1-   Enjeux et constat

Le développement durable s’intègre dans la politique de  l’aménagement du territoire pour mieux appréhender les problématiques sociales, économiques et environnementales des populations.

L’identification des territoires s’appuyant sur des données géographiques, sociologiques, culturelles et économiques permet la recherche de  l’équilibre entre le développement urbain et rural dans une répartition des hommes et des activités; étant entendu que le territoire est une synthèse entre les données du terrain et les contingences de l’histoire. L’objectif de cette identification prend en compte la complémentarité entre les territoires et la recherche de leur attractivité.

Cela procède de la volonté de ne pas laisser les seuls mécanismes économiques comme arguments de la décision, notamment en ce qui concerne la localisation des activités, les problèmes d’urbanisation et la lutte contre la désertification.

Notre pays vit une double concentration de la population. D’une part sur la frange littorale au nord du pays en général, 10% du territoire, de surcroit caractérisé par une forte sismicité, accueille près de 90% de la population ; d’autre part, la concentration démographique croissante dans les villes et leurs périphéries. Cette situation  accentue de fait la progression de la désertification et fragilise la cohésion nationale.

Le réchauffement climatique qui est déjà constaté dans tous les pays de l’Afrique du Nord nous met devant un autre défi. L’impératif de l’adaptation à ses impacts nécessite l’élaboration d’une réponse qui anticipe l’élévation de la température, la  rareté de l’eau et une plus grande fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes. L’appréhension du  développement économique et social au cœur duquel se trouve la question de l’énergie, l’agriculture, le développement urbain, le  logement,  le transport et la préservation de la biodiversité sont les domaines qu’il faudra revisiter.

Les découpages administratifs opérés successivement par un pouvoir inspiré par le centralisme français pour contrôler la société ont généré déséquilibres dans le développement, exode rural, dilapidation des ressources et une bureaucratie paralysante pour l’activité économique et handicapante pour la vie sociale en général.

2-   Les propositions du RCD

Toute politique d’aménagement du territoire et de développement durable doit s’articuler sur une approche du découpage administratif basée sur la Région comme matrice de démocratisation, d’efficacité et d’émulation. L’Algérie est un pays-continent, la diversité et l’originalité de chacun des éléments physiques, humains, économiques doivent cesser d’être arbitrairement étouffées pour constituer des facteurs de dynamisme et de prospérité de la nation.

La régionalisation offre le moyen de promouvoir la gouvernance. Elle doit accélérer le développement et les rattrapages nécessaires pour atténuer les déséquilibres territoriaux et assurer une équité sociale dont la négation est source de dangers pour l’unité du pays en plus d’être moralement inacceptable.

Toute politique de développement durable passe nécessairement par un redécoupage administratif novateur et la mise en œuvre de nouvelles politiques urbanistique, démographique, hydraulique, énergétique et environnementale.

2.1- Un redécoupage administratif pour le renouveau national

2.1.1- Le redécoupage de l’espace algérien 

L’aménagement du territoire est au cœur de toute politique de régionalisation. Le découpage en régions de l’espace national, au-delà de son aspect technique, engage inéluctablement l’avenir des groupements humains vivant sur les espaces ainsi identifiés. Si le déterminant principal demeure la viabilité économique du territoire nouvellement défini, d’autres considérants ne sont pas négligeables pour autant ; éléments historiques, socioculturels, ensembles géographiques homogènes, structurant des rapports à l’espace, un vécu, des identités…

Pour des raisons historiques et symboliques évidentes renvoyant à la révolution, les schémas originel des wilayate historiques est une référence qui, actualisée et adaptée aux nouvelles conjonctures constitue un cadre de réflexion dont il convient de remanier les contours, d’affiner la portée pour mieux appréhender les nécessités de l’heure (économiques, socio-historiques ou géographiques).

2.1.2-  Le découpage proposé

            1-  Les grandes régions économiques

  • REGION I

Wilaya I (Les Aurès) : elle marque de façon massive et prégnante la partie méridionale de l’ancien Constantine. La région associe des paysages d’une grande diversité : hauts plateaux arides que cisaillent des gorges profondes (lits d’oueds) aux écoulements parfois pérennes ou plus simplement troués de cuvettes d’eaux salées. Il y a des massifs (mont du Tandra, du Belezma, de l’Aurès, des Nememchas), montagnes relativement arrosées sur les versants d’exposition Nord. Ces versants dominent des dépressions, chotts et palmeraies sahariens au sud. Son unité tient d’une société profondément agraire, dont les membres ont développé des liens d’une grande solidarité au niveau communautaire tant dans le pays que dans l’émigration.

