Révision de la Constitution:que des vœux pieux !

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Le projet de loi portant révision de la constitution vient d’être rendu public après une incubation de plusieurs années effectuée dans l’opacité sans que l’on connaisse, aujourd’hui encore, les modalités d’adoption de ce texte. Sur le fond, le RCD note essentiellement le traitement de deux sujets qui concernent la légitimité des institutions et la cohésion de la collectivité nationale.
S’agissant du premier point de ce projet de révision de constitution qui renvoie à la protection du premier des droits du citoyen : la garantie de voir son choix électoral reconnu et respecté, le message appelle clarification et implique la plus extrême vigilance. L’annonce de la constitutionnalisation d’une commission de surveillance des élections apparait comme une offre en trompe l’œil destinée à entretenir la confusion pour reconduire les méthodes du passé, ce qui ne répond ni au problème crucial de la légitimité des instituions ni, par voie de conséquence, à la demande de l’opposition.
Le RCD s’est toujours battu pour la mise en place d’une instance de gestion des élections qui aura la responsabilité du processus électoral du début jusqu’à son ultime phase. Il s’agit de faire, comme ont procédé tous les pays qui sont sortis de l’arbitraire vers la démocratie, en transférant à cette instance l’ensemble des prérogatives afférant à toutes les modalités du scrutin, l’administration lui apportant les moyens logistiques afin d’assurer la régularité de la préparation des élections, l’organisation du vote et la proclamation des résultats.
Le deuxième point portant officialisation de la langue amazighe consacre enfin le combat de plusieurs générations pour une demande légitime et essentielle pour l’harmonie et la crédibilité des paramètres définissant le cadre devant accueillir notre destin collectif. On ne peut pas parler de réconciliation lorsque la première langue d’Afrique du Nord utilisée par des millions de locuteurs est ignorée par la loi fondamentale du pays. Il reste, cependant, à faire de cette avancée une pratique effective qui replace la dimension amazighe, langue, culture et histoire dans la vie publique. A cet égard, la promulgation de la loi organique et les termes dans lesquelles elle sera formulée doivent retenir l’attention des citoyens.
Le reste du corpus de ce projet de révision est meublé par des annonces caractérisées par des généralités qui peuvent rester comme autant de vœux pieux si la volonté politique d’aller vers une transition effective ne se manifeste pas concrètement dans la parole et l’action publiques.
Répondre positivement dans le texte définitif à la demande de mise en place d’une instance de gestion des élections est le premier des tests qui permettra de vérifier les positions et les objectifs de tout un chacun.
Alger, le 05 janvier 2016
Le RCD