Cela s’apparente à une “mini-révolution” dans une structure entourée de mystère, dont beaucoup pensent qu’elle constitue la colonne vertébrale du régime algérien et dont beaucoup redoutaient d’évoquer même le nom jusqu’à encore un passé assez récent. Dans son programme électoral consacré au volet sécurité nationale, le RCD propose rien moins qu’une “redéfinition, une réorganisation et un renforcement” des services de renseignements, objet de polémiques ces dernières années, notamment depuis l’attaque sanglante de Tiguentourine en janvier 2013, mais aussi après la charge de l’ex-SG du FLN contre son patron, le général-major Mohamed Mediene, dit Toufik. “Il s’agit de redéfinir, de réorganiser et de renforcer la structure du renseignement avec un cadre juridique approprié qui précise les missions, le mandat, les modes de désignation et les responsabilités de chaque acteur du secteur”, écrit le RCD. Parmi les missions prioritaires qui lui seront fixées : la lutte contre le terrorisme, la protection des infrastructures essentielles, la lutte contre le crime économique et le contrôle des frontières extérieures. Pour avoir éprouvé et subi, dont notamment ses fondateurs, les méthodes des services, le RCD préconise également une “révolution culturelle” au sein de cette structure, de telle sorte à ce que les Algériens changent leur regard à son égard. “Opérer une réforme culturelle dans le domaine du renseignement pour faire en sorte que l’action des services de sécurité et, en particulier, de renseignements ne soit plus assimilée à la surveillance des citoyens pour rompre effectivement avec les pratiques de la police politique.” Autres propositions : “ la promotion du personnel féminin dans la responsabilité au sein des institutions chargées de la sécurité et de la défense”, la création d’un organisme permanent qui sera rattaché au ministère de l’Intérieur et qui sera chargé d’“anticiper, de prévenir et de recenser les crises qui menacent la sécurité des territoires à l’image de celle qu’ont vécue et que vivent toujours la région de Ghardaïa et certaines régions de l’est du pays” et “l’investissement de pouvoirs de police un corps permanant de l’ANP spécialisé dans le contrôle et la surveillance des frontières”. “Dans notre pays, les questions de défense et de sécurité sont occultées ou instrumentalisées. Au moment où cette problématique est d’une actualité brûlante, il est indispensable d’ouvrir ce débat d’une manière sereine. Il s’agit de mettre en avant le fait que la défense nationale est l’affaire de tous et qu’elle concerne chaque citoyen”, explique le RCD. Considérant qu’elle doit être une préoccupation au plus haut niveau de la décision politique, la sécurité ne saurait être, selon le RCD, isolée de l’état général de la société, de la nature de l’État et des enjeux stratégiques qu’impliquent nos intérêts nationaux. “Les circonstances et l’ampleur de l’attaque terroriste qui a ciblé le complexe pétrolier de Tiguentourine, nous interpellent pour repenser profondément toutes ces questions à commencer par le renseignement, indispensable pour la garantie de la sécurité des citoyens et des biens de la collectivité nationale”, justifie le parti de Mohcine Belabbas. Par ailleurs, au plan diplomatique, le RCD propose de “réinventer” la diplomatie algérienne à travers, entre autres, l’investissement du continent africain, le renforcement de la coopération avec les pays voisins et l’approfondissement et l’élargissement de “nos relations économiques et humaines avec l’UE, notamment avec les pays du sud de ce continent et de l’Amérique du Nord, en particulier le Canada, qui accueillent une communauté nationale importante”.

Source, Liberté, 29/03/2017