Le Conseil National du RCD s’est réuni à Alger, le 10 février 2017, en session ordinaire.  Ce premier rendez-vous de l’année de l’instance dirigeante du parti coïncide avec le 28ème anniversaire de la création du Rassemblement. A l’entame des travaux, le Président du parti, Mohcine Belabbas a tenu à rendre hommage aux générations qui ont permis l’émergence de notre Rassemblement grâce à leurs sacrifices et à leur esprit visionnaire avant d’inviter les militants présents à observer une minute de silence à la mémoire de tous les camarades de combat qui ont payé de leur vie leur engagement pour la liberté, la justice et la démocratie.

Au plan politique, le Conseil national du RCD constate que la plupart des secteurs vitaux de la vie nationale sont en proie aux désordres et aux contestations. En effet, la passivité coupable de la justice, les nombreuses grèves sans fin de filières entières dans l’enseignement supérieur (architecture, pharmacie, chirurgie dentaire, l’IAP, les Beaux-Arts…), les protestations de nombreux corps de la fonction publique ou la flambée des prix des produits de large consommation contrastent avec l’incapacité du gouvernement à formuler le moindre remède. La peur de tout mouvement de protestation et la panique du gouvernement à la moindre mobilisation sont visibles dans le refus du dialogue et les réactions de répression disproportionnées. La suspicion et, souvent, l’interdiction de toute activité publique non parrainée par les officiels sont devenues la règle.

Au plan économique, l’absence d’un cap de développement, longtemps masqué par des dépenses tous azimuts permis par un baril à 120 dollars, se révèle brutalement. En 2016, le déficit de la balance des paiements est de 27 milliards de dollars, le Fonds de régulation des recettes a chuté de 190 à 114 milliards de dollars et aujourd’hui le taux de chômage prend une ascension inquiétante. Le pari de ramener le déficit budgétaire évalué à 15% pour la loi de finances 2017 à l’équilibre en 2019 est une gageure. La volonté claironnée pour intégrer les activités informelles dans la sphère légale est démentie chaque jour et les projections d’un prix moyen du baril de pétrole à 60 dollars ne reposent sur aucune analyse sérieuse ; le ralentissement de la croissance mondiale et la reprise de l’exploitation du gaz de schiste aux Etats Unis constituent des tendances lourdes sans parler de la fragilité de l’accord OPEP.

Au sujet des élections législatives du 04 mai prochain, le Conseil national du RCD estime que le pouvoir fait tout pour éloigner les Algériens et les algériennes des urnes. Aux entraves administratives érigées pour la constitution des listes, le ministère de l’intérieur ne prend même plus la peine de répondre aux courriers de simple demande d’information au sujet de ce scrutin de la part d’organisations ou partis légaux. Il est vrai que dans ce registre de la démobilisation des citoyens, le président de l’instance de surveillance (HIIS), installé par ailleurs en violation de la loi a fait mieux : pour lui « il est impossible d’épurer le fichier électoral ». Pour alimenter un peu plus ce pessimisme ambiant, le ministre des ressources en eau et de l’environnement attend la veille des élections pour annoncer que son département prépare la révision à la hausse des tarifs appliqués aux ménages.

Pourtant, continuer à subir une politique qui marginalise le plus grand nombre pour le maintien des privilèges d’une minorité n’est pas une fatalité. Partout où les militants du RCD font campagne pour la collecte des signatures, ils constatent que les citoyens ne sont pas résignés. Ils cherchent les voies et les moyens de l’avènement d’une autre politique. Dans la campagne électorale qui s’annonce, le RCD a pour objectif de combattre la politique de démobilisation que le pouvoir sponsorise pour maintenir le statuquo. Il ambitionne de débattre avec les Algériennes et les Algériens autour d’un programme électoral qui peut permettre au pays d’amorcer un nouveau départ.

Alger, le 11/02/2017