Le Conseil National du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie s’est réuni en session ordinaire, à Alger, le vendredi 24 janvier 2014. Il a mis à son ordre du jour l’examen de la situation générale du pays au lendemain de la convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle du 17 avril prochain.

Dans son discours inaugural, le président du RCD a mis l’accent sur la déliquescence qui caractérise les institutions nationales et le désintérêt des citoyens à l’égard des échéances unilatéralement orchestrées par le pouvoir. Il déplore vivement la détérioration des services publics, la dilapidation effrénée des ressources nationales, l’insécurité grandissante qui affecte la cohésion sociale, le chômage massif des jeunes et le désespoir qui gagnent de larges couches de la société.

Monsieur N. Hadjadj, Secrétaire National à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire a présenté une communication sur les violences tragiques qui ont secoué la vallée du M’Zab. Relevant la récurrence de ces troubles, il a mis en exergue la responsabilité avérée de l’Etat qui n’épargne aucun moyen pour saper les fondements socioculturels de la communauté Ibadite.

Me M. Ait Mimoun, Secrétaire national au mouvement associatif, quant à lui, a fait un exposé sur les entraves dressées sur le chemin de la dynamique du mouvement associatif. La loi liberticide adoptée en janvier 2012 en est la parfaite illustration qui signe une chape qui obstrue toute initiative citoyenne.

Les débats qui suivirent ont mis l’accent sur l’immense désarroi qui affecte de larges pans de la population.

Au plan économique, la saignée des ressources nationales bloque toute perspective de développement. La stratégie d’appropriation de la rente à des fins de prédation pénalise lourdement les générations futures. L’inflation lancinante accentue la précarisation et aggrave la déliquescence de l’ensemble du corps social.

Au plan social, l’accentuation des disparités dans la distribution des revenus interpelle, plus que jamais, les forces vives de la nation. Les déséquilibres régionaux patents hypothèquent la cohésion nationale. Les dizaines d’émeutes qui, chaque jour, agitent le pays sont l’expression d’un déni de justice profondément ressenti par les citoyens ; elles révèlent l’impuissance manifeste du pouvoir à y répondre. Plus grave, ni les légitimes revendications que soulève le monde du travail, ni les grèves ne constituent nullement une préoccupation des autorités.

Le système de formation régenté de façon à bloquer l’émergence d’une élite susceptible de ravir le pouvoir reste inopérant pour maitriser les technologies que requiert toute participation à la marche de l’Histoire.

Sur le plan politique, les institutions déstructurées, avilies, dévoyées de leur vocation s’égarent dans des solutions factices précipitant le chaos. L’Algérie ne cesse de payer la lourde facture d’un règne sans partage, particulièrement de ces quinze dernières années et du viol de la constitution opéré en novembre 2008. Encore une fois, on ne peut sauver en même temps le pays et le système politique qui s’est imposé par la force depuis un demi-siècle. Les réformes promises au début de l’année 2011 et la révision de la constitution tant annoncée ont été réduites à des artifices permettant de pérenniser un pouvoir politique condamné par l’Histoire. L’incapacité manifeste du chef de l’Etat à assumer depuis fort longtemps ses fonctions signe la déchéance du système et appelle à une alternative crédible. Les suppliques à un mandat supplémentaire marquent le paroxysme de la régression et même de l’indignité.

Encore une fois, l’échéance présidentielle compromise, le Conseil national du RCD décide à l’unanimité d’appeler au boycott de ce scrutin. Il réaffirme sa volonté à ne pas cautionner un processus qui ne vise, rien d’autre, que le maintien du statu quo et sa détermination à impulser une dynamique de changement.

S’agissant des événements qui ont endeuillés les habitants de la région de Ghardaïa, le RCD ne saurait taire la partialité et l’équivoque complice de l’Etat algérien. Il condamne avec la plus grande fermeté cette forfaiture. Il estime que la mise en place d’une régionalisation conforme aux réalités socio-historiques du pays, intégrant l’altérité et l’ouverture, sont les meilleurs garants à même de faire face à ces dérives.

Enfin au plan interne, une communication sur l’état organique a été faite par le Secrétaire national à l’organique, A. Tensaout suivie d’un débat et des amendements sur le règlement intérieur.

Des aménagements au niveau de la composition du secrétariat national ont été annoncés et ont vu trois autres femmes accéder à l’exécutif.

Alger, le 24 janvier 2014
Le RCD