  • LA REGION II

La wilaya II (le nord constantinois) : Elle s’étend sur un espace plus petit que la première; elle abrite la capitale régionale (Constantine). Des villes côtières, Annaba et Skikda au tissu industriel et urbain conséquent lui garantissent une certaine prospérité, tandis que les hauts plateaux de Sétif à Guelma mais aussi les hautes plaines constantinoises céréalières lui assurent un approvisionnement régulier en produits agricoles de large consommation. Les monts d’El Kala, de l’Edough et l’immensité forestière de Taref lui offrent une pluviométrie importante.

  • LA REGION III

La wilaya III (Kabylie) : géographiquement, la wilaya III historique s’étendait de Boumerdes à Aokas. Limitée au nord par la méditerranée, elle inclut, à l’est, des territoires rattachés aujourd’hui à la wilaya de Sétif et de Bordj Bou Arreridj. Elle est bordée au sud-ouest par les espaces de Bouira, Sour-El-Ghozlane et le finage de Boussaâda.

La Kabylie ci-dessus désignée est en fait un bloc de montagnes escarpées, disséquées par des rivières et cours d’eau d’importance variable qui se fondent au sud dans la partie méridionale du centre des hauts plateaux. La région possède une grande homogénéité culturelle que les traditions migratoires anciennes n’ont pas altérée.

  • LA REGION IV

(L’Algérois) : elle comporte des espaces très marqués par la colonisation (vastes fermes coloniales et noyaux urbains fort développés), où l’agglomération algéroise se singularise, autant d’ailleurs que la plaine de la Mitidja et celle, plus vaste, de Chélif qui ont bénéficié de grands travaux de mise en valeur. Ensembles séparés par des alignements montagneux aux altitudes relativement modestes (Monts de Blida et du Dahra, massif de l’Ouarsenis), la richesse agricole de ses terroirs (envahis malheureusement de nos jours par le béton et l’urbanisation effrénée), la densité du peuplement, du tissu urbain autant qu’industriel lui confèrent bien des atouts. Une région qui peut à terme constituer une véritable locomotive en matière de développement pour les régions périphériques.

Cette région doit être subdivisée en trois régions économiques ; le Grand Alger, le Titteri au centre sud et le Chelif qui s’étend à partir du versant ouest des monts de Blida.

Alger : capitale du pays, Alger est par essence une métropole multiculturelle où cohabitent les langues arabe, amazigh et française de façon harmonieuse et intelligente.
Reconnue zone autonome durant la guerre de libération nationale et recouvrant l’ensemble du  périmètre aggloméré du Grand Alger, la capitale doit être érigée en métropole dotée d’un statut spécifique.

  • REGION V (Le Titteri)

Recouvrant globalement l’ancien département du Titteri, cette région se situe au centre-sud de la capitale et va au-delà des monts de Blida. Elle doit intégrer dans son finage tout le territoire du Titteri et les riches terroirs de Médéa.

  • REGION VI  (Le Cheliff : espace wilayal Chlef et Aïn Defla)

À lui seul, cet espace grand comme la Belgique, peut constituer une région qu’il faut  dissocier de l’espace régional de l’Oranie. Une région au fort potentiel agricole, mais également pourvue d’un réseau urbain appréciable et un tissu industriel, pour l’heure timoré, qu’il convient d’étoffer dans le cadre de la prospection minière et de l’exploitation forestière.

  • REGION VII

La wilaya V (Oranie) : c’est l’une des plus vastes wilayate historiques. Elle recouvre entièrement l’un des3 départements historiques de la période coloniale. Elle associe dans son fixage des paysages variés : des bassins intérieurs et des plaines littorales aux terroirs très riches, des hautes plaines au régime semi-aride, voire aride, terres de prédilection de l’élevage ; des Monts de Tlemcen, ceux de Traras, Ksour, Saida, Frenda. Des montagnes disposées du Nord au Sud en bandes plus ou moins parallèles.

