Au RCD, on nourrit l’espoir que les élections législatives du 4 mai prochain «amorcent un règlement de la crise profonde de légitimité que connaît le pays». A la condition, estimait  hier vendredi, le président du parti dans son allocution d’ouverture de la 14e session ordinaire du conseil national, que «le pouvoir se résoud à ne pas triturer les résultats et à laisser les citoyens choisir librement leurs représentants». Et à Mohcine BELABBAS de considérer dans la foulée que la transition démocratique et pacifique, que de larges pans de l’opposition revendique depuis des mois, «ne procède pas de formalisme mais avant tout d’une volonté politique d’aller vers le règlement des problèmes»,  estimant que pour ce faire, «l’essentiel de l’opposition est prêt» et que «la balle est, une fois encore, dans le camp du pouvoir».

Un rendez-vous électoral auquel le parti a décidé de prendre part  au même titre que l’essentiel de la classe politique qui permettra de «confronter les différents programmes politiques et de tester notre popularité, peut être l’occasion d’impulser une dynamique de changement à la vie politique et institutionnelle». Cela dit, le président du RCD relèvera la «surmédiatisation de « la Haute instance de surveillance des élections, dont le président a été de surcroit installé en violation de la loi, jette plus de discrédit à cette structure qu’elle ne rassure les électeurs sur un processus déjà décrié, parce que organisé par un pouvoir exécutif qui affiche son mépris de l’opposition». Plus grave encore, poursuit BELABBAS, la structure chargée de cette organisation, à savoir le ministère de l’Intérieur qui se montre «incapable de donner suite à de simples courriers de demande d’information de la part de structures politiques ou sociales pourtant légales », ce qui selon lui,  «n’augure pas de transparence et de neutralité dans la compétition électorale».

Pour le président du RCD, «la précipitation de l’annonce de la rémunération des membres de cette instance de surveillance qui pour l’essentiel se recrutent dans la clientèle du régime est de ce point de vue édifiante sur la voracité des hommes du système y compris en période de crise aigüe et d’austérité imposée aux citoyens». Et de reprendre les raisons ayant poussé le parti à opter pour la participation à ces joutes électorales en ce sens, dira-t-il, qu’elles constitueront  une «opportunité de rendre visible l’opposition, de se doter d’une tribune pour exposer notre programme, de contribuer à l’élaboration d’une prise de conscience des périls qui nous assaillent et de rendre publiques les solutions que nous préconisons, leur calendrier d’exécution et leur mode opératoire. Au bout du compte c’est la construction de notre parti». Ceci en sus, relèvera-t-il encore, de la nouvelle dynamique organique ayant abouti à la réactivation des structures du parti à travers les 48 wilayas du pays. Ce qu’il qualifiera de «bon signe de santé organique du parti et de «résultat d’un engagement de nos militants des wilayas de l’intérieur qui, malgré les blocages et autres intimidations qu’ils subissent, se sont engagés dans la bataille». Et au président du RCD de promettre une campagne électorale lors de laquelle il s’agira de «poser les vrais problèmes et d’apporter les bonnes réponses au lieu de les fuir, les nier ou les compliquer, comme c’est le cas des tenants du pouvoir».

Une campagne expurgée des «slogans creux». «Nous n’abuserons pas le citoyen sur une fallacieuse réconciliation nationale qui a bâillonné les victimes et meurtri les mémoires». Une réconciliation «dépassée parce que nous l’avons matérialisée par des actions concrètes sans l’aide du pouvoir et de ses satellites. Pour nous, la réconciliation nationale prend appui sur la conférence de Mazafran du 10 juin 2014». BELABBAS dira également que son parti fera une campagne électorale «sur un programme et des propositions claires, assumées et réalisables» avec des «cadres locaux réunis le 03 février dernier qui savent qu’ils doivent compter sur notre collectif et les nombreuses sympathies qui nous entourent».Estimant que «seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas», le président du RCD promet de «mener la bataille de la sensibilisation, celle de la mobilisation et celle de la surveillance», ajoutant que «le résultat dépendra aussi des efforts fournis. Le RCD a toujours été et restera un parti qui sème l’espoir et l’ambition».

A.K.

Source:L’Est Républicain