Le Conseil national du RCD s’est réuni en session ordinaire, le 29 janvier 2016, à Alger, pour évaluer l’activité du Rassemblement et la situation politique générale.
Dans son introduction aux débats, le président du parti a mis l’accent sur les dangers qui menacent la Nation, en conséquence de l’isolement du pouvoir et la dégradation de la situation financière qui plonge des pans entiers de la société dans le manque et les incertitudes.
En effet, le Conseil national constate que tous les signaux sont au rouge. La dissolution du DRS que beaucoup attribuent à des règlements de comptes ne peut suffire si elle n’aboutit pas à la dissolution de la police politique du régime et la libération du champ politique et médiatique.
Force est de constater que le refus opposé aux manifestations et les entraves à l’activité des partis de l’opposition, l’épisode des obstacles bureaucratiques à la demande du RCD pour la réservation de la salle Atlas étant le dernier exemple vivant, ne sont pas de nature à accréditer un tel projet de lever la chape de plomb sur les libertés publiques. A ce titre, les modalités choisies pour élaborer et entériner le énième nouveau charcutage de la constitution est le meilleur indicateur de l’exclusion de l’écrasante majorité du peuple algérien sur un texte qui le concerne en premier chef, sans compter que cette mouture qui sort directement des laboratoires du système touche profondément aux équilibres des institutions.
Par ailleurs, la discrimination envers une frange importante de la population, à savoir les Algériens qui vivent à l’étranger est loin d’être un détail. Dans les faits, on veut constitutionnaliser cette discrimination au motif que cette partie du peuple algérien est celle qui revendique le plus la liberté et la fin d’un système politique d’un autre âge.
Au plan économique et social, les 800 milliards de dollars engloutis durant la période faste des hydrocarbures à 120 dollars n’ont pas permis au pays de faire face à ces temps de vaches maigres. Les cascades de dévaluations, d’augmentations des prix, couplées à l’abandon de projets annoncés et aux licenciements économiques qui pointent à l’horizon donnent lieu déjà à des protestations et des manifestations qui risquent de plonger le pays dans le chaos si la seule réponse des pouvoirs publics demeure la répression. Les ratonnades contre les habitants de Oued Elma à Batna semblent confirmer que le pouvoir n’a d’autre ressource que la mobilisation des forces de police et de gendarmerie avant d’instruire sa justice pour sévir. Les détenus de Ghardaïa dont les dossiers d’accusation sont vides sont transférés d’une prison à une autre pendant que les règles élémentaires de droit sont bafouées au cours de l’instruction comme c’est le cas du secrétaire national du RCD, Nacerdine Hadjadj.
Au plan interne au Rassemblement, les secrétaires nationaux à l’organique et aux finances ont dressé le bilan de l’année 2015 respectivement sur la structuration et la nature des rentrées financières ainsi que des dépenses de fonctionnement. Les membres du Conseil national sont appelés à s’engager encore plus sur le terrain pour consolider le redéploiement du parti mais aussi à concrétiser au mieux le capital confiance dont jouit de plus en plus le RCD auprès de larges couches de la population.
Enfin, le Conseil national se félicite de l’action du RCD sur la scène nationale en cette période de doutes et d’incertitudes qui pèsent sur le pays.Il appelle les Algériens et les Algériennes à s’impliquer davantage dans les luttes politiques et sociales pour peser et imposer une solution politique négociée conforme aux luttes et aux sacrifices de notre peuple et aspirations de la jeunesse à la liberté, la démocratie et la modernité.

Alger, le 30 janvier 2016
Le Conseil National du RCD