Le Conseil National du RCD s’est réuni, le 18 septembre à Alger, en session ordinaire. Il a examiné la situation politique du pays à la lumière des retombées économique et sociales de la crise financière qui l’affecte. Il a aussi évalué l’activité des structures organiques du parti.
Au plan politique, le feuilleton de l’été 2015 marqué par une série de limogeages et de nominations, effectuée à la hussarde, dans les corps de sécurité suscite légitimement des questionnements sur les tenants et aboutissants de l’opération et de son agenda. Ce remue-ménage opaque et interne au système ne peut que laisser des traces aux conséquences graves sur le fonctionnement et la crédibilité des institutions. Le récent départ du chef du DRS s’inscrit dans la logique des appétits claniques et ne clôt en rien les luttes du sérail. Il ne peut signifier une quelconque amorce d’un Etat civil tant espéré. Bien au contraire, il confirme l’emprise des sectes sur les institutions politiques. Le système politique qui a ruiné le pays s’apprête à renouveler son diktat au détriment de la souveraineté du peuple algérien.
De nouveau, la dissolution de la police politique qui régente la vie publique est, plus que jamais, à l’ordre du jour. Les partis de l’opposition continuent de subir les interdictions et les entraves de toutes sortes pendant que les directions des partis du pouvoir sont « fabriquées » par des laboratoires occultes engendrant de fait une vie institutionnelle des plus factices.
Attendu sur les mesures à entreprendre pour endiguer une situation financière qui réduit de larges couches de la population à la précarité et au désarroi, le pouvoir fait dans la diversion et masque ses échecs et son incompétence en polluant l’opinion par de supposées divergences au sommet de l’Etat.
C’est ainsi que l’opinion publique a eu droit à une médiatisation grotesque d’un ex chef terroriste et à des joutes oratoires stériles sur une école, au demeurant, otage d’une surpolitisation. Cela, en plus des réajustements inclus dans une feuille de route dont les parrains et les visées restent inavoués.
Même la mort de deux détenus dans les geôles suite aux rafles policières de Ghardaia n’a suscité que peu d’échos médiatiques de condamnation et d’indignation.
Au plan économique, la crise n’est pas la résultante du seul choc externe longtemps annoncé par bien des experts, elle est endogène au système politique fait de prédation et qui bride l’ensemble des investissements matériels et humains. Même un baril à 80 dollars ne peut constituer une solution au problème. Ce seront les couches les plus défavorisées qui seront frappées le plus sévèrement. La baisse de leur revenu ne manquera pas de générer un chaos lourd de conséquences.
La rentrée scolaire et universitaire s’est effectuée avec un déficit de places pédagogiques dans toutes les wilayas du pays. Le recours à la double vacation est inévitable, mettant à mal un niveau déjà bien en dessous des normes. Encore une fois, c’est le recours aux artifices dont la finalité est de « caser tout le monde ».
Pour le RCD, la revendication de démocratisation et de liberté constitue une aspiration de l’immense majorité du peuple algérien. A ce titre la ligne de démarcation est claire : d’une part un système qui met en place les mécanismes d’une nouvelle ère de mainmise sur les richesses du pays, de l’autre cette immense majorité qui aspire à exercer sa souveraineté sur le devenir du pays.
Pour sa part, le Rassemblement estime que l’heure est à la vigilance et la mobilisation pour stopper la dégradation des conditions de vies des citoyens et établir le rapport de force en faveur d’une alternative démocratique à travers l’organisation d’une transition pacifique négociée.

Alger, le 18 septembre 2015
Le RCD