Des hautes plaines arides couvertes d’une steppe d’alfa et chaînons élevés un peu plus arrosés de L’Atlas saharien (monts des Ksours et Djebel Amour), elle associe des portions d’espaces désertiques qui doivent être restitués aux futures régions identifiées. Les opérations de mise en valeur engagées initialement par la colonisation (la vocation agricole affirmée), le tissu urbain et industriel conséquents dont dispose cette région lui confère un potentiel de développement sans égal. Des ports importants, Oran, Arzew, Mostaganem, sont autant d’infrastructures à même d’assurer des échanges commerciaux d’importance dans une stratégie économique performante.

  • REGION VIII

Wilaya VI (Sud) : elle occupe un vaste espace au sud de l’Atlas saharien dans sa partie orientale et aux confins des Aurès. Espace désertique par excellence à l’exception de quelques terrains de parcours et d’une activité artisanale à l’intérieur des rares côtes de verdure et de vie que constituent les Oasis. Les pouvoirs publics doivent accorder le plus grand intérêt pour cette région aux fins d’y combler les déficits en matière de développement.

  • REGION IX (La Saoura)

Une région incluant Tindouf et s’étendant sur l’Erg Iguidi. Des raisons de stratégie géographique, mais également d’activité économique (industrie, artisanat et tourisme) et un peu agricole nécessite la mise en œuvre d’une politique volontariste de développement de cette région.

  • REGION X (Le Touat – Gourara)

Une région à fort caractère identitaire disposant d’un patrimoine architectural, préhistorique, historique riche, une activité agricole affirmée et des potentialités touristiques avérées. Une zone s’étendant sur les errements dunaires du Grand Erg occidental et Erg Echech et du plateau du Tadmaït, des espaces rayonnant autour de l’agglomération d’Adrar, ville de commandement par excellence autour du triumvirat (Timmimoun – El Goléa -Reggane). L’assiette chevauche en fait les espaces des wilayate historiques V et VI.

  • REGION XI (Le Grand Erg Oriental)

La région du grand Erg Oriental avec pour capitale régionale Ouargla. Son espace englobant en partie la Hammamda de Tinghert qui se prolonge en Libye. Espace désertique avec quelques rares ilots de végétation au niveau des oasis, dont la plus importante, celle de Touggourt se trouve aux confins nord-est de son espace.
Le riche gisement en hydrocarbure de Hassi Messaoud et du noyau urbain qui s’y développe ont été des garants d’un développement inégal de cette région qui reste fortement amoindrie en matière d’infrastructures.

  • REGIONXII (La région de l’Ahaggar)

Région qui comptera pour capitale, la légendaire Tamanrasset au riche passé historique. Espace incluant les gisements non négligeables d’In Amenas au Nord de ses limites Orientales. Les formes dépressionnaires du Tidikelt constituent une frontière naturelle la séparant du Touat-Gourara précédemment identifié. Le Tassili n’Ajjer et le Tassili Ahaggar aux confins du Sud du pays, limites frontalières avec le Niger, constituant les autres délimitations de cette région.

Une homogénéité culturelle confère à cet espace une identité séculaire, inaltérée. Un patrimoine protohistorique, faunistique et, au-delà, une position latitudinale géographique d’une importance majeure. Autant d’atouts qui peuvent arrimer la région à une dynamique de développement dans un pouvoir décentralisé.

            2-  LES REGIONS PROVINCES

A ces cinq nouvelles grandes régions identifiées, il convient de rajouter trois (03) régions naturelles (ou provinces), qui émergent soit par leur identité, soit leur homogénéité historique, géographique, socioculturelle et cultuelle. L’altérité est un gage d’ouverture et de tolérance. A chaque fois qu’une nation prend en charge une spécificité territoriale, communautaire, sociale ou culturelle, elle se prémunit des raccourcis, des caricatures et des nivellements hégémoniques et, ce faisant, enracine en son sein la culture démocratique.

1- La région du Mzab

Une zone naturelle qui fondera son développement autour de Ghardaia, une capitale très active et rayonnante tout autour de sa pentapole (Mélika – Bounoura – BeniIsguen – El Atteuf). Une vallée où l’activité industrielle, artisanale, commerce, agriculture et tourisme peuvent constituer des éléments moteurs dans le développement de la région.

2- Le Souf

La ville aux mille coupoles, El Oued, la bien nommée, une cité et une Oasis au riche passé historique, une région à la réputation commerçante affirmée, avec des identifiants cultuels et cultuels avérés. Le dynamisme de sa population dans le domaine du négoce à lui seul constitue un atout indéniable. L’homogénéité socioculturelle de sa population est un fait remarquable qui justifie son autonomisation.

