Le secrétariat national du RCD s’est réuni le jeudi 15 octobre 2015 à Alger pour débattre de la situation politique nationale et du suivi des résolutions de la dernière session du Conseil national.

Au plan politique, le RCD considère que l’agitation médiatique autour des seules luttes du sérail est l’ultime moyen pour leurrer la communauté nationale et la détourner du statu quo actuel et des sombres desseins dans lesquels les tenants du pouvoir veulent enserrer la Nation. En l’absence d’instances de médiation et de concertation légitimes, crédibles et affranchies des chapelles et autres officines occultes, ces agissements risquent de précipiter le pays dans une désintégration annoncée.

En ces temps de crise aigue, nous n’affirmerons jamais assez que la sortie de crise passe par la dissolution de la police politique, qui continue à régenter la vie publique et à infliger le fait du prince et le retour à la souveraineté du peuple dans une consultation organisée exclusivement par une instance indépendante de gestion des élections pour mettre un terme aux fraudes électorales. C’est le sens de la proposition de la CLTD qui favorise l’avènement d’une transition démocratique et l’émergence d’une nouvelle élite politique capable d’impulser une vision et une gouvernance audacieuses et à inscrire l’intérêt national dans son agenda politique. Dans cette optique, le SN se félicite du succès qui a couronné la marche organisée par le bureau régional de Tizi-Ouzou et tient à saluer la mobilisation des citoyens qui ont massivement répondu aux mots d’ordre du parti pour requérir le respect des droits sociaux et culturels et dénoncer l’annulation unilatérale et arbitraire des projets de développement, le désinvestissement dans les secteurs les plus vitaux et l’insécurité.

Pour le RCD, la réappropriation populaire et pacifique de la rue en tant qu’espace de contestation et de revendication est l’instrument démocratique privilégié devant l’unilatéralisme du pouvoir. Le RCD rappelle qu’il a organisé en une année pas moins de huit (8) marches dans les villes du centre du pays. La récente mise sous scellés des locaux de la chaine privée El Watan TV par une décision administrative est un abus manifeste qui s’ajoute à ce verrouillage du champ public, aux atteintes à la liberté d’expression et aux cabales judiciaires fomentées contre les journalistes et les militants politiques et syndicaux.

Sur le registre économique, la réduction brutale des dépenses, annoncées à la hussarde, ne peut être l’apanage à la crise financière qui frappe le pays, faute de l’avoir anticipé avec les embellies de ces quinze (15) dernières années investies dans la spéculation, le gaspillage et le transfert de richesses au profit exclusif de la prédation et de réseaux clientélistes et rentiers. Cette politique d’austérité qui commence par des coupes sombres dans le budget d’équipement mine l’avenir immédiat du pays.

Enfin, s’agissant de la tenue de la tripartite, en plus de l’exclusion des syndicats autonomes, elle crée l’exploit de n’inscrire aucun dossier à son ordre du jour. Elle ne vise rien d’autre que la caution de « partenaires sociaux et économiques », choisis dans le tri, à l’effet de légitimer la politique d’austérité déjà mise en branle. Alors que l’Etat est mis au défi, le pouvoir ne veut pas tirer les enseignements des crises précédentes et s’enfonce, comme toujours, dans le cynisme et l’approximation et privilégie corrélativement la fuite en avant au lieu de faire preuve d’un minimum de sens de responsabilité et d’esprit patriotique pour préserver les maigres chances de sauvegarde dont dispose encore la Nation.

Alger, le 15 octobre 2015

Le RCD