Le RCD a estimé que “les Algériennes et les Algériens vivent dans la peur que leur avenir ne soit pas déterminé par des décisions rationnelles, mais par les soubresauts chaotiques d’un système politique que tout destine à la ruine”.

Le secrétariat national du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui s’est réuni vendredi dernier à Alger en session mensuelle ordinaire, a relevé, dans un communiqué rendu public, “la panique générale” et “les couacs récurrents dans les institutions et au sein du personnel politique”.
Pour preuve, note le RCD, le pouvoir a sournoisement affiché sa volonté “d’impliquer et d’instrumentaliser la rue. Le recours à l’émeute, en particulier dans les wilayas de Béjaïa et de Bouira, n’est pas une réaction spontanée à une injustice, mais il relève d’un processus certes initié par des appels anonymes, mais relayé par d’autres sources parfaitement identifiables et nourri par des défaillances institutionnelles graves”. Pour le RCD, et pour une première, le système “n’a pas mobilisé des baltaguis pour saborder des manifestations pacifiques. On a simplement intimé l’ordre d’allumer des mèches après avoir préparé le terrain à la violence”. Pour ce parti, le système politique “autiste” n’a pas capitalisé les expériences du passé, citant notamment “l’abandon de l’école à l’intégrisme que le peuple algérien a payé cash, une première fois, dans les années 90”. Tout en exprimant son inquiétude face à cette situation explosive, le RCD a estimé que “les Algériennes et les Algériens vivent dans la peur que leur avenir ne soit pas déterminé par des décisions rationnelles, mais par les soubresauts chaotiques d’un système politique que tout destine à la ruine”. Le RCD estime que “le pire n’est pas inévitable”. Pour ce parti, “il revient, en premier lieu, au pouvoir de répondre aux nombreux appels et initiatives que les acteurs de l’opposition n’ont cessé de renouveler (…) Les prochaines élections législatives peuvent constituer un signal à la condition de respecter le vote des électeurs”.
Par ailleurs, lors d’une conférence débat, hier, à Bouira, le RCD a estimé que la violence du système a déteint sur la société. En effet, pour Brahim Sahraoui, cadre du parti, qui animait avec Me Aït Mimoun, secrétaire national chargé de l’animation des BR, la conférence sous le thème “Algérie : impasse politique. Quelle alternative ?”, “il y a un marasme et une crise aiguë, parce que les problèmes que vit le pays sont multidimensionnels. Comment comprendre qu’un appel anonyme à la grève ait été suivi massivement et pourquoi y a-t-il eu violence ? Parce qu’il concerne le quotidien et le vécu des citoyens et qu’il y a un sentiment de ras-le-bol général. Et pourquoi y a-t-il eu tant de grèves ces dernières années ? Parce que les gouvernants ne peuvent rien faire, sauf agir par la violence et transmise à la société”. Et de dénoncer : “Les conflits interethniques (sont) entretenus et nourris, alors que l’urgence nous recommande de les régler. La nation est menacée dans son unité, et il y a des régions qui demandent clairement la sécession.” De son côté, Me Mohamed Aït Mimoun répondra à Ahmed Ouyahia qui a accusé l’opposition d’être stérile en matière d’alternative en précisant que le RCD a bel et bien proposé un projet d’alternative, documents à l’appui : “Nous sommes allés jusqu’à solliciter toute l’opposition pour élaborer la plateforme de Mazafran qui consacre effectivement les fondements d’un État démocratique dont les émanations principales sont les déclarations du 1er Novembre et du Congrès de la Soummam.”

BELGACEM/F. Haddouche

Liberté, le 08/01/2017