3- La Saoura (Région provinciale potentielle)

Autour de la capitale Bechar, et la multitude d’Oasis et le périmètre agricole d’Abadla en sus des gisements miniers qui se trouvent dans son espace peuvent déterminer la mise en œuvre d’un projet de développement spécifique pour cette région naturelle.

2.1.3-Conclusion

Ce découpage est fondé essentiellement sur des contingences historiques, socio-économiques, culturelles et géographiques que sous-tendent des éléments de biogéographie qui déterminent la viabilité des ensembles régionaux identifiés comme tels.

La problématique renvoie à la nécessité de bâtir un édifice institutionnel et économique cohérent, stable et performant qui appelle la promotion d’une régionalisation avant-gardiste, quelques soient les contours, la dénomination ou les référents. Une régionalisation qui prend en considération les fondements et les réalités de l’espace géographique où se projette la société, les exprime avec l’ensemble de leurs valeurs, dans leurs dimensions et leur diversité culturelle, cultuelle, historique et spatiale considérant que la diversité est toujours source de richesse.

Plus près de nous, le continent africain,  déchiré par les frontières aux cordeaux de la colonisation, des propositions institutionnelles réconciliant les peuples et les communautés avec leur histoire sont en cours d’élaboration et, pour certaines, en voie d’application.

De petits pays comme l’Allemagne et d’autres d’étendue plus modeste comme la Suisse, modèles s’il en est en matière de développement et de bonne gouvernance, disposent, pour le premier de seize (16) länder, de sept grandes régions et 26 cantons et demi-cantons pour le second ?

2.2-   La politique d’urbanisation

La pression démographique sur les villes, résultat d’une absence de politique d’urbanisation, s’est dangereusement accélérée dans le années 90. Les populations isolées ont fui le terrorisme pour se réfugier dans les centres urbains mieux protégés.  En bute à des problèmes de salubrité, de congestion et de d’insuffisance d’espaces récréatifs et culturels, nos villes ont perdu leur attractivité.

La misère dans nos villes aggravée par la dégradation du cadre de vie et des équipements ; l’exclusion sociale et la violence urbaine, a abouti au délestage des valeurs socioculturelles et de convivialité pour laisser place à l’incivilité  et aux comportements antisociaux.

Il convient de souligner que la mise à niveau et la modernisation des centres urbains et des villes en général est un facteur important de diffusion des valeurs de la modernité et de la citoyenneté. Il est urgent de rétablir la ville dans sa dimension fonctionnelle. Le renouveau urbain est conditionné par la mise en œuvre d’une politique saine de la ville, fondée sur l’exercice avérée d’une démocratie participative, une gestion concertée entre les élus, l’administration et la société civile et une dynamique dans le développement local.

2.3-   La démographie  

Les conséquences d’un très fort taux de croissance démographique pendant presque 03décennies (plus de 3%) sont loin d’être résorbées. De plus le ralentissement observé dans les années 90 et eu début des années 2000 est remis en cause selon toutes les données officielles. Il est à craindre que la poursuite de l’explosion urbaine, notamment,  dans la bande littorale n’affecte durablement les terres agricoles et  la qualité des sols  et démultiplie les effets des risques naturels (séismes, inondations, canicules..) et industriels. D’autre part, des points de  croissance économique nécessaires  pour résorber le chômage et la précarité se dilueront immanquablement dans l’augmentation de la population générale. Il est impératif de mener un politique vigoureuse avec tous les moyens nécessaires pour  stabiliser  la démographie à des niveaux qui n’hypothèquent pas les efforts de développement.

2.4-   L’eau

De plus en plus rare, en raison de l’explosion démographique, des besoins de l’agriculture, de   l’industrie et l’urbanisation auxquels s’ajoute la chute du niveau des précipitations, la disponibilité par habitant est à peine de 600 m3/an au lieu des 1000m3, minima internationale. L’Algérie compte parmi les  pays sur lesquels pèse une grande menace du stress hydrique en conséquence du réchauffement climatique observé et projeté  sur toute l’Afrique du nord.

