Le RCD estime que la situation politique du pays va de pis en pis.

Il assure que l’échec de la gouvernance algérienne est «patent». Dans un communiqué sanctionnant la réunion de son secrétariat national, cette formation de l’opposition, qui a décidé de prendre part aux prochaines élections législatives, fait état de la fragilité de la paix sociale et de la stabilité du pays.

Pour ce parti, dirigé par Mohcine Belabbas, l’image «rassurante» d’un système politique qui distribue la rente à sa guise et nargue tous ses contradicteurs n’a pas survécu à la première embûche. «La panique est générale. Les couacs récurrents dans les institutions et au sein du personnel politique témoignent de profondes luttes d’intérêts entre les différents segments du pouvoir», a soutenu l’instance dirigeante du RCD.

Instrumentalisation de la rue

Les derniers événements de Béjaïa et les tentatives de semer le chaos dans la région sont, pour ce parti, une forme de démonstration de ces luttes. «La preuve est, cette fois-ci, administrée par la volonté de certains d’impliquer et d’instrumentaliser la rue. Le recours à l’émeute, en particulier dans les wilayate de Béjaïa et de Bouira, n’est pas une réaction spontanée à une injustice mais il relève d’un processus, certes initié par des appels anonymes mais relayé par d’autres sources parfaitement identifiables et nourri par des ‘‘défaillances’’ institutionnelles graves», a affirmé ce parti qui précise que «contrairement aux fois précédentes, on n’a pas mobilisé aujourd’hui des baltagui pour saborder des manifestations pacifiques, on a simplement intimé l’ordre d’allumer des mèches après avoir préparé le terrain à la violence».

Le RCD regrette que «l’abandon de l’école à l’intégrisme que le peuple algérien a payé cash, une première fois dans les années 1990, n’ait même pas servi de leçon à une gouvernance autiste». «Aujourd’hui, estime ce parti, la sphère commerciale est aux mains des barons du bazar et de l’informel et les orientations économiques sont en passe d’être dictées par une clientèle guidée par l’étendue du gâteau à partager.»

Grandes peurs

Le RCD considère qu’«au-delà des incertitudes de la conjoncture économique et politique et des peurs légitimes que cela suscite au sein de larges couches de la population quant à maintenir un minimum de conditions de vie décente et les inquiétudes qui rongent les plus jeunes quant à leur avenir, les Algériennes et les Algériens vivent dans la peur que leur avenir ne sera pas déterminé par des décisions rationnelles mais par les soubresauts chaotiques d’un système politique que tout destine à la ruine».

Cette formation politique, qui réclame depuis des années une transition démocratique, a rappelé avoir alerté sur l’exigence vitale de «l’avènement d’un processus politique pacifique et démocratique redonnant la souveraineté au peuple algérien» et considère que «le pire n’est pas inévitable». «Il revient en premier lieu au pouvoir de répondre aux nombreux appels et initiatives que les acteurs de l’opposition n’ont cessé de renouveler», a indiqué le secrétariat national du RCD pour lequel les prochaines élections législatives constituent une bonne opportunité pour un nouveau départ. Pourvu que le pouvoir ait la volonté d’aller vers un changement politique salvateur pour le pays.

Congrès

«Les prochaines élections législatives peuvent constituer un signal à condition de respecter le vote des électeurs. Cela peut ouvrir la voie au débat et à l’implication des citoyens pour décider de leur avenir», a souligné le RCD qui a par ailleurs annoncé la tenue de son congrès ordinaire les 30 juin et 1er juillet de l’année courante.

Le RCD a indiqué que le secrétaire national aux relations avec les institutions «a rendu compte des suites données au dépôt de la demande de réservation de la salle du complexe olympique Mohamed Boudiaf (la Coupole) pour les besoins de ce congrès». Le RCD a souligné qu’«à ce jour, aucune réponse ne lui a été communiquée». Selon la direction du complexe, «la demande est toujours à l’étude au niveau du cabinet du ministre de tutelle».

Mokrane Ait Ouarabi

                                 El Watan, le 08/01/2017