« Je pense qu’il y a des conflits importants au sein du pouvoir en ce qui concerne les élections (présidentielles) de 2019 », a déclaré le président du RCD, ce vendredi 10 février, à la presse en marge de la réunion du Conseil national de son parti.

« Tout le monde sait que nous sommes dans un pays où personne ne peut deviner celui qui sera (élu) en 2019 et dans quelle situation sera le Président actuel, s’il va se représenter ou pas », a ajouté Mohcine Belabbas.

Le chef du RCD croit cependant que des « parties » tentent de se renforcer et de resserrer ses rangs « pour pouvoir peser lors de la prochaine présidentielle ».

Interrogé sur la participation du premier ministre aux prochaines élections législatives , le président du RCD dit ne pas avoir d’informations sur le sujet. « Mais j’ai entendu parler de forces qui tentent de le pousser à se présenter (aux législatives) » notamment « pour l’empêcher de se présenter aux élections de 2019 », suggère-t-il.

Dans son intervention devant les membres du Conseil national, Mohcine Belabbas est revenu sur la crise que traverse actuellement le pays qui est « porteuse de désordre et d’anarchie », selon lui.

« Elle fait peser une lourde menace sur notre vivre ensemble jusqu’à notre souveraineté. La gravité de la situation économique doit nous inquiéter au plus haut point. Tous les clignotants sont au rouge », a prévenu le président du RCD.

« Le nombre des détenus sans cesse croissant »

Mohcine Belabbas a rappelé les « violations des droits de l’homme ». « Des activites  politiques et autres blogueurs sont interpellés et jetés en prison pour de simples publications sur les réseaux sociaux. Les violences politiques, les pressions et le chantage à l’encontre des citoyens sont quotidiens. Le nombre de détenus sans cesse croissant pour délit d’opinion ou pour une simple appartenance à un courant politique plonge le pays dans l’arbitraire et la peur », a-t-il affirmé.

Pour lui, les problèmes politiques que connaît aujourd’hui le pays n’épargnent même pas les partis et organisations du pouvoir. « Les partis du régime et toutes les organisations sociales qui lui sont inféodées sont à leur tour atteints. Ils sont en proie à des convulsions et à des contradictions internes parce que soumis à des centres de décisions en décomposition », a indiqué Mohcine Belabbas.

Alors que certains dirigeants sont « tétanisés » par l’ampleur des problèmes, d’autres « tapis dans l’ombre les exploitent », selon le président du RCD qui rappelle les violences  enregistrées au début janvier notamment à Béjaïa en estimant qu’il s’agit d’un « aperçu de la tentation du pire ». « Le refus de dialogue des officiels avec la classe politique (…) contraste avec la médiatisation des audiences qu’ils accordent à des responsables de partis politiques étrangers », a-t-il lancé.

« La frilosité de la diplomatie algérienne »

Mohcine Belabbas a estimé que les « sorties sur le terrain des ambassadeurs américains, français et anglais sont aujourd’hui plus visibles que celles effectuées par nombre de ministres ». « Les enquêtes des parlementaires français  sur la situation de notre pays sont réalisées avec l’assistance de dirigeants algériens pendant que les parlementaires nationaux sont invisibles, inaudibles et inopérants », a-t-il relevé.

Le président du RCD a également critiqué l’absence de réaction de la diplomatie algérienne notamment après l’affaire du ressortissant algérien retenu dans un aéroport américain. « La frilosité de la diplomatie algérienne à réagir face aux traitements infligés à des nationaux dans les pays étrangers comme lors du dernier pèlerinage à la Mecque ou plus récemment par les USA à un des nôtres au niveau d’un aéroport américain est symptomatique de la déliquescence institutionnelle », a-t-il souligné.

 

Hadjer Guenanfa

Source TSA Algérie, 11/02/2017