L’eau risque de constituer pour le pays une question de sécurité nationale. En plus de la construction de barrages et de retenues collinaires, le RCD estime qu’une politique vigoureuse de gestion de la demande et du recyclage pour les besoins de l’agriculture et de la recharge des nappes phréatiques est incontournable. La lutte contre toute forme de gaspillage de cette ressource doit être permanente, elle passe surtout par une politique de sensibilisation et d’éducation relayée par l’école, les médias…

Le risque d’aggravation du réchauffement climatique dicte une réévaluation de l’opportunité de favoriser certaines cultures sur d’autres en raison de la consommation de l’eau.

2.5-   L’énergie

L’énergie est au cœur du développement économique et de la modernité.  Parmi les pays les mieux lotis en pétrole et en gaz, l’Algérie a succombé au schéma d’un pays rentier à cause d’un système politique fermé et qui a construit son hégémonie sur l’accaparation et le contrôle de cette richesse. Cinquante ans après l’indépendance, le pays dépend à 98% des exportations du pétrole et du gaz.

L’explosion de la demande mondiale en énergie et l’impératif de réduire la consommation des énergies fossiles à cause des risques climatiques mettent au centre la recherche d’énergies de substitution moins polluantes.  A ce stade et, parmi toutes les formes d’énergies propres, tout milite pour un accroissement considérable du solaire dans la consommation mondiale. L’Algérie dispose d’un des plus grands gisements solaires au monde qu’il convient d’exploiter.

Le RCD considère que tout retard pour investir dans la production de cette énergie risque d’hypothéquer la mise en place d’une véritable industrie pourvoyeuse de richesses et d’emplois, en plus de l’accélération de l’épuisement des gisements des énergies conventionnelles.

2.6-   La désertification

Pour l’Algérie, la désertification est une menace réelle. La cause naturelle principale est la sécheresse avec d’autre causes anthropiques  qui sont la démographie, les sur pâturages, le défrichement des parcours principalement. Les politiques économiques d’ensemble ne sont pas neutres. Sur les 38 millions d’hectare du Nord du pays, 20 sont occupés par la steppe. Une lourde menace pèse sur cet espace. La baisse des précipitations est singularisée par la montée croissante de l’isohyète (une ligne est-ouest constituée par les points de pluviométrie annuelle égale à 100 mm) 100 vers le Nord du pays.

Les actions à mener pour la lutte contre la désertification et la remise en valeur des terres dégradées sont multiples. La gestion de la végétation naturelle, la  mise en œuvre de système d’agro foresterie et de systèmes dylvo-pastoraux, le boisement, l’implantation de rideaux, abris et de brise-vent (pour la fixation des dunes), la création de parcs nationaux (protection et valorisation du patrimoine génétique, animal et végétal)  et aménagement de bassins versants sont incontournables.

2.7-   La forêt

La forêt et le couvert forestier d’une manière générale constitue à elle seule un écosystème majeur. Il convient de lui consacrer davantage d’intérêt. Son interaction, son rôle sur les autres écosystèmes est fondamental. Les incendies affectent chaque année une moyenne de 20 000 hectares.

Il y a lieu à la fois de mener une action  pour la prévention et un reboisement planifié et tenant compte des changements de climat qui l’affecteront

2.8-  La protection de l’environnement

Des menaces globales pèsent sur l’environnement. Aux facteurs traditionnels tels que le développement de l’industrie, l’urbanisation, l’utilisation des produits chimiques dans l’agriculture, s’ajoute les impacts liés aux changements climatiques.

Le RCD constate que les questions environnementales sont traitées comme des manifestations médiatiques loin de la réflexion et de la nécessaire élaboration d’une stratégie énonçant les règles applicables pour tous les secteurs de la vie économique.

Le RCD considère que la création d’un ministère chargé exclusivement des questions environnementales doté de moyens et de prérogatives est une décision incontournable. Les objectifs  visés sont :

  • Mettre aux normes internationales la gestion des déchets ménagers, notamment urbains ;
  • Traiter les eaux usées et des rejets industriels par les stations d’épuration avant toute évacuation;
  • Assurer la protection des écosystèmes et de la biodiversité ;

Définir des instruments pour intégrer, superviser et contrôler la mise en place des mesures inhérentes à la gestion des risques, à l’anticipation des impacts du réchauffement climatique, y compris l’élévation du niveau de la mer.

Initier et participer à l’élaboration d’un large programme de sensibilisation qui prend appui sur les programmes scolaires et éducatifs pour appréhender les questions environnementales sous le double aspect de l’amélioration du cadre de vie et de la gestion rationnelle des ressources naturelles.