Il y a 35 ans des milliers d’Algériennes et d’Algériens sont sortis dans la rue crier leur soif de liberté et revendiquer la reconnaissance officielle de l’amazighité, langue culture et identité dans leur pays. La répression du pouvoir a été d’une rare violence :tortures, arrestations, emprisonnements et désinformation, furent autant d’abus infligés aux populations.

Cette date a été le début d’une ère nouvelle dans la vie politique nationale. Elle sera marquée par le déclenchement d’actions politiques visibles et assumées par une génération de militants qui ont décidé de se battre pour la consécration des libertés démocratiques en Algérie.

En avril 1980, le mythe d’une société nivelée et indifférenciée culturellement et socialement a vécu. Les manipulations médiatiques qui ont opposé la liberté de conscience, l’exercice des libertés d’opinion et d’organisation à la justice sociale est aussi tombé.Le printemps berbère constitue de ce point de vue le point de départ des conquêtes citoyennes arrachées par le peuple. Le combat pacifique semé par une génération a diffusé dans les espaces et les consciences. Les luttes menées patiemment et résolument au Mzab, par les chômeurs de Ouargla ou les populations d’In Salah sont aussi des déclinaisons d’avril 80.

La commémoration du 35ème anniversaire du printemps berbère intervient cette année dans une conjoncture où la revendication du changement radical de l’ordre politique qui a privé les Algériens de leur dignité et de leur liberté depuis l’indépendance est portée par des actions de terrain sur tout le territoire national.

Le bilan du régime est sans appel.  La privatisation des institutions au profit de la caste régnante menace l’existence même de la nation ; la marginalisation dont souffrent des régions entières comme la Kabylie ou le sud vire à un mépris aux conséquences imprévisibles.

Les fuites en avant, la ruse et les subterfuges ne peuvent meubler un mandat où la cacophonie de l’exécutif, la paralysie du parlement et le repositionnement des clientèles du régime font écho à une vacance du pouvoir incarnée par un chef d’Etat inaudible et impotent.

Le RCD considère que l’heure n’est plus aux revendications mais à la construction d’un rapport de force en faveur d’une alternative pacifique qui jette les bases d’un système démocratique mobilisant le peuple algérien pour recouvrer sa souveraineté à travers l’organisation d’une transition démocratique qui consacre et garantit :

  • les libertés individuelles et collectives ainsi que le droit à l’organisation politique, syndicale et associative ;
  • l’égalité en droit sans discrimination de sexe ou de langue ; Tamazight et l’Arabe sont de fait nos deux langues officielles ;
  • une décentralisation matérialisée par un découpage en territoires cohérents du triple point de vue sociologique, culturel et économique dotés d’une large autonomie de gestion et de planification ;
  • L’alternance au pouvoir ;
  • L’institutionnalisation d’une instance indépendante pour la gestion de toutes les élections.

Fondé dans le feu du combat contre le parti unique et au cœur des luttes de notre peuple pour l’émancipation et le progrès, le RCD travaille à la mobilisation des énergies et des intelligences patriotiques qui ont permis à la génération de Novembre et de la Soummam de dépasser les archaïsmes de l’ordre colonial et les conservatismes qui ont fait le lit du populisme dans le mouvement national.

Le RCD appelle tous les citoyens à rejoindre les marches de commémoration du 20 avril pour exprimer solidairement leur détermination en faveur d’une alternative pacifique et démocratique qui réhabilite notre peuple dans sa légitime ambition à vivre son destin dans la justice, l’universalité et le progrès.

Pour la consécration de Tamazight comme langue officielle

Pour une Algérie unie et solidaire

Pour une transition pacifique et démocratique

Alger, le 06 avril 2015

Le RCD