Le RCD a réuni son conseil national, en session ordinaire, le 07 novembre 2014, à Alger.

Cette rencontre a été ouverte par une allocution du président Mohcine Belabbas dans laquelle il a souligné le contexte difficile que traverse le pays.  Rappelant que le peuple algérien  à acquis son indépendance au prix du sang, de souffrances et de privations pour chasser la France coloniale, il dira, devant l’instance délibérante du Rassemblement que l’Algérie s’enfonce dans les sables mouvants d’une crise profonde, multiforme et complexe. Crise profonde parce qu’elle porte sur les fondements même de l’Etat, du service public, du développement économique… Elle est multiforme et complexe parce qu’elle n’épargne aucun secteur.

S’agissant de cette situation, le Conseil National constate que la fuite en avant, la volonté de reconduire le statu quo et les atteintes aux libertés individuelles et collectives constituent les menaces les plus sérieuses sur le devenir du pays.

Au plan économique, malgré  les mises en garde de nombreux opérateurs nationaux et internationaux, le gouvernement confectionne une loi de finances qui pérennise les déficits abyssaux habituels et compile une nomenclature de dépenses frappées d’incohérences. Au lieu de constituer un signal pour l’avènement d’une autre politique, le pouvoir creuse davantage dans le fond de régulation des recettes pour  importer, tout azimut, sans tenir compte de la tendance baissière des prix des hydrocarbures. C’est dire que même au prix de l’hypothèque de l’avenir le plus immédiat du pays, l’achat de la paix sociale demeure l’arme favorite du régime.

Sur le volet des libertés, la pseudo-ouverture de l’audiovisuel pilotée par les officines et la rente n’a d’autre objectif que de servir d’instrument de propagande et de pollution du champ public. Le chantage et les manœuvres cyniques en cours pour intimider et menacer les annonceurs publicitaires dans la presse renseignent sur la volonté du pouvoir d’anéantir toute voix dissonante et ne tolérer que ses affidés dans ce secteur.

Sur un autre registre, l’exacerbation des luttes de clans et la crédibilité grandissante de la démarche de la CLTD, suscite la panique, y compris dans les segments périphériques du système. Les appels à la prolongation du dialogue sur le projet de la constitution maintes fois réitérés par de zélés sous-traitants de la caste régnante semblent trouver écho dans la proposition de l’organisation de nouvelles consultations par le truchement de rencontres bilatérales aussi fallacieuses que  chimériques fondées, de surcroit, sur une prétendue feuille blanche.

Le RCD qui est partie prenante de la construction d’une alternative démocratique, transparente et pacifique à travers la CLTD et l’Instance de Coordination et de Suivi (ICSO)  ne peut s’inscrire dans une démarche qui vise précisément à prolonger le statuquo par une manœuvre destinée à semer le doute dans l‘opinion et perpétuer la recherche d’un consensus clanique. La plate-forme de Zeralda qui œuvre à installer le pays dans une dynamique de transition démocratique, pacifique et graduelle rassemble d’ores et déjà la majorité de l’opposition. Elle  se veut généreuse et ouverte à toutes les forces et personnalités saines et patriotiques de la nation.

Le Conseil national du  RCD a aussi débattu du projet du code du travail et de la rentrée scolaire à l’issue des communications présentées par le secrétaire national à l’économie et la secrétaire nationale à l’éducation.

Sur le projet de code du travail rendu public à la veille de la dernière tripartite, le RCD estime que la fluidification du marché du travail ne doit pas se faire par la remise en cause du droit syndical, en particulier de doit de grève, de la protection sociale et du droit à un salaire décent. Il est démontré que l’impact sur l’efficience économique peut être positif grâce à des lois sociales équilibrées mais elles ne jouent qu’un rôle secondaire sinon marginal, dans l’amélioration de la croissance économique ou la gestion des entreprises.   S’agissant de la rentrée scolaire, le décalage entre le satisfecit des officiels contraste avec les conditions vécues par les élèves et le personnel du secteur ; surcharge des classes,  absence ou manque de matériel pédagogique, concours de recrutement inefficient, etc.…. Par ailleurs, les programmes pédagogiques continuent d’alimenter une école dominée par l’irrationalité, l’obscurantisme et un contenu idéologique hors temps.

Enfin, sur le volet organique, le Conseil National se félicite de déroulement de l’université des jeunes du RCD  qui a regroupé 614 jeunes venus de tous le pays et qui a jeté les bases susceptibles de tisser des passerelles au sein de cette catégorie sociale vulnérable et porteuse des espérances de la nation.

Cette huitième session du conseil national charge le Secrétariat national de finaliser le plan de redéploiement organique du parti débattu lors de ces travaux.

                                                                                 Alger, le 07 novembre 2014

                                                                                               Le RCD