Le RCD a dévoilé, hier, la partie de son programme électoral relative à la politique industrielle, à l’énergie et à la transition énergétique.

Le parti de Mohcine Belabbas, partant pour les législatives du 4 mai, propose une transition progressive des énergies fossiles vers les énergies renouvelables (solaire et éolienne), mais aussi l’instauration d’un marché de l’efficacité énergétique. Un marché, suggère-t-il, qui sera tiré, dans un premier temps, par la commande publique. “En attendant que les prix trouvent leur équilibre dans un mécanisme idoine entre la nécessité d’un accès à l’énergie pour tous et la nécessité de résorber au moins les déficits, le RCD propose d’instaurer un marché de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables (solaire et éolienne) tiré, dans un premier temps, par la commande publique, qui aboutira à terme à l’instauration d’un certificat d’efficacité énergétique”, lit-on dans le programme électoral du RCD qui prône particulièrement la dotation de tous les ministères et les sièges des grandes institutions nationales, régionales et locales d’un parc d’énergies renouvelables à hauteur des possibilités issues d’études techniques.
En termes d’efficacité énergétique des bâtiments, le RCD relève que “l’Algérie est l’un des rares pays où l’intensité énergétique augmente régulièrement”. Le parti se réfère aux statistiques de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue), lesquelles font état d’une intensité énergétique s’élevant actuellement à 0,591tep/1000$ (PIB constant hors hydrocarbures) et 0,357tep/1000$ (PIB constant avec HC).
D’où la proposition du RCD d’adopter une législation qui stipule que “les nouvelles constructions d’édifices publics doivent répondre aux normes de l’efficacité énergétique”, ou encore “d’inclure à terme dans les cahiers des charges des marchés publics dans le domaine du bâtiment le bilan énergétique final de toutes les réalisations comme cela se fait lors des raccordements”. Il préconise, de même, “d’encadrer l’appel d’offres de 4 milliards de dollars du ministère de l’Énergie pour l’implantation de 4 gigawatts (40 sites de 100 MW) pour qu’en plus de l’exigence d’un prix de revient du kWh le plus bas possible, le transfert de technologie puisse être d’un apport pour envisager y compris d’investir en Afrique dans la réalisation de centrales solaires et/ou hybrides (solaire/gaz)”. Il propose également de “soumettre régulièrement les grandes entreprises à un audit énergétique” ainsi que de “lancer des projets-pilotes de centrales de climatisation pour des groupes de bâtiments des villes du Sud fonctionnant au moyen de l’énergie solaire”.
Le RCD n’y va pas sans rappeler que “tous les indicateurs disponibles montrent que notre pays est dans une situation de diminution de l’offre à cause du déclin des ressources en hydrocarbures et de l’explosion de la demande interne, en raison de la croissance démographique, mais aussi du système des prix qui joue comme une prime à la surconsommation, voire au gaspillage”. Concernant l’industrie, le RCD regrette que “les assainissements à répétition des entreprises publiques et le nombre de ministres qui se sont succédé dans le secteur ont fini par dérouter toute la communauté des affaires, nationale ou étrangère, au point que personne ne croit plus aux annonces de diversification et d’industrialisation”.
D’où sa proposition d’aller vers une “réforme structurelle profonde”, recommandant, entre autres, de “mettre fin à l’instabilité du cadre juridique dans l’administration de l’économie et, partant, du secteur de l’industrie en confiant la politique industrielle à un panel d’experts pluridisciplinaires sous l’autorité politique directe du Premier ministre issu de la majorité parlementaire”.

Synthèse F. A.

Source: Liberté; 05/03/2017