FONDEMENTS ET PRINCIPES DU RCD

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Après une vingtaine d’années et malgré d’énormes difficultés, de menaces, de pressions, de diffamations et d’assassinats de ses militants, le RCD est devenu un acteur incontournable de la scène politique algérienne.
Tiré des profondeurs historiques du pays qui ont permis à la nation de survivre aux conquêtes, aux éclipses et à tant d’agressions, le message du Rassemblement reflète fidèlement l’âme, l’identité et les aspirations du peuple algérien au progrès, à la justice et à la liberté.

Moderne sans renier notre passé ; ouvert au dialogue fécond des civilisations sans tomber dans le mimétisme; tolérant sans trahir ses convictions ; généreux, rigoureux, solidaire tout en appelant chacun à l’effort individuel ; attaché à nos valeurs tout en invitant la société algérienne à s’affranchir des pesanteurs, des archaïsmes et des féodalités qui l’étouffent, le RCD incarne l’espoir démocratique pour tout un peuple.

Libérer l’expression citoyenne pour en mobiliser les énergies créatrices, telle est la vocation de notre formation qui aspire à traduire en l’actualisant aux besoins et au savoir actuels le combat libérateur.

Conscient à la fois de sa mission fondatrice, de ses devoirs envers toutes celles et tous ceux qui ont placé leur confiance en lui, le RCD a brisé des tabous, contribué à libérer la société de la peur et ressuscité l’espoir par l’anticipation des solutions adossées à des principes intangibles.

1. La République

En Algérie, l’option républicaine tire sa légitimité de l’engagement solennel des acteurs de la libération nationale de fonder «un Etat démocratique et social», loin de toute « théocratie révolue».

2. Le principe d’égalité

Constitutive de la pratique sociale algérienne, l’égalité fonde le pacte civil qui régit la république et garantit la citoyenneté. Consacré par la constitution, le principe d’égalité entre les citoyens et notamment entre femmes et les hommes se heurte souvent aux dérives patrimoniales et népotiques des institutions. Le code la famille qui renie l’engagement des Algériennes dans le combat libérateur et les luttes démocratiques doit être abrogé.

3. Le principe de souveraineté

La souveraineté nationale fonde l’émergence de la nation algérienne dans l’histoire contemporaine. Pierre angulaire de la République, la souveraineté suppose un fonctionnement social reposant sur l’arbitrage de la règle de droit qui prime sur la force. Dans notre pays, l’absence de légitimité des institutions mutile la souveraineté de l’Etat.

Les fraudes électorales massives et récurrentes qui ont prévalu depuis l’indépendance ont perverti le suffrage universel et confisqué la souveraineté nationale.

4. Les principes de laïcité et de modernité politique

La laïcité est le mécanisme politique moderne qui aménage les rapports entre Etat et religion. Loin d’être un rejet de la religion, le principe de laïcité garantit les libertés de conscience et de culte. Il permet d’affranchir la religion de la tutelle de l’Etat pour la restituer au champ de la foi .Elle organise la coexistence pacifique entre les différents cultes. Ce vécu est une donnée socio-culturelle largement répandue dans les pays d’Afrique du nord. De nos jours, les sociétés rurales s’organisent toujours dans la séparation sereine des pouvoirs du chef du village et ceux du responsable religieux

5.  La démocratie

Mise en œuvre depuis des temps immémoriaux dans nos contrées, la démocratie doit se décliner dans le fonctionnement de l’Etat. Seul un gouvernement légitime peut défendre et promouvoir l’intérêt général et consacrer la démocratie républicaine. L’autonomie individuelle est au centre de la problématique démocratique. Les libertés d’expression et d’organisation, le libre et égal accès à l’information, à l’instruction et à la culture sont des garants de l’émancipation du citoyen et de son libre arbitre.

6. L’Etat de droit et la justice

L’Algérie officielle évolue de plus en plus en marge du droit et des principes démocratiques. La Constitution est violée en fonction des conjonctures et des intérêts des castes au pouvoir.

