Le RCD salue les luttes du monde du travail

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Le Secrétariat National du RCD s’est réuni le Vendredi 01 mai 2015, en session ordinaire, à Alger. Il a axé  son ordre du jour sur l’évaluation des rencontres régionales animées par les secrétaires nationaux, les préparatifs des assises nationales de la jeunesse et l’examen de la situation politique.

En ce jour de commémoration de la fête internationale des travailleurs, le RCD salue les luttes du monde du travail pour garantir des conditions de vie décentes aux salariés et l’exercice des libertés syndicales. Il constate et déplore la précarisation faite à l’immense majorité des  Algériens qui travaillent ou sont en âge de travailler.  Aux 11% de chômeurs avancés officiellement, s’ajoute près de 05 millions qui ne bénéficient d’aucune couverture sociale durant leur activité.

La direction de l’UGTA s’étant déclarée officiellement par la voix de son secrétaire général comme une organisation du pouvoir, le monde du travail est confronté à la répression et aux interdictions pour s’organiser et défendre ses légitimes revendications et découvre que le syndicat officiel sert de base politique d’un pouvoir injuste et antisocial et n’a pas vocation de prendre en charge les préoccupations des travailleurs. Les nombreuses grèves, à l’instar de celle des patriciens de la santé publique, des enseignants de l’Education et de l’Enseignement supérieur ou d’Arcelor Mital s’inscrivent dans la recomposition du mouvement syndical pour une représentation démocratique et légitime  des collectifs travailleurs.  Convaincu que l’unité passe par la reconnaissance de la diversité, le RCD se tient aux cotés des militants qui luttent pour la dignité et le progrès.

Au plan politique, le régime est plus que jamais accablé par les scandales de corruption. Au lieu d’élucider les affaires de détournement des deniers publics et l’insoutenable pillage des richesses de la Nation, les clans au pouvoir s’engagent dans des luttes de contrôle de l’appareil judicaire. Les prétoires, censés juger de la culpabilité des auteurs de la prédation et de ces  détournements scandaleux, sont le théâtre de « révélations » des méthodes à produire des preuves par la police politique. S’il est de salubrité publique que le procès du régime se fasse lorsque les conditions seront réunies, l’opinion publique ne peut se satisfaire de déballages sans lendemains et d’une parodie de justice qui s’interdit d’auditionner les responsables hiérarchiques des secteurs concernés.

Dans le même sillage, les diversions qui consistent à focaliser l’actualité sur des conflits d’intérêts, voir des délits d’initiés alors que le gré à gré est la règle et que des milliards de dollars quittent le pays au profit d’intérêts privés identifiés, participent d’un partage de rôle grotesque.

Le RCD observe, également, que la fameuse révision constitutionnelle et les atermoiements  pathétiques qui l’imprègnent semblent abandonnés même par les thuriféraires les plus zélés.

La  crise profonde, aggravée par la décision du  maintien d’un  chef de l’Etat grabataire dans un régime miné par le régionalisme, l’incompétence  et l’argent, plonge déjà le pays dans l’incertitude. Le RCD estime que la vigilance est de mise devant les tentations du pire et dénonce, en cette veille  de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, les restrictions et les persécutions qui visent les journalistes et toutes les voix qui déclinent l’ignominie qu’impose l’actuel exécutif.

Le RCD est plus que jamais conforté dans sa conviction que seules des institutions légitimes et représentatives sont à mêmes d’assurer une gestion transparente des affaires publiques bannissant clientélisme et opacité  grâce à des contre-pouvoirs qui veilleront au respect de la légalité et imposeront des contrôles et des bilans réguliers de l’action de l’Exécutif.

Il s’agit d’amorcer  une véritable transition pacifique pour accompagner la fin, inéluctable, de ce régime vieillissant et engager l’Algérie dans une perspective démocratique crédible et pérenne. Le RCD considère que cette sortie de crise est encore possible. Elle passe par l’organisation d’une élection présidentielle, couronnée par le renouvellement de la représentation nationale, et pilotée par un organe de gestion électorale indépendant.

Alger, le 1 mai 2015.

Le Secrétariat National du RCD