Résolution du Conseil national des Femmes démocrates du RCD (FDRCD)

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Le conseil national des femmes démocrates du RCD, s’est réuni en session ordinaire le vendredi 30 septembre 2016 à Alger. Il a mis à son ordre du jour dans cette première réunion après le congrès de fondation : la structuration et les activités organiques du mouvement, la situation sociopolitique du pays et les questions liées à la place de la femme.
Au plan organique, le Conseil national se félicite de l’écho suscité par notre initiative d’offrir un cadre d’organisation aux femmes démocrates et à toutes celles qui considèrent que l’émancipation de la femme passe par le combat, l’organisation et une visibilité dans les luttes de tous les jours. C’est ainsi que le Conseil national a procédé à l’évaluation de l’état organique et a décidé de donner la priorité à l’installation des coordinations régionales en vue d’assoir et d’élargir l’audience de notre organisation. Pour ce faire un programme de sorties sur le terrain et de réunions a été arrêté en vue de préparer ou de doter les wilayas d’une instance qui prend en charge la sensibilisation et la mobilisation des femmes autour de leurs revendications.
Sur ce registre, les femmes démocrates du RCD considèrent que l’autoritarisme du pouvoir s’exerce doublement à l’endroit des femmes. Aux atteintes aux droits de l’homme, l’instrumentalisation de la justice et les inégalités sociales, de plus en plus insupportables, s’ajoutent le maintien d’un code de la famille qui codifie l’infériorité de la femme qui l’a renvoie au banc de la société voire aux pratiques moyenâgeuses.
Dans ce sens, le quotidien est meublé par le cri des femmes violées ou violentées physiquement ou verbalement. La société qui voit en elles le maillon le plus faible est encouragée par l’indifférence et l’effroyable bigoterie ambiantes installées par un système politique qui a brouillé tous les repères et banalisé toutes les formes de violences par la promotion de l’argent et la pollution des valeurs universelles de l’humanisme. Amina Mébaret, brulée vive à Constantine n’est pas la victime de la folie passagère d’un homme mais d’un système où l’école et les espaces publics désignent la femme comme le mal absolu. Dans ces conditions, les feux de la haine ne touchent pas que les femmes, mais aussi les enfants, lesquels sont victimes d’une idéologie d’une école sinistrée et d’adultes encouragés par de multiples impunités : agressions, kidnappings, abus sexuels, assassinats d’enfants tendent à devenir des banalités qui envahissent l’espace médiatique. A quel avenir peut aspirer une communauté humaine où les enfants ont peur de vivre leur enfance et les femmes leur féminité ?
Les velléités de réformes sans la volonté politique de construire un projet social de progrès ne peuvent être qu’un saupoudrage de circonstance. L’abrogation du code la famille, la fin de la discrimination sexiste à l’école et la protection des enfants sont des préalables pour libérer la femme algérienne et construire une société de production et de justice tournée vers l’avenir.
Pour les Femmes Démocrates du RCD, l’impasse politique est d’abord l’échec d’un système construit autour de la confiscation de la citoyenneté algérienne. Fraudes électorales, discriminations sexistes et régionalistes, passe-droits et corruption à grande échelle sont inséparables. La faillite économique qui se profile à l’horizon avec son lot de chômage, de restriction de l’accès au logement, de coupes dans l’éducation, de dégradation des services sociaux et sanitaires, augure d’une situation plus difficile pour les catégories sociales les plus fragiles dont les femmes.
Pourtant le sort que fait subir au pays un système politique bâti sur l’exclusion et la répression n’est pas une fatalité. En cette veille du 05 octobre, la révolte et les lourds sacrifices de la jeunesse algérienne en 1988, interpellent toutes les consciences. Mais pour que leur « don de soi » ne soit pas vain, pour que ne soit pas vain le « don de soi » des enfants de 2001, pour que les idéaux d’Avril 80 et ceux de La Soummam triomphent enfin, notre responsabilité est de réunir le plus grand nombre pour un changement pacifique et démocratique. Les Femmes démocrates du RCD prendront leur part.
Alger, le 30/09/2016
Femmes démocrates du RCD (FDRCD)