La justice algérienne doit être au service de l’Etat de droit. En attendant de voir le système éducatif réhabilité dans sa mission de formation citoyenne et de production d’élites capables d’assumer une justice indépendante, l’institution judiciaire doit bénéficier d’une politique de mise à niveau périodique de ses membres.

7. La citoyenneté

La citoyenneté est la liberté reconnue à l’individu-citoyen de participer à la vie politique, à la gestion des affaires publiques et à leur contrôle.

Dans notre pays, l’exercice de la citoyenneté est fortement contrarié par les abus d’autorité,  la fraude électorale et la misère sociale. Cette situation provoque une réaction qui se traduit notamment par l’abstention massive de tous les scrutins.

8. Le pluralisme

L’épanouissement des valeurs citoyennes est tributaire de la consécration du pluralisme auquel le RCD a payé un lourd tribut. Pluralisme, liberté de presse et déontologie sont les sentinelles de la démocratie. La reconnaissance formelle du multipartisme de 1989 n’a pu réhabiliter l’Etat car elle n’a pas été accompagnée d’une consécration de l’alternance. La diversité politique, culturelle et linguistique est une des caractéristiques de l’Algérie. Son respect est une condition de la cohésion, de l’harmonie et de l’émancipation de la collectivité nationale.

9. Les droits de l’homme

Initiée à l’ère du parti unique par les militants fondateurs du RCD, la lutte pour le respect des droits de la personne humaine reste une préoccupation actuelle tant ceux-ci continuent de subir un dictat du pouvoir autoritaire générateur de multiples autres formes de violences.

Le RCD est un parti social-démocrate. Il fonde son projet sur le respect et l’universalité des droits de l’homme et du citoyen. Il proclame notamment son attachement à la liberté de conscience, à la laïcité de l’Etat et de l’école et au refus de toute discrimination de sexe, de race, de conviction philosophique ou religieuse ou de choix personnel de vie.

Le RCD agit pour concrétiser, dans la réalité et le droit positif algériens, les droits sociaux et économiques consacrés par le droit international, notamment les droits à la santé, au travail et au logement.

Le RCD considère que les droits à la culture, à l’information, à l’enseignement et à l’usage professionnel de la langue maternelle sont à la base de toute avancée du processus de démocratisation.

Le RCD milite pour que l’Etat algérien respecte les traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme et lève toutes les réserves qu’il y a opposées.

Le RCD milite pour l’abolition de la peine de mort.

Le RCD milite pour que les pouvoirs publics algériens et la communauté internationale élaborent de nouveaux instruments juridiques permettant d’appréhender les nouvelles formes de violations massives des droits humains commises par les Etats ou les groupes non étatiques.

10. La bonne gouvernance

Le monde est en train de vivre des transformations fondamentales sous le quadruple effet de la révolution de l’information et de la communication, de l’intensification des échanges économiques, de la libéralisation des sociétés et de l’explosion de la production des biens et des services.

En matière de gouvernance, le gouvernement algérien entend régler les problèmes d’aujourd’hui et de demain avec des méthodes obsolètes où l’opacité hypothèque toute forme de développement.

Le RCD considère que l’émergence d’une culture de la bonne gouvernance est subordonnée à l’éradication de la fraude électorale.

11. La régionalisation

Dans la perspective d’une bonne gouvernance, le système institutionnel algérien ne doit plus s’appuyer sur le modèle central, hérité de l’administration coloniale, mais sur celui de la territorialité bien comprise où la région sera consacrée aussi bien comme pôle de développement et de régulation que comme espace d’expression de la démocratie locale.

Forgée autour de son identité propre, la région est en mesure d’offrir des politiques publiques intégratives notamment aux plans économiques et socioculturels qui transcendent le cadre étroit de la wilaya et de ses démembrements imposés jusqu’ici.