Pour le RCD, le 1er mai a été une opportunité d’organiser un Colloque sur l’économie et le coût de la non intégration de l’Afrique du Nord. C’est, aussi, l’occasion de favoriser un libre débat et d’affirmer des passerelles entre experts, partenaires économiques et sociaux et l’encadrement politique sur les alternatives que commandent l’innovation et la rationalité des choix dans le respect de la diversité.

Les interventions du président du RCD, M. Belabbas, et des experts A. Lamiri, A. Benouari, S. Oussedik, L. Oulhadj et A. Belhadj ont mis en lumière la gravité de la situation économique actuelle de l’Algérie en proie à une chute drastique de ses revenus pétroliers. Un consensus sur le fait que cette crise résulte d’une logique de gestion favorisant les secteurs rentiers, logique qui a atteint le terme ultime de son mode de fonctionnement, à savoir :
– Un déficit budgétaire intenable ;
– Un effondrement du Fonds de Régulation des Recettes (FRR) et des réserves de change ;
– Une chute périlleuse du niveau des investissements ;
– Une envolée du chômage à même de mettre en cause la cohésion sociale.

Somme toute, c’est là la conséquence d’ « anachronisme d’un système politique ayant conçu sa survie au détriment du destin de la Nation ». Il ressort de ces débats que notre pays est à la croisée des chemins. Ainsi ont été formulés les principes qui conditionnent le passage d’une économie de rente à une économie de production. Priorité a été donnée à l’impératif de valorisation des ressources humaines, condition sine qua none de la performance technologique. Il a été affirmé la nécessité d’orienter les ressources vers une économie productive, de moderniser le système managérial et d’initier une réelle industrialisation du pays. Ce sont autant d’actions qui se conçoivent par des institutions légitimes et porteuses de valeurs de progrès.

Sur un autre registre, il a été souligné que l’ampleur des dépenses de sécurité grèvent lourdement les finances publiques ; ces dépenses totalisent le tiers des dépenses budgétaires auxquelles il faut ajouter le poste charge commune qui relève du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat. Leur montant est de l’ordre de 10% de l’ensemble des charges. C’est dire que dans ces conditions d’opacité et de négation de toute régulation, le développement économique et social du pays reste totalement obéré.

Le coût de la non intégration du sous continent Nord africain a fait l’objet d’intenses discussions. Ce coût est immense au plan matériel et humain comme au plan politique, bloquant toute perspective démocratique. Pourtant, nos pays partagent, au-delà des épreuves communes, un même destin. Ce sont leurs gouvernances respectives qui ont entravé la construction de cette région historiquement homogène et économiquement viable. C’est un lieu commun de relever que le fondamental est de transcender des divergences, somme toute anodine, pour se réapproprier notre place dans la marche de l’histoire. Il urge de cesser d’imputer nos errements aux vicissitudes du temps mais de se jeter résolument et totalement dans l’intégration d’un marché commun et l’édification d’une fédération des peuples de l’Afrique de Nord.

C’était le vœu de nos ainés ; c’est l’espoir de notre génération et la réalité de nos enfants.

Alger, le 01/05/2016
Le RCD