Écrit par  Rachid Bouarroudj

La réunion de son secrétariat national, convoqué vendredi en session mensuelle ordinaire, a été l’occasion pour le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de faire le point sur l’actualité sociopolitique du pays, marquée en ce début d’année par les violences qui ont émaillé la grève des commerçants, principalement à Béjaïa et à Bouira.

Des émeutes qu’il a attribuées, dans un communiqué rendu public hier, à des «défaillances institutionnelles graves», qui ont nourri «une sphère commerciale aux mains des barons du bazar et de l’informel». Le RCD, dans son compte rendu des principaux points discutés par son secrétariat national, estime encore que «sur le plan politique, l’échec de la gouvernance est patent». S’attardant sur les événements qu’ont connus les deux wilayas, il écrit que «les couacs récurrents dans les institutions et au sein du personnel politique témoignent de profondes luttes d’intérêts entre les différents segments du pouvoir ; avec pour preuve […] administrée par la volonté de certains d’impliquer et d’instrumentaliser la rue». «Le recours à l’émeute, en particulier dans les wilayas de Béjaïa et de Bouira, n’est pas une réaction spontanée à une injustice, mais relève d’un processus, certes initié par des appels anonymes mais relayés par d’autres sources parfaitement identifiables», écrit-il. «[…] On a simplement intimé l’ordre d’allumer des mèches après avoir préparé le terrain à la violence», poursuit-il, non sans établir un parallèle avec «l’abandon de l’école à l’intégrisme que le peuple algérien a payé cash, une première fois, dans les années 1990», ce qui «n’a même pas servi de leçon à une gouvernance autiste». Mais, tempère le RDC, «le pire n’est pas inévitable». Et d’ouvrir une brèche sur sa participation aux élections législatives à venir, qu’il avait déjà annoncée en octobre dernier lors de son conseil national, affirmant avoir «à maintes reprises alerté sur l’exigence vitale de l’avènement d’un processus politique pacifique et démocratique qui redonne la souveraineté au peuple algérien». «Il revient en premier lieu au pouvoir de répondre aux nombreux appels et initiatives que les acteurs de l’opposition n’ont cessé de renouveler […] A ce sujet, les prochaines élections législatives peuvent constituer un signal à la condition de respecter le vote des électeurs. Cela peut ouvrir la voie au débat et à l’implication des citoyens pour décider de leur avenir». Par ailleurs, le RCD a fait savoir que le secrétaire national aux relations avec les institutions a rendu compte des suites données au dépôt de la demande de réservation de la salle du complexe olympique Mohamed-Boudiaf (la Coupole), le 4 décembre 2016, à l’effet de l’organisation du congrès ordinaire du parti, les 30 juin et 1er juillet prochains.
«A ce jour, aucune réponse ne lui a été communiquée. Selon la direction du complexe, la demande est toujours à l’étude au niveau du cabinet du ministre de tutelle», informe-t-il.

Reporters, le 08/01/2017