépouillement.

En Kabylie, le vote des militaires, tous munis de procurations, a provoqué des incidents qui ont éloigné des urnes les citoyens et dissuadé toute participation féminine au scrutin, amplifiant une abstention qui a mécaniquement profité aux listes du pouvoir et à ses candidats potiches. Pire, à Bouira, les forces de l’ordre ont observé passivement des activistes de la démagogie locale saccager des urnes dans des centres de vote connus pour être des fiefs électoraux du RCD…

Notre proposition d’une instance indépendante d’organisation des scrutins à tous les niveaux n’est pas une mesure administrative. Elle est le levier politique qui donne du sens au combat pour la consécration de la souveraineté populaire.

Notre pays affronte une crise économique, financière et politique qui fragilise considérablement l’Etat. Cette instabilité aurait du imposer plus de retenue et interdire  les sorcelleries politiciennes.

Cette ultime fraude rend encore plus aléatoire le principe même du combat démocratique  institutionnel et expose la nation à tous les périls dans une séquence historique nationale et internationale des plus incertaines. Les auteurs de cette manœuvre mesurent-ils les conséquences de cette irresponsabilité ?

Le RCD