Le RCD a consacré une partie de son programme électoral aux problèmes « d’ordre économique ou structurel » rencontrés par les journaux et les chaînes de télévision privées.

Dans ce chapitre, le parti de Mohcine Belabbas dresse un constat alarmant concernant la situation des médias. « La presse écrite est prise entre deux feux : d’un côté le régime ne peut plus supporter les charges des titres qui vivent de la publicité de l’ANEP, de l’autre ce même régime a peur des titres qui se sont affranchis de cette dépendance financière », écrit le RCD qui rappelle « les pressions exercées sur les annonceurs privés pour les dissuader de publier leur message dans ces journaux ».

« Pour ne pas démentir cette tendance au verrouillage, le gouvernement a annoncé la préparation d’un nouveau dispositif pour contrôler la presse électronique, en obligeant les sites d’information à avoir leur hébergement en Algérie », poursuit la même source. En ce qui concerne les médias audiovisuels, le RCD estime qu’ils « vivent les mêmes difficultés que la presse écrite » avec un « marché publicitaire de plus en plus sélectif », une « méfiance des pouvoirs publics à l’égard des investisseurs privés » et « l’absence de représentants des journalistes et des professionnels de l’audiovisuel dans les instances décisionnaires ».

Face à cette situation, le RCD préconise d’abord de « soustraire les demandes d’agrément de la bureaucratie par la concrétisation du régime déclaratif par le biais d’un simple constat de l’huissier de justice ». « Cette mesure participe aussi à la lutte contre la médiocratie générée par le refus de l’octroi d’agréments aux nouveaux titres non clientélisés », pense le RCD qui appelle également à « cesser d’ériger la communication en département ministériel ». En d’autres termes, le parti propose la suppression du ministère de la Communication.

Le RCD se dit pour l’instauration d’une « autorité de régulation de la presse écrite » mais  autonome afin d’éviter « toute interprétation de la loi dans le sens qui met cette instance sous la coupe des pouvoirs publics ». « Cette mesure peut constituer le début d’une certaine crédibilité de la presse publique car dans tous les pays du monde c’est elle qui assure la neutralité et l’équilibre de l’information. Quant au reste de la presse, il ne peut être que privé », précise-t-il.

Le RCD veut aussi rendre « effectif » un programme d’aides directes et indirectes à la presse écrite qui doit être géré dans la transparence et mettre fin au monopole de l’ANEP. Pour lui, la publicité de l’ANEP « sert essentiellement d’instrument de contrôle et de pression ». Le RCD préconise également la publication « sans délais » de l’appel à soumission pour « délivrer les agréments sur la base du cahier des charges adopté par le gouvernement relatifs aux chaines de télévision ».

« Il n’est pas normal que la TDA ait acheté des fréquences sur des satellites étrangers, payés par l’argent public, sans les exploiter pour un retour de l’investissement. La notion de chaines « tolérées » est une entorse à la loi, selon le RCD. Elle décourage dans les faits les meilleurs investissements dans ce domaine », souligne le parti qui veut également « dépénaliser les délits de presse ».

Hadjer Guenanfa

Source: TSA Algérie, le 19/02/2017