“Nombre de nos listes ont été rejetées sans possibilité de recours ou n’ont pu être déposées”, a déploré, hier, le parti, dans un communiqué.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a mis en garde, hier, les autorités contre ce qu’il considère comme des “tentations d’un modelage autoritaire du champ politique”, estimant qu’une telle situation risquait d’“approfondir la crise de confiance et de légitimité qui plombe l’action de l’État”. Sans pour autant pointer directement les éléments qui lui permettent d’avancer des accusations aussi graves, le parti, tout en prévenant contre les conséquences de tels agissements sur la confiance entre les citoyens et l’État, énumère les difficultés rencontrées dans le dépôt et la validation des parrainages pour les législatives du 4 mai prochain. Saluant, dans un communiqué sanctionnant une réunion de son secrétariat national, la mobilisation de l’ensemble des militants à travers le territoire national, le parti, qui rappelle avoir engagé l’opération sur 25 wilayas sur la base de l’engagement de ses structures locales, dénonce l’impact de “l’argent sale” sur cette campagne et met en cause l’influence de l’administration. “Devant l’argent sale et les entraves administratives comme l’exigence de l’utilisation d’un logiciel sans moyens ni formation, nombre de nos listes ont été rejetées sans possibilité de recours ou n’ont pu être déposées”, déplore le RCD qui affirme qu’avec un tel dispositif sur le terrain, il a ainsi “doublement payé” les dispositions de la nouvelle loi électorale “du fait qu’elle prend en référence le scrutin que le parti a précisément boycotté (2012)”. Devant cet état de fait, le RCD, qui s’estime “fort” de son “histoire” et de ses “référents constitutifs”, s’en remet à “la mobilisation du peuple algérien pour le recouvrement de sa souveraineté afin de bâtir une société de prospérité et de progrès”.
La réunion du secrétariat national du RCD a, également, permis, selon le communiqué du parti, de passer en revue les derniers événements qui ont marqué l’actualité nationale, assénant, au passage, que “l’apathie du gouvernement est symptomatique de la volonté de maintenir un statu quo aussi vain que dangereux”. Pour le parti, la récente tripartite, dont, encore une fois, les syndicats autonomes sont exclus, “s’apparente à une provocation”. “Ni le chômage galopant ni la hausse vertigineuse des prix des produits de base n’ont fait l’objet d’une quelconque communication, encore moins de mesures. Dans tous les domaines d’activité, rien ne semble faire décider le gouvernement à agir”, déplore le RCD qui pointe, à l’occasion, la situation difficile que traverse l’université algérienne. Le parti évoque, à ce sujet, “un pourrissement qui s’installe dans de nombreux secteurs de l’université et qui peut conduire, y compris, à l’irréparable”.
Pour le RCD, “le ministère de l’Enseignement supérieur est le seul responsable de l’entame d’une grève de la faim des étudiants de la filière de médecine dentaire (Tizi Ouzou, Blida, Annaba, Sétif, Constantine, Oran et Sidi Bel-Abbès) déjà en arrêt de cours depuis trois mois”.
Afin de contrecarrer ce qu’il considère comme “la volonté du pouvoir d’entretenir le pessimisme ambiant et de sponsoriser la démobilisation”, le RCD appelle l’ensemble de ses structures et les comités en charge de l’animation de la campagne électorale d’œuvrer à faire connaître son programme électoral “en privilégiant les rencontres de proximité dans les quartiers, les villages, les lieux de travail et à travers le tissu associatif”.

H. Saïdani

Source: Liberté, 12/03/2017