Le pouvoir, accompagné par une brochette de personnes issues des rangs du système a décidé de lancer, une fois de plus, le pays dans un montage électoral rejeté par les Algériens et décrié de par le monde.

Une année avant cette échéance, le RCD avait invité à mettre en place une commission indépendante d’organisation et de gestion de ce scrutin pour faire honneur aux martyrs tombés pour la justice et la liberté et répondre aux aspirations légitimes de notre peuple. Cette procédure est suivie dans la majorité des pays démocratiques et nos frères tunisiens l’ont appliquée avec bonheur.
La proposition qui avait rencontré l’assentiment d’une partie importante de la classe politique a été ignorée par le ministère de l’intérieur. Seuls des candidats qui croient pouvoir, eux aussi, profiter de la fraude ou qui tirent des intérêts vénaux de la machinerie en cours ont accepté de se commettre dans un processus qui compliquera une crise ayant déjà coûté cher au pays.
Le vote du 17 avril est une farce grossière qui humilie la nation et l’expose ,à brève échéance, à toutes les aventures.
Toute initiative de sauvegarde de la nation passe par le rejet de cette provocation. Chaque patriote doit se mobiliser pour sensibiliser son entourage sur le devoir de boycotter ce vote. Mais boycotter ne se limite pas seulement au refus de donner sa voix à des candidats qui ont pris la lourde responsabilité devant l’histoire de prolonger un système qui a transformé notre pays en zone de non droit. Boycotter, c’est rendre concrètement caduc ce scrutin. Plus le rejet sera fort, plus le combat pour l’alternative démocratique s’en trouvera facilité.

L’Algérie est minée par un système qui l’a transformée en enfer.
Nos jeunes cherchent à fuir au prix de risques souvent fatals, les cadres épuisés s’exilent et font le bonheur de pays qui ont su les accueillir et les respecter. Les parents voient leurs enfants livrés à un système éducatif rétrograde que ne fréquentent jamais les fils de la nomenklatura. La vie n’est protégée nulle part. Les Aurès découvrent qu’un demi-siècle après l’indépendance, ils ont le même statut que celui dont les avait accablé le régime colonial. La Vallée du Mzab, qui fut un havre de paix et de tolérance millénaires, est devenue une fournaise où de paisibles citoyens sont assassinés. Les Touaregs, ces oubliés de la nation, lassés d’attendre, réclament légitimement leurs droits fondamentaux. Plus généralement, dans le sud, les jeunes sont acculés à une implacable lutte pour se faire entendre.

Le RCD qui a toujours été aux côtés des jeunes, des marginalisés, des exclus et des réprimés travaille avec d’autres forces politiques à la construction d’un minimum républicain pour faire de l’arbitrage citoyen la source de tout pouvoir. Il concentre, aujourd’hui, l’essentiel de ses activités et engagements sur l’échéance du 17 avril pour en limiter les méfaits et donner toutes ses chances au changement démocratique que plus rien ne peut arrêter.

A ce titre, ses bureaux régionaux de Kabylie sont instruits pour que les manifestations du 34éme anniversaire du printemps amazigh s’expriment le 15 avril par des marches populaires rappelant que l’officialisation de la langue amazigh et le respect des libertés démocratiques sont, à la fois, les conditions et l’accomplissement de tout projet à la mesure des sacrifices de notre peuple. Or, cette revendication est ignorée ou dénaturée par des candidats à la veille d’une probable révision de la constitution ou d’une période de transition à laquelle des patriotes s’attellent d’ores et déjà.

L’opportunité de ces évolutions commande à tout démocrate de manifester sa solidarité pour l’officialisation d’une langue qui est l’un des fondements essentiels de l’Afrique du nord.

Chaque action menée contre cette élection, chaque jour consacré à la sensibilisation en faveur du changement est un moyen de plus pour précipiter l’avènement de l’Algérie démocratique et sociale pour laquelle sont tombés avant, pendant et après la guerre nos meilleurs enfants.

L’Algérie de novembre et de la Soummam a été trahie dès 1962. Nos longues luttes peuvent aujourd’hui nous conduire à sa réalisation prochaine.

Vive l’Algérie démocratique et sociale
Gloire à nos martyrs.

Alger, le 31 mars 2014

LE RCD