MOHCINE BELABBAS: quelques enseignements de la conférence du 10 juin

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La conférence pour la transition démocratique a finalement eu lieu. Bien des observateurs avaient parié au départ sur l’échec de la démarche engagée dans le cadre de la CLTD. Il n’en est rien du point de vue des objectifs fixés au départ largement atteints à savoir:

– Élaborer une plate-forme qui fixe les règles et mécanismes de la transition démocratique ;
– Rassembler le maximum d’acteurs politiques et sociaux autour d’une même table pour débattre en toute liberté d’une façon horizontale sur la crise politique que traverse le pays et les solutions pour sortir de l’impasse ;
– Adopter des résolutions consensuelles qui confortent la démarche ;
– Confirmer l’isolement du pouvoir dans une conjoncture où ce dernier tente de racheter une crédibilité et une légitimité, par des consultations alibis autour d’un texte faisant office de projet de constitution;
– Jeter les bases de la construction d’une forme plus mature de la relation entre les différentes forces politiques et sociales ;
– Créer l’espoir dans la possibilité de réaliser une transition démocratique.
Il reste que des points négatifs sont à relever :

– les représentants de la société civile sont, pour la majorité, repartis sans pouvoir exprimer leurs points de vue ;
– un intervenant a enfreint la règle, pourtant énoncée au début des travaux, fixant le temps de parole à sept minutes, pour disserter pendant 25 minutes, transgressant ainsi l’horizontalité de la conférence ;
– des participants ont tenté de pousser vers des alignements claniques ;
– quelques présidents de partis présents à la conférence ont pris part également aux consultations avec le pouvoir ;
– l’âge moyen des intervenants dépasse largement la soixantaine.

Censés, par leurs analyses et propositions, identifier les voies à même de mûrir les facteurs politiques, économiques, sociaux et culturels qui permettent de traduire l’espoir démocratique, les responsables politiques se sont plutôt limités à des lieux communs.
Cette conférence a aussi révélé la crise de la conception politique de l’avenir national et l’échec des organisations politiques dans le renouvellement des élites politiques d’où la marginalisation consciente ou inconsciente des animateurs de la société civile et de la jeunesse, acteurs incontournable de la construction de nouveaux rapports de force et donc de la mobilisation populaire.
Alger, le 15 juin 2014
Président du RCD