La formation de Mohcine Belabbas propose “l’installation d’une autorité de régulation de la presse écrite autonome pour éviter toute interprétation de la loi dans le sens qui met cette instance sous la coupe des pouvoirs publics”.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a dévoilé, hier, la partie de son programme électoral relative aux médias et à la démocratie. Outre la dépénalisation des délits de presse, le parti, qui a sérié les problèmes et les contraintes qui gênent l’émancipation de la presse, préconise de supprimer le ministère de la Communication et de confier la gestion du secteur à des autorités de régulation.
Le RCD propose “l’installation d’une autorité de régulation de la presse écrite autonome pour éviter toute interprétation de la loi dans le sens qui met cette instance sous la coupe des pouvoirs publics. Cette mesure peut constituer le début d’une certaine crédibilité de la presse publique car dans tous les pays du monde c’est elle qui assure la neutralité et l’équilibre de l’information. Quant au reste de la presse, il ne peut être que privé”. La loi sur l’information prévoit cette autorité, mais le ministre de la Communication ne s’empresse pas de la mettre sur pied.
Le parti de Mohcine Belabbas prône également de “soustraire les demandes d’agrément de la bureaucratie par la concrétisation du régime déclaratif par le biais d’un simple constat d’huissier de justice. Cette mesure participe aussi de la lutte contre la médiocratie générée par le refus de l’octroi d’agréments aux nouveaux titres non clientélistes”. Partisan de la liberté de la presse et d’expression, le RCD estime que la presse écrite a besoin de bénéficier des aides directes et indirectes.
Des aides, précise-t-il, qui doivent être gérées dans la transparence. “L’argument de l’aide par la publicité de l’Anep ne tient pas. Cette manne sert essentiellement d’instrument de contrôle et de pression.” Aussi, le parti appelle à mettre fin au monopole de l’Anep et laisser aux annonceurs le libre choix du support et du titre qui leur convient.
Dans la même logique, le RCD prône le système déclaratif pour la création des journaux. S’agissant de l’audiovisuel, le parti relève l’urgence de publier “l’appel à soumission pour délivrer les agréments sur la base du cahier des charges adopté par le gouvernement relatif aux chaînes de télévision. Il n’est pas normal que la TDA ait acheté des fréquences sur des satellites étrangers, payés par l’argent public, sans les exploiter pour un retour de l’investissement. La notion de chaînes ‘tolérées’ est une entorse à la loi. Elle décourage dans les faits les meilleurs investissements dans ce domaine”. Dans son appréciation de la situation des médias le RCD note que “la presse écrite est prise entre deux feux : d’un côté le régime ne peut plus supporter les charges des titres qui vivent de la publicité de l’Anep, de l’autre ce même régime a peur des titres qui se sont affranchis de cette dépendance financière. Des pressions sont exercées sur les annonceurs privés pour les dissuader de publier leur message dans ces journaux qui continuent, malgré tout, à être les plus suivis par le grand public (…) Les journaux sont toujours sous pression, fiscale ou politique, et les journalistes sont sous-payés et non protégés. Une situation qui instaure de fait l’autocensure dans la majorité des rédactions. Pour ne pas démentir cette tendance au verrouillage, le gouvernement a annoncé la préparation d’un nouveau dispositif pour contrôler la presse électronique, en obligeant les sites d’information à avoir leur hébergement  en Algérie”. Pour le parti, les médias audiovisuels vivent les mêmes difficultés.

Synthèse S. A. I.

Soucre: Liberté, le 20/02/2017