Le secrétariat national du RCD s’est réuni le 28 février 2014  pour examiner la situation politique à la lumière des derniers développements intervenus sur la scène nationale.

Le Rassemblement qui a appelé au boycott de la présidentielle d’avril 2014 considère que, devant l’impasse historique dans laquelle le pays est précipité par quinze années d’autoritarisme, de mépris, de restrictions des libertés publiques et syndicales, de répression et de mauvaise gouvernance, ce rendez-vous ne peut sortir l’Algérie de l’ornière et du chaos dont elle a été durablement installée. La fraude, pompeusement annoncée, est plus qu’une insulte à l’intelligence, à l’honneur et à la dignité des Algériens, c’est une imposture qui exacerbe le désespoir et le désenchantement ambiant et risque de faire basculer définitivement le pays dans une spirale infernale, propice à toutes les manipulations et confusions.

Le système politique, en place depuis 1962, a échoué dans la mise en place d’institutions capables de protéger le citoyen contre la précarité, l’abus et l’injustice. Il a aussi échoué dans l’amorce du développement du pays et de la défense de ses intérêts dans le concert des nations.  Cet échec n’est pas l’œuvre de la  seule gouvernance de Bouteflika, c’est celui de la confiscation de la souveraineté du peuple depuis l’indépendance du pays. Les fuites en avant, le populisme et les promesses démagogiques ne font qu’approfondir le fossé entre ce pouvoir et les citoyens.
Pour le secrétariat national du RCD, toutes les manœuvres de relance du régime politique algérien ont échoué. Aucune autre ne peut faire illusion. Les fraudes électorales ont fini de disqualifier les institutions nationales marquées par le clientélisme, la sujétion, la médiocratie et une patente et avilissante tribalisation.

La faillite est générale et la nation algérienne est guettée par des périls que l’on doit à une fin de règne pour le moins problématique qui donna lieu à une guerre des tranchées ubuesque entre les clans du pouvoir. Le salut de la Nation implique des choix fondamentaux. Changer de régime et de gouvernance ou prendre le risque d’une désintégration sociale.

Il est urgent, aujourd’hui, de s’atteler à identifier les causes de la tragédie actuelle et clarifier les enjeux pour mobiliser toutes les énergies patriotiques autour d’un projet de reconstruction nationale consacrant la fin d’un système –biologiquement ayant atteint son paroxysme- et à même de nous permettre de mieux appréhender l’émergence d’une Algérie nouvelle en phase avec les mutations nationales et internationales et les légitimes aspirations citoyennes d’une population vigoureusement renouvelée.

Pour sortir de cette impasse, le RCD réaffirme que le moment est d’une grande gravité et ne s’apprête ni à la confusion ni aux tergiversations et aux fausses solutions d’arbitrage.  Il  rappelle que le dépassement de cette situation passe indéniablement par la libération de la conscience citoyenne des tutelles et des oukases occultes qui exige corrélativement la  dissolution de la police politique, la restitution du sigle FLN à la mémoire de la Nation et la mise en place d’une commission indépendante du pouvoir exécutif pour l’organisation d’élections libres et transparentes afin de mettre en œuvre une constitution qui projette le pays dans le progrès et la modernité.

Le RCD appelle les partis politiques, les syndicats et les associations de la société civile autonomes et représentatifs à la concertation et à un rassemblement le plus large pour créer un rapport de force susceptible d’impulser la disqualification de cette échéance électorale, soutenue sur le terrain par une dynamique populaire et transpartisane, et pouvoir prescrire une transition ordonnée, pacifique et graduelle tant espérée par les Algériens.
Le SN du RCD
Alger le 28-02-2014