Me Nora Ouali, élue RCD à l’APW de Béjaïa et coordinatrice régionale des femmes démocrates (CR/FD/RCD), a animé, samedi, une conférence-débat à la grande salle de la bibliothèque communale d’El-Flaye, dans la daïra de Sidi-Aïch. À l’occasion, l’oratrice, qui est intervenue devant une assistance nombreuse, composée essentiellement de femmes cadres, militantes et sympathisantes de l’organisation féminine créée par le parti de Mohcine Belabbas, a invité la gent féminine à s’impliquer davantage dans la vie politique afin de conquérir plus d’espace aussi bien dans les instances élues que dans les institutions de l’État. “C’est la seule manière, d’ailleurs, de s’imposer dans la société et d’arracher plus d’acquis démocratiques”, a-t-elle soutenu.
Évoquant la question des quotas de femmes dans les institutions élues, Me Ouali rappellera que “sur les
462 sièges que compte l’Assemblée populaire nationale, seuls 146 sont occupés par des femmes. Il est donc impératif de réclamer la suppression de cette loi scélérate qui fait obligation à toute liste électorale d’avoir 30% de femmes sur l’ensemble des candidats de chacune de ces listes. Nous voulons une parité hommes-femmes, car c’est ainsi que nous pourrons espérer une majorité au sein de cette assemblée qui légifère. Ne comptons plus sur les décideurs”. Me Ouali, également membre du conseil national du RCD, est revenue sur le statut de la femme et a dénoncé le code de la famille. “Nous, les femmes démocrates algériennes, exigeons l’abrogation du code de la famille et l’égalité des sexes. Nos aînées étaient aux côtés des hommes durant notre glorieuse Révolution, aujourd’hui encore, nous démontrons au quotidien nos capacités d’égaler le sexe masculin. Nous sommes la moitié de ce peuple, nous ne voulons plus être des mineures à vie !”, a lancé la conférencière, qui reviendra sur la naissance de la Coordination nationale des femmes démocrates qui, selon elle, deviendra un espace de débat libre, mais aussi un cadre de lutte pour toutes les femmes qui se battent pour l’abrogation du code de la famille, jugé “restrictif” pour la femme algérienne. C’est dans cette optique, expliquera-t-elle, que le RCD s’est doté d’une dizaine de coordinations régionales de femmes démocrates, à l’échelle nationale. “Le but de notre parti est d’arriver à installer des coordinations régionales à travers l’ensemble du pays et donner ainsi la possibilité à toutes les femmes, où qu’elles se trouvent, de lutter pour leur émancipation”, a-t-elle précisé, avant de rappeler que “notre pays a ratifié toutes les conventions internationales, à commencer par celle relative aux droits de l’Homme. Néanmoins, nous constatons aujourd’hui sur le terrain que ces conventions sont loin d’être appliquées chez nous.
Je dirais même plus, elles sont violées par les dirigeants pour faire plaisir aux islamo-conservateurs ! C’est la raison pour laquelle, je vous exhorte à lutter davantage pour ne plus dépendre d’un tuteur”.

KAMAL OUHNIA

Liberté, 23 janvier 2017