Après avoir exposé les grandes lignes de sa politique économique, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a rendu publiques aujourd’hui ses propositions en faveur de la presse et de la démocratie. «La presse se heurte à de nouveaux problèmes d’ordre économique ou structurel qui menacent des journaux dans leur survie, au moment où le gouvernement continue malgré tout à entretenir une pluralité de façade au détriment d’une véritable relance du secteur», a souligné d’emblée ce parti, qui rappelle la réalité de «la presse écrite» qui «est prise entre deux feux : d’un côté, le régime ne peut plus supporter les charges des titres qui vivent de la publicité de l’Anep ; de l’autre, ce même régime a peur des titres qui se sont affranchis de cette dépendance financière».

Il fait état également des «pressions» qui «sont exercées sur les annonceurs privés pour les dissuader de publier leurs messages dans ces journaux qui continuent malgré tout à être les plus suivis par le grand public». Le RCD estime sur un autre volet que «la récente promulgation du nouveau statut du journaliste ne répond pas au fond du malaise ; les journaux sont toujours sous pression fiscale ou politique et les journalistes sont sous-payés et non protégés». «Une situation, estime cette formation de l’opposition, qui instaure de fait l’autocensure dans la majorité des rédactions.»

Le RCD poursuit en évoquant également l’annonce d’un nouveau dispositif pour contrôler la presse électronique, en obligeant les sites d’information à avoir leur hébergeur en Algérie. Un dispositif qui vise, selon ce parti, à accentuer le verrouillage médiatique. Le parti de Mohcine Belabbas a aussi dressé un tableau noir du secteur de l’audiovisuel livré à l’offshore. Pour faire sortir le secteur de la presse de cette situation, le RCD a affirmé qu’il mettra fin à la politique clientéliste mise en place par le pouvoir. Ainsi, il compte supprimer le département ministériel érigeant le secteur et installer une autorité de régulation de la presse écrite autonome pour éviter toute interprétation de la loi dans le sens qui met cette instance sous la coupe des pouvoirs publics.

«Quant au reste de la presse, il ne peut être que privé», estime le RCD, qui veut «rendre effectif un programme d’aides directes et indirectes à la presse écrite géré dans la transparence». «L’argument de l’aide par la publicité de l’Anep ne tient pas. Cette manne sert essentiellement d’instrument de contrôle et de pression», écrit-il encore. Le RCD prévoit aussi de mettre fin au monopole exercé par l’Anep et de donner toute la latitude aux annonceurs de choisir le support et le titre qui leur sied.

Autre proposition de cette formation de l’opposition, c’est de publier sans délais l’appel à soumission pour délivrer les agréments sur la base du cahier des charges adopté par le gouvernement relatif aux chaînes de télévision. «Il n’est pas normal que la TDA ait acheté des fréquences sur des satellites étrangers payés avec l’argent public sans les exploiter pour un retour de l’investissement. La notion de chaînes ‘‘tolérées’’ est une entorse à la loi. Elle décourage dans les faits les meilleurs investissements dans ce domaine», a souligné le RCD, qui veut aussi «adopter des textes qui assurent la crédibilité de l’information et la protection du journaliste dans l’exercice de ses missions».

Hani Abdi

Source: Algérie patriotique, le 19/02/2017