Des assises de la jeunesse, initiées par le Secrétariat national à la jeunesse du RCD, ont rassemblé ce 15 mai à la salle « Sierra Maestra » de Didouche Mourad plus de 1000 participants venus des quatre coins du pays et de milieux socioprofessionnels divers.Les travaux, inaugurés par le Président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, ont été ponctués par l’exposé du Secrétaire national à la jeunesse du parti et de nombreuses interventions de jeunes sur des problématiques touchant aussi bien la crise et la détresse que subit de plein fouet la jeunesse algérienne que les problèmes liés à la citoyenneté, à l’emploi, au système de la formation et à la liberté d’expression.

La liberté de ton et la fougue qui ont caractérisé les débats de ces assises ont permis d’une part, d’émanciper la parole de la vindicte, du ronronnement officiel et des slogans habituels qui ont inhibé la société un demi-siècle durant et ont d’autre part, mis le doigt sur le rôle alibi dans lequel on a voulu enfermer la jeunesse par des discours trompeurs et des manipulations politiciennes désuètes sans effet sur son statut social. Une aspiration à la démocratie et au changement a été fortement exprimée pour venir à bout d’un système politique qui a plombé l’ensemble des espaces publics et a voulu brider les horizons d’une génération renouvelée qui ne demande qu’à vivre et relever les défis qu’impose son temps.

A la veille de la commémoration de la journée du 19 mai 1956, les différents intervenants n’ont cessé de rendre hommage à Amara Rachid et ses compagnons et de rappeler leur sacrifice pour la libération de notre pays en rejoignant les maquis de la Révolution sous le slogan «nous ne ferons pas de meilleurs cadavres avec nos diplômes» sans omettre l’engagement et la hardiesse de la jeunesse post indépendance qui a su se donner, malgré la répression et la violence d’un pouvoir absolu, les moyens politiques pour crier son opposition à la dictature et assumer publiquement et pacifiquement ses revendications d’une nation algérienne réconciliée avec son histoire et son identité ainsi que sa volonté de vivre dans la liberté et la démocratie.

Conscients de la gravité de la situation politique, des difficultés sociales qui affectent cette frange majoritaire de la population algérienne telles la mal-vie, le chômage endémique, l’inflation, les passe-droits, la pénurie de logements, la dégradation de la qualité de l’enseignement et de la formation professionnelle et la détérioration généralisée du cadre de vie, auxquels s’ajoutent l’arbitraire et le mépris d’un pouvoir autiste et irresponsable, les participants considèrent qu’il appartient à la jeunesse algérienne d’évoluer dans le sillon tracé par ses ainés au prix de leur vie et d’incommensurables souffrances pour la libération de notre pays et des luttes de la jeunesse des années 1970 et 1980 qui a affronté les affres du parti unique pour la démocratie, le respect des droits de l’homme et le parachèvement de notre indépendance .

Les participants affirment leur volonté d’œuvrer solidairement pour permettre à la jeunesse algérienne, loin des chimères mirobolantes du pouvoir et des sirènes théocratiques sans lendemains, de prendre toute la place qui lui revient au sein de la société et dans le champ public et s’engagent, corrélativement, à assumer leur part de responsabilité aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui militent au quotidien pour libérer notre pays du système politique archaïque et despotique et construire une démocratie fondée sur l’Etat de droit, le respect des droits humains et la justice sociale.

Dans cette perspective, une organisation des jeunes du RCD qui prend le nom de la « Jeunesse Libre » dotée d’un Conseil National des Jeunes qui se veut comme un espace de réflexion, de débat et d’action dans une démarche pacifique, est mise en place. Elle s’assigne comme objectif de créer les cadres adéquats à même d’engager la réflexion sur la formation et la responsabilisation politique des jeunes dans la société, d’encourager une dynamique associative des jeunes dans les divers domaines politique, culturel, humanitaire et social, de favoriser des échanges d’expériences et un plan de capitalisation continue et pouvoir, enfin, jeter les passerelles entre les jeunes de tout le pays en vue d’impulser un mouvement capable de projeter les jeunes, comme des acteurs incontournables, dans la dynamique de changement et de la Refondation nationale.

Alger, le 15/05/2015