Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), via son aile féminine, appelle les Algériennes à “s’impliquer” dans les campagnes électorales et les élections de cette année, pour la prise en charge de leurs revendications. Dans un communiqué parvenu hier à la rédaction, les femmes démocrates du RCD (FD-RCD) se disent convaincues, en effet, que seule “la mobilisation” est payante, car elle permettra aux citoyens, quel que soit leur sexe, de garantir, voire protéger, leurs droits.
Pour rappel, c’est en mai 2016 que le conseil national des FD-RCD est né. Le président du parti, Mohcine Belabbas, avait alors rappelé les limites de la “politique volontariste” censée faire “émerger les femmes dans la vie politique”. Selon lui, le moment était venu pour les militantes du RCD d’investir “à leur manière le terrain des luttes quotidiennes”.
Conscient que les femmes, marginalisées et exclues des centres de décisions, sont “plus vulnérables”, et que leur combat pour l’émancipation doit s’élever au-dessus de la “simple amélioration de leur condition”, M. Belabbas avait annoncé la double mission de la nouvelle structure féminine du RCD, à savoir : promouvoir “le rôle des femmes dans le parti” et multiplier “les facteurs d’une participation plus active à la vie et à la prise de décision politique”, en ajoutant à l’adresse des militantes : “Vous devez organiser les femmes et donner de la visibilité à leur engagement social et politique, face aux choix et aux orientations antidémocratiques du pouvoir. Vous devez, par votre combat, contribuer à créer les conditions pour que les femmes puissent effectivement participer pleinement à la vie sociale et politique de leur pays.” Depuis cette date, le conseil national s’est attelé à mettre en place des structures régionales, ainsi que les activités organiques du mouvement, afin d’élargir son audience.
Dans leur communiqué d’hier, les FD-RCD ont informé de la tenue d’une conférence-débat, le 17 décembre dernier, à Béjaïa, et de la rencontre, le 28 décembre, à Tamanrasset. Les discussions ont porté sur les violences subies par les femmes, au sein de la famille, au travail, dans la rue et les transports publics, mais aussi sur “les contradictions fortes” qui animent la société, exacerbées par le système éducatif, l’encouragement de “valeurs étrangères” à l’identité nationale et l’incapacité des femmes à “dessiner de façon autonome leur avenir et celui de leurs enfants”. Il a été question également des “fondements” et des “objectifs” de la nouvelle organisation du RCD, soucieuse de la participation féminine dans “les luttes démocratiques” et sur la volonté du RCD de “renforcer le leadership féminin”, à travers la création de son aile féminine. Concernant “les politiques d’austérité”, à l’origine d’importantes réductions d’emplois dans la fonction et les services publics, les FD-RCD ont indiqué que les femmes sont “les plus menacées”, en raison de leur forte présence dans l’enseignement, la santé et les services sociaux.
Elles ont également observé que “le climat d’émeute entretenu par les injustices et une politique antisociale, voire antinationale (…) témoignent d’une gouvernance qui mise sur les peurs, faute de ne plus pouvoir mobiliser les énergies dans un projet national rénovateur”. Pour ces militantes, “les espaces publics, livrés à la délinquance et à une misogynie étouffante, ne sont pas des erreurs de casting ; ils participent à freiner et polluer les luttes et revendications démocratiques”.

Hafida Ameyar

Liberté, 16 Janvier 2017