Le Conseil national du RCD s’est réuni le 23 mai, à Alger,  en session ordinaire.  A l’ordre du jour figuraient l’évaluation de l’activité de ses structures et un débat sur la situation politique, économique et sociale. L’objectif était de renforcer l’action  du Rassemblement en faveur de la mobilisation citoyenne dans le sillage du boycott massif des dernières présidentielles.

Le Conseil National note qu’en plus de la  désaffection des urnes,  les citoyens ont aussi exprimé publiquement leur rejet de cette mascarade par la désertion des lieux de rassemblements et parfois l’empêchement des activités des candidats et de leurs représentants.

Le 17 avril 2014, encore une fois, l’Algérie a raté l’occasion de se doter d’un président légitime capable de faire face aux immenses problèmes qui agitent la Nation et de relever les défis auxquels elle est confrontée. La prestation de serment humiliante qui a marqué l’investiture d’un chef de l’Etat grabataire illustre une gouvernance déjà délétère et annonce un chaos qui tétanise le pouvoir. Les consultations autour d’une ultime révision constitutionnelle décidée dans la précipitation sonnent comme une manœuvre de diversion et une fuite en avant d’un régime politique finissant, dépourvu de projet et d’une vision structurante.

L’indigence des amendements projetés corrobore les limites de la manipulation en cours et un recours à des consultations fallacieuses qui virent à un monologue de plus. Une fois encore, les questions sociétales fondamentales liées à la nature de l’Etat à savoir, la refonte institutionnelle, l’officialisation de la langue amazighe  et  l’équilibre des pouvoirs sont occultées.

Le Conseil national se félicite du rejet de cette duperie par les acteurs politiques et sociaux crédibles ; attitude qui renforce d’autres décisions dont celle exprimée déjà par la Coordination pour les libertés et la transition démocratique constituée de partis de diverses obédiences.

Devant les périls qui guettent la nation,le RCD, outre son action partisane, œuvre avec des partenaires politiques de l’opposition pour présenter une offre politique rassemblant les forces acquises aux libertés démocratiques pour engager une transition démocratique à même de sortir d’un système qui a failli dans ses missions d’assurer liberté, justice et paix aux Algériens. Avant de se lancer dans la compétition électorale il y a lieu de fixer une feuille de route consensuelle définissant les mécanismes à même d’assurer le libre choix des Algériens. Tant que ces principes et règles ne sont pas assumés ou, pire qu’ils sont violés, comme c’est la cas depuis l’indépendance, il est illusoire de voir émerger une représentativité politique légitime et crédible.

Au plan économique, le Conseil national alerte sur le rétrécissement et la dilapidation des bases financières que requièrent la cohésion et la stabilité du pays. L’effondrement de l’économie nationale annonce des périls imminents si les réformes énergiques sont encore différées. La décision prise à la hussarde, excluant les partenaires économiques et sociaux, de l’exploitation du gaz de schiste, de l’adhésion à l’OMC et d’un nouveau plan de dépenses publiques – et non pas de développement-ne sont que des politiques de prédation et des faux-fuyants aux conséquences incalculables.

L’impasse flagrante dans laquelle le pays a été fourvoyé est source d’autres tragédies ; la vallée du Mzab abandonnée à elle-même est un des signes des périls qui pèsent sur notre devenir englué dans un statu suicidaire.

Le RCD réaffirme que le sauvetage  de l’Algérie est incompatible avec la pérennisation du système politique actuel. Le seul débat qui vaille est celui qui distingue les bénéficiaires d’un ordre politique devenu une menace nationale et régionale et les patriotes déterminés à libérer la nation d’une régression sanglante.

A chaque période historique décisive de notre pays, les patriotes ont su dépasser les clivages catégoriels pour recentrer intelligences et énergies autour du minimum fédérateur qui concerne et mobilise le peuple,seul acteur et arbitre du destin algérien. C’est cette fidélité à la mémoire et au devoir citoyen qui est à l’ordre du jour aujourd’hui. Le RCD s’honore d’être au rendez vous de l’Histoire.

Alger, le 23 mai 2014
Le RCD