Une police politique cache une autre

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Un traitement plus qu’humiliant vient d’être infligé à un parlementaire. En effet selon la presse, un député de la majorité parlementaire est sorti traumatisé et physiquement marqué du fameux centre Antar de l’ex DRS. Motif : un entretien qu’il a accordé au journal électronique TSA. Depuis, sa famille subit les classiques recettes de la police politique : représailles fiscales, intimidations, menaces …

L’absence de réaction de la part de sa formation politique dont le secrétaire général a bâti sa communication sur les dérives de la police politique et la dissolution du DRS rappelle que l’Etat civil tant chanté est illusoire. Pire encore, le silence de l’Assemblée nationale, groupes parlementaires compris, aggrave le discrédit d’une institution déjà en mal de légitimité.

Sur un autre plan mais dans le même registre de la restriction des libertés, la justice algérienne si frileuse dans les affaires de corruption qui gangrènent les institutions se rattrape pour museler la vie publique.

Dans l’affaire dite El Khabar, ceux qui misaient sur l’amateurisme dans les procédures de saisine par les avocats du ministère de la communication pour déduire qu’il s’agissait d’une initiative isolée et prise à la hâte ont eu pour leur compte. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une attaque contre la ligne éditoriale du journal arabophone. Le maintien sous mandat de dépôt de Benaïssa Hatem Mehdi, Hartouf Mohamed Ryad, Nedjaï Mounia après l’annulation du contrat de cession d’action au profit de l’entreprise NESPROD est un avertissement de plus pour tous ceux qui seraient tentés de ne pas se conformer aux désidératas des faiseurs de rois. L’escalade dans l’arbitraire, l’abus d’autorité et les dénis sont également illustrés par la mise sous contrôle judiciaire de Maitre Dabouz Salah, Avocat et président de la LADDH.

Moins médiatique est le traitement infligé à deux cadres du RCD, Nacereddine Hadjadj et Noureddine Kerrouchi en détention provisoire depuis une année. Le pourvoi en cassation dans l’affaire du secrétaire national de notre parti reste sans aucune suite. La cour suprême a ordonné le 05/04/2016 le dessaisissement de la procédure pendante par devant la cour de Ghardaïa au profit de la cour de Médéa. Son transfert à la maison d’arrêt de Médéa participe de la volonté de prolonger sa détention arbitraire. De même le complément d’information ordonné depuis le 23/02/2016 dans la procédure criminelle diligentée en l’encontre de Kerrouchi Noureddine ne voit toujours pas le jour.

Le RCD constate que les promesses et discours du chef de l’Etat, le tapage qui a accompagné la nouvelle constitution et les réorganisations opérées dans les organes de sécurité ne semblent être que des artifices de communication destinés à dépasser une mauvaise passe.

Fidèle à ses principes de liberté et de justice qui fondent son combat et son action, le RCD condamne la poursuite de pratiques qui ont menées le pays à la dérive. L’arbitraire, le bâillonnent des libertés, l’impunité et l’injustice ne peuvent constituer un programme politique. Bien au contraire, ils ouvrent la voie à l’aventure.

Alger, le 15/07/2016

Le RCD