Le Secrétariat national du RCD a tenu sa réunion mensuelle le 09 décembre à Alger. Il a évalué les sorties organiques de ses membres sur différentes wilayate du pays et le bilan du campus jeunesse qui s’est tenu les 17,18 et 19 novembre à Souk Lethnine dans la wilaya de Bejaia. L’instance exécutive du parti a retenu les dates du 30 juin et 01 juillet 2017 pour la tenue du congrès ordinaire comme proposition à soumettre au prochain Conseil national et elle a passé en revue les lignes directrices du programme électoral pour la campagne des prochaines élections législatives.
Au sujet de ce rendez-vous électoral, le RCD réitère sa conviction que seules des consultations populaires libres peuvent amorcer le dénouement de la crise de légitimité et de crédibilité qui plombe le pays. Les velléités de constituer des réservoirs de voix, en utilisant des listes transmises par l’Armée et les services de sécurité, dans différentes régions du pays sont avérées. Elles serviront à gratifier des acteurs politiques adoubés par des chapelles. Cette démarche est aux antipodes de l’urgence d’un redressement national qui passe par un nouveau départ.
Dans ce sens, le Rassemblement constate que la crise financière qui affecte les recettes de l’Etat ne finit pas de montrer au grand jour l’échec d’une gouvernance sans ambition pour le pays. Les orientations de la Loi de Finances 2017 qui fondent la recherche de l’équilibre budgétaire sur des charges supplémentaires pour les salariés, les petits entrepreneurs et commerçants, des coupes sombres dans l’investissement et les équipements et le maintien intact d’une jungle de dérogations fiscales et du train de vie de l’Etat, sont la marque d’une politique qui sanctionne les couches précaires et approfondit le divorce entre l’Etat et les citoyens. C’est, au demeurant, ce que confirment les mesures unilatérales sur le dossier des retraites du régime général. L’amendement de dernière minute apporté pour le maintien temporaire du droit au départ à la retraite après 32 années de service sans condition d’âge démontre qu’un tel dossier doit être traité dans sa globalité et avec tous les partenaires économiques et sociaux représentatifs, à commencer par ceux qui contestent ce fait du prince. Les résolutions de l’Intersyndicale qui consistent à prendre acte de cette mesure temporaire avant d’envisager de relancer le mouvement de protestation sont à saluer et démontrent que la seule voie possible est le dialogue le plus large avant de légiférer sur un dossier aussi sensible. Par contre, par son attitude qui consiste à utiliser les revendications des salariés du secteur industriel pour contester les staffs dirigeants des entreprises et empêcher toute jonction avec les autres syndicats, la direction de l’UGTA confirme, une fois de plus sa soumission au pouvoir exécutif.
Sur un autre plan, le spectacle offert aux délégations africaines lors de ce qui devait être un Forum africain pour l’investissement révèle la déliquescence éthique et le discrédit qui affectent les institutions. On ne peut nourrir l’ambition de conquérir le marché africain si la prédation, l’accaparation de la commande publique et la corruption rythment la vie économique du pays. Pourtant l’Algérie a tant besoin d’affirmer enfin son ancrage continental au lieu de poursuivre la chimère d’un espace arabo-musulman, virtuel, dominé par les considérations idéologiques au service de monarchies rétrogrades et de dictateurs soumis à la spéculation financière mondiale.
Enfin, le SN du RCD qui a alerté à maintes reprises sur la situation des détenus de la vallée du M’Zab dénonce le traitement policier infligé à la région. La neutralisation des acteurs politiques, connus et reconnus par les populations, par le moyen d’accusations infondées ne pouvait qu’ouvrir la voie aux manipulations et aux dérives. Le RCD interpelle une fois de plus l’autorité en charge de ce dossier pour décréter des mesures d’apaisement en faveur des détenus politiques et d’amorcer un dialogue pour la recherche de solutions durables au drame vécu par la région. En ce 68ème anniversaire de la journée internationale des droits de l’homme, le pays cumule, encore, entraves à la liberté d’organisation et de manifestations, répression, parodies de procès judicaires, atteintes aux droits sociaux et discriminations. Le traitement infligé aux migrants africains n’est digne ni des principes universels des droits de la personne humaine ni de notre histoire.
Le Secrétariat National du RCD
Alger le 10 décembre 2016