Protection de l’enfant en Algérie:la sonnette d’alarme

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Plusieurs rapports des associations, ONG, ou autres organisations mondiales, traitants des droits de l’enfant en Algérie, s’accordent à constater une augmentation du nombre d’enfants qui sont dans l’obligation de travailler, le plus souvent dans des conditions pénibles. Qui de nous ne voit pas ces enfants qui vendent du pain, des pois chiches, des fleurs, du tabac, ou autres, dans les marchés sur les trottoirs ou carrément sur les bords des autoroutes. Et qui encore ne voit pas ces enfants, livrés à eux même dans les rues, et récupérés par les réseaux de mendicité. Des conditions qui les rendent sujets à différentes formes d’agressions sexuelles, physiques et morales, et des kidnappings.
Il ne faut pas attendre que la situation des enfants en Algérie atteigne les situations les plus alarmantes dans le monde pour tirer la sonnette d’alarme sur le travail des enfants ou les droits de l’enfant dans notre pays.
Dans son communiqué daté d’aujourd’hui 12 juin 2014, l’Organisation Internationale du Travail, sous le thème «  La protection sociale est vitale pour éradiquer le travail des enfants », appelle à l’instauration de systèmes de protection sociale et estime que « les mesures de protection sociale jouent aussi un rôle éminent pour faire cesser le travail des enfants. Les pensions de retraite, ainsi que les allocations pour cause de chômage, maternité, accident du travail ou invalidité contribuent également à prévenir les situations où les enfants sont contraints de compléter les revenus insuffisants ou irréguliers de leurs familles ou qui doivent commencer à travailler suite à un décès, un accident, une maladie ou toute autre perte soudaine des revenus».
La situation des enfants dans notre pays ne cesse de se dégrader. Le bureau de l’Unicef Algérie a indiqué en 2011 le chiffre de 340 000 enfants qui travaillent.
Pour sa part, et dans son rapport de 2011 sur la situation des enfants dans le monde, l’ONG Humanium, classe l’Algérie dans le niveau orange avec un Indice de Concrétisation des Droits de l’Enfant de  6,67 / 10, et révèle un taux d’environ  5 % des enfants de 5 à 14 ans qui travaillent. Le même taux a été indiqué dans le rapport de l’Unicef, de cette année, et pour la période de 2005 à 2012, soit 5% des enfants algériens sont contraints à travailler.
Dans la plupart des cas, la pauvreté,  la déperdition scolaire et l’éclatement de la cellule familiale,  sont les principales causes de ce phénomène grave.
Il est important d’indiquer l’absence d’une politique réelle pour la protection et la prise en charge de l’enfance en Algérie. Un pays pourtant qui a ratifié  les conventions et chartes relatives aux droits de l’enfant et aux droits de l’Homme en général, et un pays qui ne manque pas de ressources humaines et matérielles, pour garantir le bien-être de ses enfants, mais malheureusement sans aucun accompagnement concret sur le terrain.
MAZARI Massiva
SN Enfance et Loisirs
Le 12 juin 2014.